

Répertoire des grands
auteurs

Auteurs grecs et latins
Grands auteurs occidentaux
(ordre alphabétique)

Auteurs grecs
et latins
Aristophane: auteur comique grec (environ
450-386 av. J.-C.)
Il est considéré comme le fondateur
de la comédie grecque. Il a composé une
quarantaine de comédies dont 11 seulement nous
sont parvenues (Les Acharniens, Les cavaliers,
Les nuées, La paix, etc.) Toutes
ces uvres sont d'une ironie mordante, d'une fantaisie,
d'un lyrisme et d'une poésie rares. Ses thèmes
de prédilection: la sagesse, la nature et la
paix.
Cicéron: homme politique et
orateur latin (106-43 av. J.-C.)
Dès son époque, il fut considéré
comme le modèle de toute éloquence. Il
a été profondément influencé
par la pensée grecque et a fait de la prose latine
une véritable langue littéraire. Il a
porté l'art oratoire latin à son sommet
dans ses plaidoyers et discours politiques. Son célèbre
«docere» (prouver), «delectare»
(plaire) et «movere» (émouvoir) a
servi de modèle à toute la rhétorique
latine.
Eschyle: poète tragique grec (environ 525-456
av. J.-C.)
Ancien combattant de la bataille de Marathon, il
a écrit, dit-on, 90 tragédies. Il nous
en reste sept dont Les Perses, Les Sept contre
Thèbes, Les suppliantes et L'Orestie.
Il emprunte ses sujets aux légendes des dieux
et des héros ou aux épisodes des guerres
médiques Il est considéré comme
le créateur de la tragédie grecque. Ce
qui frappe le plus chez lui, c'est sa gravité
et son accent religieux. L'idée qui domine son
théâtre, c'est que les dieux sont justes
et vengent toujours les crimes. Il affirme la prééminence
du droit sur l'aveugle désir de vengeance, de
la justice sur la loi.
Euripide: poète tragique grec (vers 480-406)
Des quelque quatre-vingt-dix pièces qu'il
a écrit, dix-huit nous sont parvenues dont Médée,
Iphigénie, Les Bacchantes, Électre,
Alceste, Andromaque, Les Troyennes.
Peu apprécié de son vivant, il ne devra
connaître la gloire qu'après sa mort. La
force d'Euripide est d'avoir introduit la passion amoureuse
sur la scène, étudier les passions humaines
dans leur vérité et leur dépouillement
et d'humaniser les mythes et les légendes.
Hérodote (environ 484 à 425 av. J.-C.)
Il est considéré comme le père
de l'histoire (en occident). Il a été
un grand voyageur (Égypte, Perse, Phénicie,
Chypre,Grèce et Italie du Sud) qui entreprit
une vaste enquête à travers le monde méditerranéen.
Les Histoires (enquêtes) d'Hérodote
narrent les guerres médiques et sont précédées
d'un exposé qui tente de comprendre l'origine
et le développement de ces guerres. La force
de ses écrits tient à sa rigueur scientifique,
son respect des faits et son sens de la narration.
Homère: poète grec (vers 850 av. J.-C.)
L'Iliade et L' Odyssée sont
les deux poèmes épiques composés
sans doute au IXe ou au VIIIe siècle av. J.-C.
L'Iliade, une épopée en vingt-quatre
chants, raconte les grands combats que livrèrent
les Grecs pendant la guerre de Troie alors que l'Odyssée
narre le récit des voyages du héros grec
Ulysse après la Guerre de Troie. À en
croire les légendes grecques, l'auteur de ces
récits fut un poète aveugle nommé
Homère. Mais aucun document ne prouve l'existence
d'Homère, personne ne connaît ni le lieu
ni la date de sa naissance. Il existe bien des portraits
et des bustes de lui, mais ils ne sont dus qu'à
l'imagination de leurs créateurs. Certains pensent
que Homère n'a jamais existé. D'autres
affirment qu'il a réellement vécu mais
qu'il n'a jamais écrit les poèmes qui
lui sont attribués; d'après eux, Homère
était un musicien ambulant qui se contentait
de chanter des poèmes écrits par quelqu'un
d'autre à une date antérieure. Quoi qu'il
en soit, on uvre allait servir de modèle à
tous les récits héroïques grecs et
latins.
Juvénal: poète satirique latin (vers
55-100)
Il compose seize Satires dans lesquelles
il brosse d'amusantes et vivantes caricatures de la
vie romaine.
Marc Aurèle: empereur et philosophe romain
(121-180).
Il est l'un des plus purs philosophes de son temps.
De nature méditative, il rédige à
la fin de sa vie ses Pensées; carnets
intimes où il raconte ses grandeurs et ses misères,
ce que pouvait être un «saint» païen
sur le trône.
Pline le Jeune: écrivain latin (vers 61-114)
Il est considéré par ses contemporains
comme un orateur de premier plan. De son uvre oratoire,
il ne reste que le Panégyrique de Trajan.
Il publia également ses Lettres (dix livres
publiés de 97 à 109) où il donne
l'image d'un homme curieux des choses de l'esprit.
Sophocle: poète tragique grec (environ 496-406
av. J.-C.)
Il porta à son apogée la tragédie
grecque. Il connut non seulement un féconde activité
littéraire mais contribua à la vie politique,
militaire et religieuse. De son uvre, on n'a conservé
que sept pièces dont Ajax, Antigone,
dipe-roi, Électre. La force de
Sophocle est d'avoir réaménagé
la tragédie eschylienne en diminuant notamment
le rôle du chur et de s'attacher à dépeindre
les drames qui naissent du choc des passions humaines.
Tacite: historien latin (vers 55-120).
