"L'objectif principal de la Chaire
est d'aider l'industrie canadienne à devenir plus
compétitive, indique M. Beauregard. Il ne
s'agit pas de baisser les prix, mais plutôt de développer
de nouveaux créneaux et des produits spécialisés
qui ne sont pas offerts par la compétition."
À titre d'exemple, la Chaire travaille actuellement
au développement de poutres composites dont l'intérieur
est fait d'épinette noire, un bois léger et abordable,
et l'extérieur d'érable à sucre, plus lourd et plus
cher. En mélangeant les essences, les chercheurs
espèrent obtenir un matériau aussi résistant que
l'acier à un prix compétitif.
Pendant les cinq prochaines années,
soit au cours du premier mandat de la Chaire, le
professeur Beauregard souhaite développer d'autres
produits de ce genre. Il aimerait aussi amener les
producteurs de bois à changer leurs façons de mener
leurs affaires. "Les producteurs devraient travailler
en plus étroite collaboration avec leurs clients,
soutient-il. Ils doivent apprendre à être plus flexibles
et à proposer des produits innovateurs qui répondent
directement aux besoins exprimés. Ils pourraient,
par exemple, offrir à leurs clients un logiciel
leur permettant de concevoir leurs propres meubles
ou bâtiments. Le producteur recevrait les plans
et produirait en conséquence. C'est le genre de
service que les compétiteurs étrangers ne peuvent
pas offrir."
Les chercheurs de la Chaire comptent
eux-mêmes travailler en étroite collaboration avec
les acteurs du milieu dans le cadre de leurs travaux.
Parmi leurs partenaires, ils comptent onze organismes
des secteurs public et privé, directement engagés
dans la fabrication des produits du bois."Nous
allons visiter leurs usines, rencontrer leurs clients
et les aider à mettre au point de nouveaux produits,
des procédés de fabrication et des modèles d'affaires
avant-gardistes", affirme le titulaire senior.
Outre l'appui aux producteurs, la
Chaire s'est fixé un second objectif qui lui tient
tout autant à cœur : la formation de 24 étudiants
aux cycles supérieurs qui sauront répondre aux besoins
de l'industrie. "Le secteur a besoin d'une main-d'œuvre
hautement qualifiée pour tirer son épingle du jeu,
remarque le professeur Beauregard. Nos partenaires
ont déjà exprimé un vif intérêt à l'endroit de nos
futurs diplômés. De plus en plus, ils constatent
q u'ils ne peuvent plus se fier uniquement sur la
matière première. Ils doivent aussi s'appuyer sur
la matière... grise."
Texte mis en ligne le 10 juin 2005
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