Violence: c'est la faute à maman!
par Michel
Marsolais
Il n'y pas si longtemps, les comportements violents étaient
uniquement associés à l'environnement mais cette
idée a fait du chemin. Si on sait maintenant que l'agressivité
est quelque chose d'inné (les bambins atteignent leur
stade le plus violent vers l'âge de deux ans), la qualité
des relations dans l'enfance reste un facteur déterminant.
Si les enfants violents ne deviennent pas tous des criminels
(loin de là), il n'en demeure pas moins que 4% des garçons
continuent d'être chroniquement violents.
Les mères ont le dos large mais elles seraient pourtant
bel et bien les catalyseurs des comportements agressifs chez
les garçons les plus violents.
Dans une récente édition de la revue Science,
un chercheur montréalais indique en effet que les mères
peu éduquées et qui ont eu leur fils à un
très jeune âge sont un des principaux facteurs de
risques des manifestations de violence chez les garçons.
Richard Tremblay, de l'École de criminologie de l'Université
de Montréal, pense que ces mères n'auraient pas
les capacités pour socialiser efficacement avec un enfant
difficile. Elles sont souvent déprimées et dépassées
par leurs nouvelles responsabilités.
L'impulsivité et un faible quotient intellectuel sont
des facteurs importants. Il n'est cependant pas facile d'identifier
laquelle de ces causes est le principal catalyseur de la violence
chez un garçon.
Les criminels endurcis ont presque tous été
des enfants violents.
Des signes physiques
Les enfants n'ont pas besoin d'écouter des films d'action
pour apprendre à être violent. C'est une "habileté"
avec laquelle ils sont nés.
"Si les bébés ne s'entretuent pas, c'est
qu'on ne leur donne pas de revolvers", confiait Richard
Tremblay à la revue Science.
Il y a quelques années, une étude de l'Université
de Californie à Los Angeles rapportait aussi que certaines
caractéristiques physiques pouvaient influencer les comportements
violents.
On rapportait ainsi que les enfants avec un rythme cardiaque
très lent à l'âge de trois ans couraient
plus de risque d'avoir des comportements agressifs à l'âge
de 11 ans.
Une autre étude conclut que ceux qui ont une peau peu
conductrice et des ondes cérébrales lentes sont
plus susceptibles de se retrouver plus tard derrière les
barreaux. Ces gens "lents" auraient de la difficulté
à être stimulés, ce qui les pousserait à
accomplir des gestes illégaux, stimulants pour eux.
Alors que vous et moi pouvont être stimulés à
écouter de la musique ou à avoir une plaisante
conversation, le criminel lui a besoin de tirer quelqu'un dans
le dos, de passer quelques kilos de cocaïne aux douanes
ou de braquer une banque.
Bref, les criminels violents sont généralement
des imbéciles mais il n'est pas nécessairement
bon de le souligner en leur présence.
Première parution: Le Journal de Montréal, dimanche
1er octobre 2000.
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