Il s'est d'abord signalé pour son éloquence
avant de se consacrer à l'histoire. Ses grands
ouvrages historiques sont les Histoires qui racontent
la période de l'histoire romaine comprise entra
la mort de Néron et celle de Domitien et les
Annales qui retracent l'histoire de Rome sous
les empereurs Auguste, Tibère, Caligula, Claude
et Néron. Il présente l'Histoire non pas
comme une chronique mais comme un drame où s'affrontent
les caractères des hommes. Plus qu'un historien,
Tacite est un pamphlétaire et un grand écrivain
et son style narratif vise essentiellement à
l'effet dramatique.
Thucydide (vers 465- 395 av. J.-C.)
Il a écrit l'Histoire de la guerre du
Péloponèse. Ce qui fait la grandeur
de son talent, c'est son sens de l'observation, l'exactitude
de la documentation et son art de raconter qui puise
dans toutes les figures de l'éloquence attique.
Il a traité d'un sujet qu'il a vécu et
a tenté de comprendre le pourquoi des événements
qu'il raconte et qu'il nous les faits aussi comprendre.
Il a pour ainsi dire humaniser l'histoire.
Virgile, Publius Vergilius Maro: poète latin
(70-19 av- J.-C.-) Il est considéré
comme le plus illustre des poètes latins. Dans
ses premières oeuvres, ils chantent les charmes
de la vie rustique. Dans Les bucoliques, Virgile
met en scène des bergers qui dialoguent et se
livrent à des jeux poétiques en s'accompagnant
de leur flûte. Il écrit quatre chants consacrés
à l'agriculture: Les Géorgiques.
Nouvel Homère, il donne à Rome l'épopée
nationale passionnément désirée
par l'empereur: L'Énéide. Ce long
poème épique sur les origines lointaines
de Rome raconte les exploits légendaires du héros
troyen Éné. Ce dernier, après la
prise et l'incendie de Troie, sa patrie, s'enfuit, surmonte
plusieurs obstacles avant d'aborder enfin l'Italie où
il fonde la ville d'Albe qui, plus tard, donnera naissance
aux fondateurs de Rome.
Xénophon: historien, essayiste et chef militaire
grec (vers 430-355 av. J.-C.)
Élève de Socrate, il a participé
à l'expédition vers Babylone de Cyrus
le Jeune, frère du roi de Perse qu'il voulait
détrôner. Cyrus avait recruté dix
mille mercenaires grecs. Il fut tué lors de la
première bataille et les Grecs durent revenir
chez eux par leurs propres moyens. Xénophon nous
a raconté cette expédition, la retraite
surtout, qu'il dirigea en partie. Son livre s'appelle
l'Anabase.

Grands auteurs
occidentaux
Andersen, Hans Christian: écrivain danois
(1805-1875)
Andersen écrivit des poèmes, des romans
des pièces de théâtre et des récits
de voyages. Pour occuper le temps, en attendant la parution
d'un de ses livres, il écrivit quatre contes
en 1835. Ceux-ci eurent un tel succès auprès
des enfants qu'il en écrivit une centaine d'autres
dont Le vilain petit canard, Les habits neufs de
l'empereur et La petite sirène. Ses
Contes lui valurent la célébrité
mondiale. En 1855, il publia une uvre autobiographique
à la manière d'un conte L'histoire
de ma vie.
Austen, Jane: romancière anglaise (1775-1817)
Benjamine de cinq enfants, elle perdit son père,
le révérend Austen en 1805, et se mit
à écrire pour distraire sa nombreuse famille.
Ses romans peignent la petite bourgeoisie provinciale
anglaise. Elle atteint un sommet avec Orgueil et
préjugé (1813). Parmi ses autres romans,
on trouve entre autres Amour et amitité (1811),
Raison et sensibilité ou les deux manières
d'aimer (1811), Emma (1816).
Asimov, Isaac : écrivain américain
d'origne russe (1920-1992)
Né en Russie, il est âgé de
deux ans lorsque sa famille émigre aux États-Unis.
Son père est propriétaire d'une boutique
où sont vendus des magazines de science-fiction.
Le jeune Isaac les dévore. Puis Asimov étudie
la biochimie et travaille dans une école de médecine
jusqu'à 38 ans. Il abandonne alors son travail
de scientifique pour devenir écrivain. Isaac
Asimov a écrit plus de 200 livres. Ses histoires
de robots sont célèbres. Dans les quatre
livres qui forment la série Fondation (1942-1982),
Asimov décrit magistralement le déclin
de l'empire galactique de Trantor. Asimov est aussi
un vulgarisateur scientifique hors-pair. En plus de
ses romans de science-fiction, il a écrit d'excellents
livres où il explique les découvertes
des scientifiques.
Balzac, Honoré dit de: écrivain français
(1799-1850)
Né à Tours, il fait des études
de droit qu'il abandonne pour se consacrer à
la litttérature. Il écrit ses premiers
romans sous divers pseudonymes, des romans d'aventures
à la mode du temps, qu'il désavouera par
la suite. Il devient successivement éditeur,
imprimeur, fondeur de caractère, tentatives commerciales
qui s'avèrent un désastre et entraînent
des dettes énormes. Balzac se remet à
nouveau à l'écriture. Dès lors,
parallèlement à de multiples aventures
sentimentales (une liaison entre autres avec Évelyne
Hanska qu'il épouse en 1850, cinq mois avant
sa mort) et à sa vie mondaine, il s'adonne durant
vingt ans de labeur à une création littéraire
intense. Les Chouans (1841) et Le père
Goriot lui assurent la célébrité
mais il restera pauvre à peu près toute
sa vie. Doté d'une force et d'une activité
littéraire peu communes, il travaille énormément,
se tuant à la tâche, soutenu par l'emploi
abusif du café. Il meurt à l'âge
de 51 ans. Il est considéré comme le père
du roman français contemporain. Il a écrit
plus de quatre-vingt-dix romans (sans compter les quelque
50 ouvrages ébauchés ou prévus)
rangés sous le titre La comédie humaine
qui constitue une véritable fresque de la société
française et plus particulièrement de
la bourgeoisie française entre 1789 et 1848.
