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Science pour tous est une production du Journal de Montréal et de l'Agence Science-Presse

 

Donner des ailes à la station spatiale


par Michel Marsolais


Installé depuis quelques semaines, le premier équipage permanent de la Station spatiale internationale (ISS) s'appête déjà à recevoir de la visite.


Pour le Québécois Marc Garneau, il s'agira d'une troisième mission dans l'espace. S'agira-t-il d'une dernière?

Marc Garneau et l'équipage de la mission STS-97 sont partis le 30 novembre à bord de la navette Endeavour. Leur principal objectif: l'installation de la première paire de panneaux solaires destinés à
alimenter la navette. Au terme de cette mission de 10 jours, "la station ressemblera à un immense
oiseau", de dire Marc Garneau.

Les deux modules russes déjà en place comportent déjà de petits panneaux solaires maix ceux-ci sont bien insuffisants pour combler les besoins en énergie grandissant de l'ISS qui va connaître une crise de croissance au cours des prochains mois. En janvier, on livrera ainsi le laboratoire américain Destiny, une des principales composantes scientifiques de la station. Ce nouveau module est le bienvenu pour l'équipage composé de Bill Shepard, Yuri Gidzenko et Sergeï Krikalev (le premier Russe à avoir volé sur une navette américaine), qui doivent commencer à se sentir à l'étroit par moments.

La vie sur une station spatiale en orbite à 400 km au dessus de la Terre n'est pas faite pour les claustrophobes.

Avec le déploiement de ses panneaux solaires, la station spatiale deviendra finalement plus visible dans le ciel, comme si on l'avait soudainement illuminée. Une étoile est née!


Les plus grands panneaux jamais déployés

Au total, quatre paires de ces panneaux solaires -les plus grands jamais déployés- seront installées. Chacun mesure 34 mètre de longueur et contient jusqu'à 33 000 capteurs solaires au silicium. L'ISS convertira cette énergie en électricité grâce à un module photovoltaïque appelé P6, également amené par l'équipage d'Endeavour.

Le P6 sert à plusieurs fonctions dont la conversion, le storage et la distribution de l'électricité à bord de la station qui doit être complétée en 2006.

L'astronaute de Québec jouera un rôle beaucoup plus actif dans cette mission que dans sa première. Il devra d'abord dégager le module P6 de la soute avec le Canadarm pour l'installer sur la poutrelle Z1 prévue à cet effet. Toujours avec le bras robotisé, Garneau devra ensuite installer les panneaux solaires, aidé par une autre technologie canadienne: le système de vision spatiale.

Comme l'avait fait Julie Payette lors de sa mission de l'an dernier, Marc Garneau devra assister les astronautes lors de leurs deux sorties dans l'espace.
Les deux sorties effectuées par les astronautes Joseph Tanner et Carlos Noriega ont pour but de compléter l'installation des panneaux solaires. Marc Garneau a aussi subi l'entraînement complet pour cette tâche et il agira comme astronaute de réserve pour ces sorties extra-véhiculaires (EVA). Un entraînement exigeant: "Il n'y a pas de place pour l'imagination, les astronautes nagent en pleine réalité. Les activités EVA
ne sont pas intellectuelles, elles sont physiques", de dire l'astronaute de 50 ans.

Au décollage, Garneau a appuyé aussi les deux pilotes de la navette durant les huit premières minutes (les plus cruciales), une autre première pour un Canadien.

En orbite, l'astronaute qui vit maintenant à Houston, a peu de temps pour se reposer puisqu'il est également chargé de documenter la mission avec une caméra IMAX.

Marc Garneau a lui-même évoqué que cette mission pourrait être sa dernière. Mais que l'astronaute participe à d'autres missions ou non, il aura été là où nul Québécois n'est allé avant...


A lire aussi sur le site de l'Agence Science-Presse



Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche 26 novembre 2000.

 

 

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