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Science pour tous: sommaire


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Science pour tous est une production du Journal de Montréal et de l'Agence Science-Presse

 

Des oasis sur d'autres planètes


par Michel Marsolais


La soif d'exploration des scientifiques de la NASA vient de s'épancher un brin avec la confirmation que, oui, il y aurait de l'eau sur Mars. Et pas juste de la glace!


Malgré sa surface aride et plutôt désolante, Mars abriterait des poches d'eau à la surface, indiquent de récents relevés de la sonde Mars Global Surveyor dévoilés en juin.

L'eau en question se trouverait au creux du spectaclaire canyon de Valles Marineris, le Grand Canyon de la planète rouge. Mais de là à faire du rafting, c'est une toute autre paire de manche.

Le canyon de Valles Marineris serpente sur près de 6000 km à travers le sol martien, une planète deux fois plus petite que la nôtre.

On spéculait depuis longtemps sur la possible présence d'eau -prémisses de la vie- sur le sol martien mais les évidences avancées étaient rapidement remises en question. L'atmosphère ténue de Mars étant, semblait-il, trop mince pour retenir l'eau sous une forme liquide.

Cette fois, il semble qu'on détient finalement cette preuve (on verra). La profondeur exceptionnelle du canyon en question aurait contribué à préserver le précieux liquide.


Sous forme liquide


Mais parle-t-on vraiment de liquide? Jusqu'à présent, on avait repéré de la glace au pôle nord et de la vapeur d'eau dans de minces nuages de l'atmosphère. On soupçonne que des quantités d'eau encore plus grandes pourraient se retrouver sous la surface de la planète rouge. On croyait que cette eau se trouvait également sous forme de glace mais les images relayées par Global Surveyor semblent indiquer qu'une activité souterraine aurait réchauffer cette eau au point de la rendre liquide. L'eau émergerait de cratères en surface.

"On pensait que l'activité volcanique remontait à des dizaines de milliers d'années. Il semble que ce soit plus récent", de dire Maria Zuber, géologue planétaire, qui a participé à l'étude, publiée dans la prestigieuse revue Science.

Évidemment, l'eau sous forme liquide a toutes les chances de se transformer en glace ou en vapeur d'eau en atteignant la surface de la planète. Mais il est aussi possible que des sources thermales existent également sur Mars, affirment des experts.


Et la vie?


Tout ceci contribue naturellement à supporter la théorie voulant que la vie existe - ou a existé - sur la planète rouge à un moment ou l'autre de son évolution.

"Tout ceci est très excitant ", s'enthousiasmait Robert Zubrin, président la Mars Society, un organisme qui s'enthousiame vite dès qu'on parle de possibilité de vie sur la planète rouge.

La présence d'eau sous forme liquide facilitrait grandement la colonisation de Mars et pourrait être convertie en oxygène et en hydrogène.

Le premier permettrait aux astronautes de souffler, le second, de rentrer sur Terre. L'hydrogène étant le carburant de choix des fusées actuelles.

Évidemment, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Même si ce n'est que de l'eau...


L'eau de la Lune


Il n'y a pas que sur Mars où nos sourciers spatiaux espèrent trouver de l'eau. La compagnie privée LunarCorp veut tenter sa chance à son tour pour trouver de l'eau sur la Lune et ouvrir la voie à la colonisation.

La firme prévoit envoyer un robot sur notre satellite naturel en 2003 pour y trouver des traces d'H20.

Surnommé "Icebreaker" (le brise-glace), le robot mobile construit par le Robotics Institute du Carnegie Mellon University de Pittsburgh, explorera la pôle sud où on croit avoir découvert de la glace à la suite de la mission Lunar Prospector de l'an dernier. La sonde de la NASA avait détecté de l'hydrogène près du pôle mais la découverte n'avait pu être confirmée par une mission subséquente.

Plusieurs scientifiques n'en sont pas moins convaincus que la source de cet hydrogène est de l'eau ou plutôt de la glace apportée par des comètes sur une période de millions d'années. Bien que la majeure partie de l'eau se sera probablement évaporée (la température de la Lune peut atteindre 100 degrés), on croit qu'il pourrait en subsister des traces à l'ombre dans des cratères.

Mais cette théorie n'est pas la seule au palmarès. L'hydrogène détecté par Lunar Prospector pourrait ne pas venir du tout d'amas éventuel de glace mais d'accumulation d'hydrogène causée par les vents solaires.


Un robot bien outillé


Pour échantillonner le sol, le robot Icebreaker aura besoin d'une foule d'instruments dont une perceuse cryogénique capable de fouiller jusqu'à un mètre sous le sol.

Comme c'est le cas pour Mars, la présence d'eau serait un facteur déterminant d'une colonisation humaine. En excavant la glace, on pourrait produire le carburant nécessaire à des missions plus éloignées de notre bonne vieille boule bleue.

Si le projet se réalise, les spectateurs sur Terre pourraient en avoir plein la vue puisque le Icebreaker sera doté d'un puissant système de vision qui retransmettra des images d'une qualité nettement supérieure à celles qu'ont pu transmettre les missions Apollo.

"On sera en mesure de sentir chaque bosse et chaque cratère et d'admirer tout le territoire exploré en même temps que le robot", de dire un des dirigeants du projet soutenu par une aide financière de 1 million de dollars US de la NASA.

Quelques personnes pourront même prendre les commandes du robot dans certains centres scientifiques où les images seront rediffusées. Les quidams devront toutefois passer un petit test d'habileté sur un simulateur avant de se voir confier le précieux robot dont la mission coûtera plus de 200 millions de dollars US.

Le Icebreaker sera en bomme partie commandité par le secteur privé et portera les logos de ses commanditaires dont Radio Shack qui a déjà signé un contrat avec LunaCorp.

La compagnie de bidules électroniques versera ainsi plusieurs millions pour afficher ses couleurs sur la Lune...

LunaCorp compte aussi vendre les données de son expédition à des centres de recherches pour environ 60 millions $.

Le robot sera testé dans l'Arctique canadien l'an prochain.


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 25 juin 2000.

 

 

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