Pour brosser ce tableau, Balzac a privilégié
une perspective réaliste, d'où le soin
minutieux accordé aux descriptions et aux portraits.
Grâce à ses dons d'observation et une imagination
hors du commun, le romancier a créé un
monde à l'image de la réalité sociale,
un univers fait de toutes les couches sociales, de tous
les caractères et de toutes les passions. Sa
Comédie humaine est un gigantesque édifice
où vont et viennent plus de 2 000 personnages.
En 1842, Balzac a établi un classement de ses
romans (ceux qu'il avait déjà écrits
et ceux qu'il comptait écrire). Au total, il
devait y en avoir 137. Il en a écrit, en fait
91.
Études de murs ou La comédie humaine
Scènes de la vie privée (Avant-propos,
Le colonel Chabert, Le père Goriot,
etc.)
Scènes de la vie de province (Eugénie
Grandet, Les célibataires, Les
Parisiens en province, Les rivalités,
Illusions perdues, etc.)
Scènes de la vie parisienne (Splendeurs et
misères des courtisanes, La fille aux
yeur d'or. Histoire de la grandeur et de la décadence
de César Birotteau, Les parents pauvres,
etc.)
Scènes de la vie politique (Un épisode
sous la terreur, Une ténébreuse
affaire, Le député d'Arcis,
etc.)
Scènes de la vie militaire (Les Chouans,
Une passion dans le désert)
Scènes de la vie de campagne (Les paysans,
Le médecin de campagne, etc.)
Études philosophiques (La peau de chagrin,
La recherche de l'absolu, Louis Lambert,
etc.)
Études analytiques (Physiologie du mariage,
etc.).
Baudelaire, Charles: poète français
(1821-1867)
Né et mort à Paris, ce célébre
poète, parnassien par son goût de la forme,
annonce le symbolisme avec la puissance explosive de
ses images. La nature complexe du poète est partagée
entre l'horreur et l'extase de la vie, le péché
et la pureté. Son dégout du monde contemporain,
et particulièrment sa bourgeoise famille, et
un spleen profond ont poussé le poète
à rechercher l'évasion sous toutes ses
formes, s'adonnant aux excitants et aux drogues. Le
poète ne fut pas seulement un versificateur,
il a vécu ses expériences poétiques.
C'est l'angoisse d'exister et le sentiment d'être
étranger au monde qui se trouvent développés
dans son univers poétique. Viens-tu du ciel
profond ou sors-tu de l'abîme - Ô
Beauté?: c'est la question centrale de l'uvre
baudelairienne. Le poète, qui cherche à
fuir le «spleen», l'ennui de l'existence,
aime les femmes sensuelles, l'alcool et les drogues.
Mais il aspire aussi à se délivrer de
ce triple esclavage pour s'élancer vers un monde
spirituel, idéal, où tout ne serait qu'«ordre
et beauté et calme». En 1857, après
avoir muri pendant quinze ans son recueil poétique,
il publie Les fleurs du Mal qui est imprimé
à mille exemplaires. Le recueil fait scandale
et est condamné par la justice impériale
pour outrage aux murs. Quatre ans plus tard, Baudelaire
publie une deuxième édition (1861) où
il avait supprimé les six pièces condamnées
et à laquelle il avait ajouté trente-cinq
poèmes. Le recueil ne se vend pratiquement pas.
Découragé, miné par la maladie
et en proie aux difficultés matérielles,
il part pour la Belgique (1864) où le terrassent
des troubles nerveux. Après une année
de paralysie, il meurt à l'âge de 46 ans.
Après sa mort ont été publié
les Petits poèmes en prose ou Le spleen
de Paris, une tentative pour adopter une prose sans
rythme et sans riime aux mouvements lyriques de l'âme,
de même qu'un journal intime de Beaudelaire écrit
entre 1862 et 1864 (Mon cur mis à nu).
On rassemble aussi dans les Curiosités esthétiques
(1868) des articles de critiques littéraire et
artistique où Beaudelaire étudie Delacroix
et défend le génie musical de Wagner.
Il faudra attendre après sa mort pour qu'on reconnaisse
sa place parmi les précurseurs de la poèsie
moderne. Il a été également un
admirable traducteur des uvres d'Edgar Allen Poe.
Principales oeuvres de Charles Beaudelaire:
Traduction du Corbeau d'Edgar Poe (1853);
Traduction des Histoires extraordinaires d'Edgar
Poe, précédée d'une importante
étude sur Edgar Poe, sa vie et ses uvres
(1856); Les fleurs du mal (1957), Traduction
des Nouvelles histoires extraordinaires d'Edgar
Poe, précédée des Notes nouvelles
sur Edgar Poe; Les paradis artificiels (1860);
Deuxième édition des Fleurs du mal
(1861); Les épaves: recueil de 23 poèmes
divers dont les 6 pièces condamnées des
Fleurs du mal (1866); Édition (posthume) des
uvres de Baudelaire (1868-1869).
Les poètes maudits:
C'est Verlaine qui appela «poètes maudits»
toute une génération d'écrivains
de la fin du XIXe siècle qui se reconnaissent
un père spirituel: Charles Baudelaire. Les
fleurs du mal avaient été, en 1857,
la révélation d'une nouvelle poésie,
d'un art qu'un poète avait nourri de sa vie-même:
une existence de malheurs et de débauches. Une
nouvelle figure de l'écrivain s'impose, en marge
de la poésie officielle. Au contraire de celle-ci,
qui cherchait à transfigurer ou à idéaliser,
le poète maudit veut exprimer des sentiments
bien incarnés dans la réalité.
