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Science pour tous est une production du Journal de Montréal et de l'Agence Science-Presse

 

Malades de l'espace


par Michel Marsolais


Dans le récent film Space Cowboys (Les Pionniers de l'espace), récemment sorti sur nos écrans, quatre vétérans presque sortis d'un institut gériatrique sont envoyés dans l'espace pour une mission délicate. Bien sûr inspiré par la dernière mission du sénateur-astronaute John Glenn, ce scénario n'ouvre toutefois pas de nouvelles perspectives de carrière pour les gens du troisième âge.


Malgré son côté " glamour ", voyager dans l'espace n'est pas un pique-nique et les personnes âgées sont particulièrement mal adaptées à la vie en apesanteur.
Même au sommet de leur forme, les astronautes sont affectés par des ennuis physiques pour le moins désagréables. Une enquête de la NASA révèle que 60% des astronautes en mission souffrent de nausÄe, 48% de vomissements, 65% de problèmes gastriques, 55% de maux de tête et 23% de problèmes de concentration.

Alors que les liquides internes changent de direction, que le sang afflue à la tête, que les sinus se congestionnent et qu'on perd le goût et l'odorat, certains astronautes vivent l'enfer au ciel.

Imaginez pour ce que cela pourrait être pour quelqu'un qui doit déjà traîner sur terre son Malox, son tube de Préparation H et qui souffrent de trous de mémoire. Coup de vieux!

Le vieillissement n'en demeure pas moins un important sujet d'étude de la section des Sciences de l'espace et de la vie de la NASA. Une section dirigée à Houston par le Canadien Dave Williams qui a fait ses études de médecine à l'Université McGill de Montréal.

Le Dr Williams devrait d'ailleurs séjourner sur la Station spatiale internationale d'ici trois ans. Ce laboratoire en orbite servira de plate-forme à plusieurs recherches biomédicales dont celles sur l'ostéoporose, un problème qui affecte les personnes âgées comme les travailleurs de l'espace.

Car vivre en apesanteur, c'est prendre un coup de vieux! Après cinq jour en microgravité (il y a quand même un peu de gravité dans un vaisseau spatial) les os et les muscles commencent déjà à se détériorer.

Après une mission de 11 jours, le nombre de capillaires (petits vaisseaux sanguins) a aussi chuté de 20 % dans les muscles des astronautes.

Le problème de l'ostéoporose pour les voyages dans l'espace de longue durée est important puisqu'on peut s'attendre à des fractures spontanées après un voyage de deux ans, soit l'équivalent d'une mission sur Mars.


Et Mars ?

Mais d'autres obstacles que ceux du corps sont encore à surmonter. L'expérience de la station Mir a montré que l'ennui et les tensions entre membres de l'équipage peuvent causer autant de problèmes qu'un pépin mécanique.

Après être allé sur la Lune, l'astronaute Buzz Aldrin a sombré dans la dépression, James Irwin (Apollo 15) est devenu évangéliste et Edgar Mitchell (Apollo 14) s'est lancé dans le paranormal.

On ose à peine imaginer ce que deviendraient des astronautes au retour de la planète rouge...


Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 13 août 2000.

 

 

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