Les Débrouillards continuent de donner le
goût de la science
par Michel
Marsolais
Les jeunes sont curieux. Pas étonnant qu'ils adorent la
science... pour autant qu'on la présente de façon
intéressante. Né il y a une vingtaine d'année,
le mouvement des Débrouillards continue de relever ce
défi dans les médias et les écoles du Québec
et d'ailleurs.
«La demande est venue des hebdomadaires régionaux
qu'alimentait l'Agence Science-Presse. On demandait quelque chose
à publier pour les enfants», explique Félix
Maltais, fondateur du mouvement et directeur du magazine Les Débrouillards.
«En 1979, nous avons commencé par adapter, dans
une chronique prête à imprimer, des expériences
de l'Ontario Science Center. Nous avons aussi créé
le personnage du professeur Scientifix pour les présenter»,
raconte-t-il.
«La chronique a tellement bien marché qu'elle
est devenue un produit vedette dont nous avons fait des livres.»
L'éditeur du premier livre, Jean-Marc Gagnon, était
pour le moins sceptique à la pubication du premier livre
d'expériences. Mais lorsque le recueil s'est retrouvé
sur la liste des best-sellers et qu'on eut épuisé
le premier tirage, il devint évident qu'il y avait là
un filon.
Avec les personnages du dessinateur Jacques Goldstyn, les
titres se mutiplient et les livres des Débrouillards trouvent
le chemin de l'exportation avec des traductions anglaises et
espagnoles. Plus de 40 titres ont été publiés.
Des clubs dans toutes les régions
Au début des années 80, les organismes de loisirs
scientifiques étaient rares (ils le sont encore). L'idée
est donc venue de créer un réseau de clubs des
Débrouillards qui permettraient aux jeunes de toutes les
régions d'apprendre en réalisant des expériences.
Les clubs se sont mis sur pied de concert avec le Conseil de
développement du loisir scientifique (CDLS), dirigé
à l'époque par Michel Bois et Claude Benoit, l'actuel
directrice du nouveau musée interactif des sciences.
Ces clubs donnent chaque année le goût de la
découverte à des dizaines de milliers de jeunes.
«Aujourd'hui, on trouve beaucoup de jeunes qui viennent
des clubs des Débrouillards dans les Expo-sciences»,
note Carole Charlebois, directrice générale du
CDLS.
Les clubs des Débrouillards ont également fait
des petits dans la plupart des régions de France de même
qu'en Suisse et au Maroc. L'intérêt en France a
été tel que le groupe de presse Bayard a pris une
participation dans le magazine.
Le mouvement des Débrouillards a aussi donné
naissance à un site web, une émission de télé
(animée par Gregory Charles), un CD-rom, des camps de
jour et un camopde vacances.
«Le mouvement, je le voyais multimédia depuis
le début », commente Félix Maltais.
Plus qu'un produit, un esprit
«Les Débrouillards ce ne sont pas que des produits
de consommation, c'est un esprit! Il y a un sentiment d'appartenance
comme dans une équipe sportive ou les scouts», soutient
Félix Maltais.
Les initiatives continuent d'ailleurs de se multiplier, notamment
avec l'actuel concours de la «classe débrouillarde»
pour les 5e et 6e année du primaire.
«Les Débrouillards sont là pour rester mais
certaines avenues - comme Internet - vont probablement se développer
davantage au cours des prochaines années», conclut
Félix Maltais.
Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche
19 mars 2000.
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