Beaumarchais, Pierre Augustin Caron
de: écrivain et auteur dramatique français
(1732-1799)
Né à Paris, il connaît une vie
mouvementée: d'abord horloger, puis professeur
de harpe des filles de Louis XV, financier, marchands
d'armes au bénéficice des insurgés
d'Amérique. Il s'est également fait une
réputation d'aventurier sans scrupules et de
libertin. Au théâtre, il donne d'abord
Eugénie (1767), une pièce sans
succès, et les Deux amis (1770). Mais
il faudra attendre Le barbier de Séville (1775)
et Le mariage de Figaro (1784) pour renconnaître
en lui un grand auteur dramatique. Ses deux pièces,
des satires sociales et politiques, inaugurent la comédie
sociale. Le mariage de Figaro sera d'ailleurs
interdite pendant six ans et ne sera jouée qu'à
la veille de la Révolution.
Bernanos, Georges: journaliste et écrivain
français (1888-1948)
Bernanos débute comme journaliste et se livre
très vite à une critique virulente de
la politique française (La grande peur des
bien-pensants, 1930). En reportage sur la guerre
d'Espagne, ce catholique fervent prend là-bas
fait et cause pour les républicains. Les atrocités
de cette guerre lui inspirent un livre-témoignage:
Les grands cimetières sous la lune (1938).
Il débute en littérature en 1926 et signe
en dix ans une uvre romanesque où les personnages
- des prêtres surtout - combattent les forces
du mal. Parmi ses ouvrages: Sous le soleil de Satan
(1926), La joie (1929) et Le journal d'un
curé de campagne (1936).
Boccace, Giovanni Boccaccio, dit: écrivain
italien (1313-1375)
Élevé au milieu de la haute bourgeoisie
de Florence et de Naples, il suit des cours de droit
civil à Naples qu'il abandonne vite pour se livrer
aux plaisirs. Il participe à la vie raffinée
et voluptueuse de la cour de Robert d'Anjou, dont il
aime la fille naturelle Marie d'Aquino. Il chantera
ses amours en vers et en prose sous le nom de Fiammetta
(«petite flamme»). De retour à Florence,
il écrira aux alentours de 1850 son uvre monumentale
Le décaméron, qui renouvelle la
prose italienne. Cet ouvrage divisé en dix journées,
correspondant à dix fois dix contes, est une
vaste satire. L'art du conteur se déploie à
chaque page. Tous les personnages sont peints avec une
précision, une justesse psychologique et un réalisme
étonnant. La langue utilisé est le florentin
vulgaire du XIVe siècle que Boccace utilise avec
un sens profond du pittoresque. Après Le décaméron,
Boccace consacre son temps à l'étude de
Dante et des classiques. Il meurt en 1375 après
une vieillesse solitaire et pauvre. Avec Dante et Petrarque,
Boccace est considéré comme le plus grand
écrivain du Trecento. Il est le premier véritable
posateur et romancier italien.
Brecht, Bert, dit Bertolt Brecht: poète, romancier,
dramaturge, théoricien du théâtre
allemand (1898-1956)
Révélé au public parL'opéra
de quat'sous (1928), ce farouche adversaire du nazisme
doit quitter l'Allemagne dès l'avènement
d'Hitler au pouvoir. La majeure partie de son exil s'écoule
en Californie d'où il ne revient qu'en 1948.
C'est en exil qu'il écrit Maître Puntila
et son valet Matti, La résistible ascension
d'Arturo Ui, Mère Courage et ses
enfants, Le cercle de craie caucasien. Installé
à Berlin-Est après la guerre, il y défend
jusqu'à sa mort, avec la troupe du Berliner
Ensemble sa conception du théâtre.
Elle est fondée sur la «distanciation»,
par le biais du réalisme, de la parabole, de
l'allégorie, de la musique, de la chanson, qui
bloque toute identification avec les personnages et
oblige le spectateur à une prise de conscience.
Ses thèmes sont récurrents. Il s'agit
dans toutes ses pièces d'une prise de conscience
par ses héros de l'aliénation de l'homme
et de la nécessité de changer cette condition
par la révolution. Sa conception épique
ou dialectique du récit a profondément
influencé le théâtre contemporain.
Brontë (les surs: Charlotte (1816-1855); Emily
Jane (1818-1848); Anne (1820-1849): romancières
anglaises.
Les surs Brontë connaissent une enfance et
une jeunesse difficile qui leur inspirèrent leurs
uvres. D'abord, Charlotte, l'ainée des surs,
a écrit un roman passionné Jane Eyre
(1847) qui remporta un franc succès et quelques
poésies. Emily Jane, la plus célèbre
des surs, signe un roman d'un lyrisme et d'un poèsie
envoûtants: Les hauts de Hurlevent: (1847).
Quant à Anne, elle a donné deux romans:
Agnes Grey (1847) et Le locataire de Wildfell
Hall (1848), tous deux tombés dans l'oubli.
Byron, GeorgeGordon, dit lord: poète anglais
(1788-1824)
Fils d'un père excentrique et d'une mère
qui se moquait ouvertement du pied-bot dont l'enfant
était affligé, Byron a connu une vie tumultueuse,
dictée par un tempérament fantasque. Il
finit s'aliéner l'aristocratie dont il était
issu. Prototype du poète romantique, son goût
des voyages pour l'Orient suscita en lui dès
son retour les dépaysement lyriques du Pèlerinage
de Childe Harold (1812) dont le héros, pèlerin
révolté, mysanthrope et blasé est
à l'image du poète. Ce recueil de poèmes
fut considéré comme un esprit révolutionaire.
La légende romantique du poète se trouva
renforcée avec la parution, de 1813 à
1814, de nouvelles en vers: Lara, La fiançée
d'Abydos, Le corsaire. Le scandale qui suit
son divorce, l'accusation d'inceste, le pousse à
quitter définitivement sa patrie. Il voyage en
Suisse et en Italie. Il compose en Suisse Le prisonnier
de Chillon (1816) et rencontre le poète Shelley.
