ClicMoi!
Membre de ClicMoi!

Science pour tous: sommaire


Avez-vous lu notre manchette de la semaine?

Avez-vous lu nos capsules de la semaine?



Science pour tous est une production du Journal de Montréal et de l'Agence Science-Presse

 

Aliments transgéniques: qui croire?


par Michel Marsolais


Alors que se multiplient conférences et manifestations sur le commerce des organismes génétiquement modifiés (OGM), le public se demande qui croire dans cette affaire: des écolos exaltés ou des scientifiques possiblement à la solde de l'industrie.

Dans le débat sur les OGM, il faut admettre que les scientifiques ont parfois l'air des chercheurs embauchés par les compagnies de tabac pour venir dire que la cigarette ne causait pas le cancer.

Pourtant, les OGM peuvent avoir d'énormes avantages tant du point de vue de la productivité que de la santé. Du riz transgénique pourrait ainsi empêcher chaque année des milliers d'enfants de devenir aveugles dans les pays pauvres à cause d'une déficience de la vitamine A.

Et ce n'est pas d'hier qu'on modifie génétiquement les aliments. Ce qui est nouveau ce sont les transferts de gènes d'une espèce à une autre.

Et les choses vont vite. En 1995, les ventes d'aliments transgéniques atteignaient 75 millions de dollars, cette année, elles atteindront 3 milliards. D'ici 10 ans, le marché sera évalué à 25 milliards de dollars par année.

Le projet d'un Protocole sur la biosécurité n'a donc rien de farfelu. Il vise notamment à empêcher la dissémination des gènes dans l'environnement. Un gène qui repousse un insecte nuisible à une plante pourrait par exemple se répandre dans la nature et tuer les insectes utiles en s'incorporant à des plantes sauvages.

On veut aussi réglementer le commerce. Une question infiniment complexe en raison des réticences -souvent irrationnelles- des consommateurs de plusieurs pays. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) ne permet pas d'interdire l'importation d'un produit dont la nocivité n'est pas prouvée. Or, dans le cas des OGM, rien de tel n'est prouvé, ce qui n'empêche pas les opposants de vouloir limiter la circulation de ces denrées et veiller à ce que les OGM soient clairement identifiés.

Les grandes compagnies productrices d'OGM, comme Monsanto et Novartis, il n'y a pas si longtemps concurrentes féroces, ont conclu une alliance "afin d'éduquer et de démystifier le public".
Et il ne faudra pas compter sur les gouvernements pour trancher une question où les parties en présence manquent visiblement d'objectivité.

L'absence de nocivité, par exemple, n'empêche pas les écolos de parler de "bombes biologiques". En Grande-Bretagne, Greenpeace est allé jusqu'à arracher des plants transgéniques dans des champs.

Certains scientifiques sont furieux. George Poste, directeur scientifique chez SmithKline Beecham, estime que les vrais dangers sont l'ignorance et la démagogie.

Pendant ce temps dans son supermarché, le citoyen moyen continue d'acheter son macaroni en boîte, ses surgelés et ses produits noyés dans les préservatifs chimiques. Mais au moins, ce n'est pas génétiquement modifié...


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 30 janvier 2000.

 

 

En manchettes sur le Net

La Science d'ici et d'ailleurs

Le Kiosque

Science pour tous

Hebdo-Science

Meilleurs sites en science

Bric-í-Brac

CyberExpress

C'est quoi l'ASP

Hommages í...

La Qu¨te des origines

Le Monde selon Goldstyn

Questionnaire