Il mène ensuite une vie licencieuse en Italie
qu'il raconte avec verve dans ses lettres (La vie,
Les lettres, et Le journal intime de Lord
Byron, 1830). Il écrit également un
poème en strophes de huit vers (Beppo,
histoire vénitienne, 1818), une satire épique
(Don Juan, publié entre 1819 et 1824),
la Prophétie de Dante (1819) sous l'infuence
de la Divine Comédie, Marino
Faliero (1821) et des drames (Caïn,
1821; Le ciel et la terre, 1823). Puis il s'engager
dans les mouvements nationaux qui commencent à
agiter l'Europe. Après avoir été
chef de Carbonari à Pise, il embrasse la cause
de la Grèce contre la domination turque. Il meurt
finalement en Grèce, à Missolonghi. Nul
poète n'eut plus d'influence sur l'école
romantique française.
Caldwell, Erskine: romancier américain (1903-1987)
Fils d'un pasteur presbytérien de Géorgie,
il suit son père lors de ses déplacements
dans les États du Sud. Il fait ses classes aux
université de Georgie et de Pennsylvanie avant
d'effectuer de nombreux métiers. En 1932, il
pulbie un roman d'un réalisme cruel sur les pauvres
Blancs du Sud: Route du tabac. Les romans et
les nouvelles qui suivent dépeindront avec constance
la déchéance et la médiocrité
des «pauvres Blancs», un univerfs où
règne l'obsession de la violence et du sexe.
Outre Route du tabac, il laisse Un pauve type
(1929), Le petit arpent du bon dieu (1933), Les
voies du seigneur (1935), Jackpot (1940).
Camoens, Louis de (1525-1579). Portugais.
Né et mort à Lisbonne, il est considéré
comme le plus grand poète portugais. Après
des études à l'université de Coïmbra
et quelques années passées à la
cour, il s'engage dans l'armée et se bat contre
les Maures en Afrique, où il perd l'il droit.
Il part pour les Indes où il compose son uvre
maîtresse Les Lusiades (1572), une
épopée en vers qui raconte les gloires
de sa patrie aux Indes orientales et les exploits de
Vasco de Gama. Composé d'après le modèle
de l'Énéide, il a donné
au Portugal son grand poème national. Revenu
au Portugal, il meurt dans le plus grand dénuement.
Camus, Albert: écrivain français (1913-1960)
Né en Algérie dans un milieu modeste,
Camus doit interrompre ses études de philosophie
à cause de la tuberculose. Il s'oriente alors
vers le journalisme. Arrivé à Paris en
1938, il collabore pendant la guerre à un journal
clandestin de la Résistance, Combat (1944-1946).
Il se mêle è l'actualité de son
temps, voyage dans le Tiers-Monde et ses prises de position
politique l'opposeront notamment aux communistes et
à l'existentalisme de Jean-Paul Sarte en 1952.
Pour Camus, l'engagement politique d'écrivain
peut le conduire à abdiquer son sens critique.
L'uvre de Camus est composée de pièces
de théâtre, d'essais et de romans et il
reçoit le prix Nobel de littérature en
1957. Son roman L'étranger (1942) comme
son essai philosophique Le mythe de Sisyphe (1942)
aborde la thématique de l'absurde, absurde qui
est ni dans l'homme ni dans le monde mais qui naît
de leur confrontation. Parmi ses autres ouvrages, on
trouve Caligula (1943), Le malentendu
(1944), La peste (1947), Les justes (1949),
L'état de siège (1948), L'homme
révolté (1951)
Carroll, Lewis (pseudonyme de Charles Lutwidge Dogson):
écrivain anglais (1832-1898)
Mathématicien de talent, il signa plusieurs
traités sicentifiques avant de publier plusieurs
livres humoristiques pour enfants. Dogson était
un Anglais célibataire qui aimait beaucoup les
enfants. Il passa un été à s'occuper
des trois fillettes d'un de ses amis. Une d'entre elles
s'appelait Alice. Pour les distraire il les emmenait
en bateau sur la Tamise et leur racontait des histoires.
C'est ainsi qu'il se mit à décrire les
aventures d'Alice dans le monde souterrain, à
la grande joie des fillettes. Il fit un livre de ses
histoires qui parut en 1865, Alice au pays des merveilles
qui connut un tel succès qu'une suite parut
en 1872 (De l'autre côté du miroir).
Très vite on a reconnu son sens poétique
exceptionnel. Lewis Carroll est aussi l'auteur de La
chasse au Snak (1876), poème de l'absurde
traité sur le mode héroïco-comique.
Cendrars, Blaise: poète français (1887-1961)
Dès sa jeunesse, Cendrars est fasciné
par les voyages et on retrouvera dans tous les coins
de la planète. Le souvenir de ses nombreuses
rencontres à travers le monde et l'expérience
de ses divers métiers et aventures nourriront
son uvre. Dans le monde littéraire des années
vingt, il fait figure de pionnier en renouvelant les
techniques poétiques et en privilégiant
un rythme rapide et syncopé. Comme poète,
il a laissé la fameuse Prose du Transsibérien
et de la petite Jeanne de France (1913). Comme romancier,
il a signé L'or (1925) et Moravagine
(1926). Il a également été l'auteur
de récits autobiographiques dont La main
coupée (1946) et Bourlingueur (1948).
Cervantès Saavédra, Miguel de: écrivain
espagnol (1547-1616)
Fils d'un modeste chirurgien, il connaît une
une vie mouvementée. Engagé comme soldat,
il participa à la bataille de Lépante
entre les Turcs et les Chrétiens. Il y perdit
la main gauche. Prisonnier et emmené en captivité
à Alger, il fut sauvé par des religieux
qui le rachetèrent. Cervantès vécut
pauvrement en écrivant des pièces qui
n'eurent aucun succès. Il consacra une bonne
partie de sa vie à écrire des pièces
de théâtre mais sans s'imposer. En 1605,
agé de 58 ans, paraît le L'ingénieux
hidalgo don Quichotte de la Manche qui lui assure
d'emblée une place d'honneur dans la littérature
d'alors. L'art de Cervantès est de mêler
avec lyrisme le réel et le fantastique et de
mettre en place un univers où s'agitent des milliers
de personnages. Il tourne en dérision la passion
de son époque pour les romans de chevalerie.
Avec son Don Quichotte, Cervantès a inventé
la forme du roman moderne tel qu'il est pratiqué
dans la littérature occidentale.
Chaucer, Goffrey: poète anglais (vers 1340-1400)
Né à Londres, il est le fils d'un
marchand, tour à tour page de cour, soldat, écuyer
du roi, fonctionnaire des douanes, diplomate en France,
en Flandre et en Italie (où il rencontrera Pétrarque).
Il a aussi été représentant du
pays de Kent au Parlement, disgrâcié en
même que son protecteur, le duc de Lancastre.
On le considère comme le père de la poésie
anglaise, celui qui s'est affranchi le premier de la
poésie romanesque française. Sa réputation,
il la doit à ses Contes de Canterbury (1387),
une uvre de maturité qui décrit de façon
magistrale la société bourgeoise anglaise
du XIVe siècle. Il a aussi traduit le Roman
de la rose qui lui vaut en France une grande renommée.
Christie, Mary Clarissa Miller, dite Agatha: romancière
et auteure dramtique anglaise (1891-1976)
Elle s'illustra pour l'écriture de roman
policier où seule compte l'énigme. Elle
signe plus de soixante-dix romans et ses héros,
le détective belge Hercule Poirot et Miss Marple,
perspicace et digne vieille dame typique de la campagne
anglaise, ont fait le bonheur de plusieurs générations
d'amateurs d'énigmes policières. Parmi
ses oeuvres célèbres, on trouve Le
crime de l'Orient-Express (1934) et Dix petits
nègres (1939).
Chrestien de Troyes: poète français
(vers 1135-1183)
Ce poète qui vécut à la cour
du comte de Champagne a influencé un nouveau
genre littéraire: le roman. Ses récits
qui ont connu un large succès à son époque
se sont inspirés des légendes bretonnes
évoquant les chevaliers de la Table ronde et
la cour du roi Arthur. Peu à peu, son uvre s'orientera,
au nom de la morale chrétienne, vers une condamnation
de l'amour courtois. C'est lui qui crée les personnages
de Lancelot du Lac dans Le chevalier à la
charrette (1170-1180) et de Perceval, jeune homme
au cur pur, dans Le conte du Graal (inachevé
vers 1181).
Clark, Arthur C., écrivain américain
(1917- )
Il a étudié en sciences avant d'écrire
de la science-fiction. Il est l'auteur d'une cinquantaine
de livres, la plupart excellents, dont le fameux 2001,
l'odyssée de l'espace. À partir de
ce récit, le cinéaste Stanley Kubrick
a réalisé le plus célèbre
film de science-fiction du siècle.
.
Cocteau, Jean: cinéaste, poète, dramaturge,
romancier, peintre et dessinateur français (1889-1963)
Cocteau est un des grands noms littéraires
et artistiques des années vingt. Il se mêle
à toutes les avant-gardes. Au célèbre
cabaret du Buf sur le toit, rue Boissy-d'Anglas, rive
droite, il fait office de grand imprésario de
toutes les nouveautés. Porte-parole du groupe
des Six, il crée son premier balet, Parade,
en collaboration avec Satie et Picasso. Se définissant
avant tout comme poète, l'homme-orchestre écrit
aussi des romans dont Thomas l'imposteur (1922)
et Les parents terribles (1929). Cocteau renouvelle
quelques fables antiques en jouant sur le registre de
l'insolite (Antigone, 1922; Orphée,
1925; La machine infernale, 1934). Le poète
et dramaturge a aussi réalisé des films,
signé des livrets d'opéra, illustré
des ouvrages et même travaillé le verre.
Colette, Sidonie Gabrielle: romancière française
(1873-1954)
Après une enfance passée à
la campagne, dont elle conserve un grand amour de la
nature, elle épouse en 1893 Henri Gauthier-Villars
(Willy), journaliste et directeur de la maison d'édition
familiale, qui l'initie à la vie parisienne.
De 1900 à 1903 paraît la série des
Claudine, que s'attribue Willie et dont le succès
public se double d'un relent de scandale. Divorcée
et indépendante, Colette fait l'expérience
de la scène, en tant que mime, et fréquente
assidument la marquise de Morny, sans cesser d'écrire
(La retraite sentimentale, 1907; Les vrilles
de la vigne, 1908, L'ingénue libertine
(1909), La vagabonde (1910). Il faut attendre
toutefois la publication de Chéri (1920)
et Le blé en herbe (1922) pour qu'elle
soit consacrée écrivain. La naissance
du jour (1928), Sido (1930) et Le pur
et l'impur (1931) la portent au sommet de sa gloire.
Ses thèmes de prédilection sont l'amour
et la sensualité et ses récits riches
de ses expériences personnelles sont servis par
une prose à la fois précise et savoureuse
et par un art de l'authenticité.
Conrad, Téodor Jozef Konrad Nalecz Korzeniowski,
dit Joseph: écrivain anglais d'origine polonaise
(1857-1924)
Fils d'un poète révolutionnaire, et
orphelin à l'âge de dix ans, Conrad a toujours
admiré l'Angleterre. Enfant, il dévore
des ouvrages en anglais - qui n'est pourtant que sa
troisième langue. Il s'engage dans la marine
en 1874, ce qui le cnduit à Bombay, Singapour,
Bornéo. Il étudie l'anglais et se fait
naturaliser britannique en 1884. Il signe son premier
roman La folie Almayer en 1895 qui témoigne
d'un sens inné du rythme et des mots. Suivront
Lord Jim (1900) et Nostromo (1904), L'agent
secret (1907), Sous les yeux d'Occident(1911),
La flèche d'or (1919), des romans marquants
par la complexité de l'intrigue et par la force
du style. Auteur d'une production romanesque importante
ayant pour thème central la mer, il signe un
volume autobiographique Des souvenirs en 1912.
Cooper, James Fenimore: romancier américain
(1789-1851)
Fils de colonisateur, il se signale pour ses récits
passionnés, dans le style «gothique»,
sur les Amérindiens et les pionniers. Ses romans
ont pour cadre les régions que son père
colonisa dans l'État de New York. L'espion
(1921), son deuxième roman après Précaution,
connaît un succès triomphal en Europe.
Parmi ses récits, Le dernier des Mohicans
(1826), La prairie (1827) et Le tueur
de daims (1841) sont les plus célèbres.
Corneille, Pierre (1606-1684). Français.
Fils d'un avocat, son père le destinait au
barreau. Il abandonna bien vite cette carrière
qui ne l'intéressait pas et se tourna vers le
théâtre. Il est d'abord un auteur de comédies
(La veuve, la galerie du palais, etc.), puis de tradi-comédies
dont Le cid.(1636). Après cette pièce-charnière
dans laquelle on pressent le grand tragique, il abandonne
la comédie et écrit des tragédies
qui font de lui le véritable créateur
de l'art dramatique moderne en France. Corneille puise
tous ses héros dans l'Antiquité et se
sert d'eux comme porte-parole pour exprimer ses pensées.
Dans ses pièces de théâtre, il peint
des personnages héroïques et exemplaires
où l'honneur (national ou religieux), la fidélité
et l'amour sont le moteur de ses tragédies. Ses
tragédies classiques telles Le cid, Horace
(1640), Cinna (1640), Polyeucte (1641-42)
mettent toutes en scène le dilemme cornélien:
sommé de choisir entre ses sentiments personnels
(amour, amitié) et l'intérêt collectif,
le héros préférera toujours la
communauté dont il fait partie (famille, cité,
État) à lui-même. Après l'échec
de Pertharite (1651), Corneille n'écrit
plus pendant huit ans. Ses dernières uvres connaissent
un faible succès, sinon l'échec, et sont
nettement déclassées par son jeune rival
Racine.
D'annunzio, Gabriele: poète, romancier et
dramaturge italien (1863-1938)
Anticonformiste aristocratique, artiste et homme
d'action, il défend dans sa vie comme dans son
uvre un fasteux rêve de grandeur et de beauté.
Il reprend, en le modifiant, le thème nietzschéen
du surhomme qui devient chez lui un individu privilégié,
menant, en dehors des lois et des cadres de la société
une vie inimitable. Il traduit cela dans des romans
comme L'rnfant de volupté (1889), Les
vierges aux rochers (1896) et Le Feu (1899).
Compromis par les scandales de sa vie privée
et criblé de dettes, il doit se réfugier
en France en 1911 et y compose La Léda sans cygne
(1916) avant de se montrer un des plus ardents partisans
de la participation de l'Italie à la Guerre de
1914-1918. À la fin de sa vie, il écrit
des oeuvres plus lyriques et autobiographiques, comme
Nocturne (1921), L'aventurier sans aventure
(1924).
Dante (abréviation de Durante), Alighieri:
poète italien (1265-1321)
Issu d'une famille de noble, il participa à
l'administration de Florence et fut chargée de
missions diplomatiques auprès du pape Boniface
VIII pour pacifier la cité florentine. Pour ses
idées politques, il est finalement condamné
à être brûlé vif en 1302.
Il doit alors s'exiler dans les villes ennemies de Florence
et finit ses jours à Ravennes. Sa vie est marquée
par deux grands événements: un amour d'enfance
non réalisé et un exil politique. Son
chef d'oeuvre est sans conteste La divine comédie
(1307-1321), un vaste poème où il
représente l'humanité en quête de
bonheur terrestre et de salut dans l'autre monde. C'est
l'uvre la plus importante de la littérature italienne.
Cet ouvrage colossal se divise en trois parties: L'enfer,
Le purgatoire et Le paradis.. Il se présente
comme le récit symbolique de l'aventure intellectuelle
et spirituelle de Dante. Dante s'éteignit à
peine plus d'une heure après avoir terminé
la rédaction de La divine comédie .Dante
est aussi l'un des ardents défenseurs d'une langue
littéraire commune à toutes les régions
de l'Italie.
Defoe, Daniel Foe dit: écrivain anglais (1660-1731)
Ce romancier, poète, satiriste, pamphlétaire
et journaliste de talent a laissé une énorme
production littéraire, publiée au cours
d'une vie très mouvementée (négoce,
faillite, emprisonnements multiples). Il fut dans bien
des domaines très en avance sur son temps et
il prôna entre autres l'éducation des jeunes
filles. Il doit sa renommée à ses grands
romans d'aventures, notamment Robinson Crusoé,
Le capitaine Singleton et Moll Flanders.
Ses récits reposent sur une documentation abondante.
Au départ de Robinson Crusoé (1719),
il y a une aventure historique et Defoe réussit
à s'iimposer comme un grand maître du récit
en créant un mythe.
Dickens, Charles: romancier anglais (1812-1870)
Marqué par une enfance difficile et obligé
de travailler très jeune à la fabrique
pendant que sa fmille dut vivre en prison pour dettes,
ses romans décrivent la vie difficile des ouvriers
dans l'Angleterre du XIXe siècle. Ses uvres les
plus connus sont Olivier Twist (1838), David
Copperfield (1849-50). Dickens reste un prodigieux
créateur de personnages et de décors.
et est l'équivalent anglais d'un Hugo, Zola ou
Stendhal qui ont marqué le roman français
du XIXe siècle.
Diderot, Denis: écrivain et philosophe (1713-1784)
Issu d'un milieu bourgeois aisé, il étudie
la philosophie, la théologie et le droit et mène
une vie de bohéme, s'initiant avec enthousiasme
à l'esprit des lumières dans les cafés
et les librairies de Paris. À partir de 1747,
il se consacre à la constitution de l'Encyclopédie,
tache énorme qu'il dirige jusqu'en 1766. Diderot
s'est essayé à tous les genres. Il s'est
exprimé dans de nombreux essais, dialogues, lettres.
Il pourfendait tous les fanatisme. Naturaliste et matérialiste,
il a développé sa philosophie dans des
écrits et dialogues comme Le rêve d'Alembert
(1776) et le Supplément au voyage de Bougainville
(1773). Chez lui et contrairement à Jean-Jacques
Rousseau, l'homme éprouve du plaisir à
être bon. Comme romancier, il se signale pour
ses contes libertins comme La religieuse ou Les
bijoux indiscrets et surtout pour son roman Jacques
le fataliste (paru après sa mort en 1792).
Dostoïevski, Fiodor Mikhaïlovitch: romancier
russe (1821-1881)
Cet écrivain russe est considéré
par beaucoup comme le plus grand romancier de tous les
temps. La vie de Dostoïevski est l'histoire d'un
itinéraire passionné faite de contradictions
qui se sont projetées dans son uvre. Issu d'une
famille de petite noblesse, il est le fils d'un père
médecin. Il était très attaché
à sa mère (autant que Proust) qui mourut
alors qu'il était très jeune. Son père,
très autoritaire, fut tué sur ses terres
par ses propres paysans. À l'annonce de sa mort,
il fit sa première crise d'épilepsie.
En 1844, il signe son premier roman, Les pauvres
gens, nettement influencé par Gogol et qui
remporte un franc succès. Par la suite, il se
lie avec le groupe libéral de Petrachevski. En
1849, les membres du groupe sont arrêtés
et condamnés à mort. Il échappe
de justesse à l'exécution, grâcié
par le tsar, et est envoyé au bagne d'Omsk, en
Sibérie. Il y reste quelques années et
cette expérience sera racontée dans Souvenirs
de la maison des morts (1861). Par la suite, il
signe coup sur coup Crime et Châtiment (1866),
Le joueur (1867), L'idiot (1868), L'éternel
mari (1869-1870), Les possédés
(1871-1872) et Les frères Karamazov (1878-1880),
son dernier roman qu'il condérait, avec raison,
comme son chef d'uvre. Son uvre monumentale dépeint
la souffrance et le désespoir de l'homme, déchiré
entre la présence du mal et la recherche de Dieu.
Doyle, Arthur Conan (1859-1930). Anglais.
D'origine normande, sa famille était catholique
et l'éleva chez les Jésuites de Stonyhurst.
Devenu médecin, il s'engage dans la Première
Guerre mondiale. Comme écrivain, il se signale
dès son premier roman en mettant en vedette le
personnage de Sherlock Holmes (La tache écarlate,
1887) qui deviendra par la suite un véritable
type. Il met aussi en vedette le faire-valoir de Sherlock
Holmes, le naïf docteur Watson toujurs émerveillé
par les raisonnements du pespipace détective.
Doyle met au point un genre littéraire où
l'intrigue entourée d'angoisse et de mystère
est résolue de façon logique par un policier
amateur à l'esprit scientifique. Il se consacra
dès lors pendant près de quarante ans
aux récits des célèbres Aventures
de Sherlock Holmes (1891-1927). À la fin
de sa vie, il se consacre aux sciences occultes et signa
une Histoire de spiritisme (1926).
Fargue, Léon-Paul: poète français
(1876-1947)
Léon-Paul Fargue se réclame de Mallarmé
et de Verlaine. Sa poésie en prose ou en vers
libres est marqué du sceau de la fantaisie et
de la mélancolie (Tancrèce, 1895;
Poèmes, 1912; Pour la musique,
1914). Rébarbatif à la recherche surréaliste,
cet ami de Gide et de Valéry signe une uvre lyrique
riche d'images cocasses et insolites. Ses récits
ont célébré Paris (D'après
Paris, 1932; Le piéton de Paris, 1939)
et ses chroniques ont évoqué les artistes
parisiens des quarante-cinq premières années
de ce siècle.
Flaubert, Gustave: écrivain français
(1821-1880)
Très jeune, il se passionne pour la littérature
et partage l'exaltation romantique de sa génération.
Ses Mémoires d'un fou (1837-1838), écrits
à 16 ans, est un récit autobiographique
où il évoque sa grande passion pour Mme
Schlésinger. Atteint d'une maladie nerveuse qui
le force à s'installer dans sa propriété
près de Rouen, il se consacre entièrement
à l'écriture. Pour se punir de ses aspirations
romantiques, l'écrivain s'imposera une «discipline»
réaliste, soucieux du vérité historique
et de véracité. Pour rédiger Salammbô
(1862), il dépouille des dizaines de livres
sur la Carthage antique. À ce souci du vrai,
de s'approcher le plus possible de la réalité
s'ajoute l'obsession de la forme car pour Flaubert,
ce qui importe, c'est de «partir du réalisme
pour aller à la beauté». Cette obsession
pour l'expression juste en fera un des plus purs stylistes
de la langue française. Parmi ses uvres, on peut
citer:Madame Bovary (1857), L'éducation
sentimentale (1869), Bouvard et Pécuchet
(1881).
Garcia Lorca, Federico: poète et auteur dramatique
espagnol (1899-1936)
Issu de la bourgeoisie andalouse libérale
et aisée, Garcia Lorca s'est rangé tout
de même du côté des exploités
et s'est nourri thèmes traditionnels andalous
et du folklore tout en le combiant à des formes
artistiques plus actuelles. Le poète comme l'homme
de théâtre a composé avant tout
une oeuvre lyrique. En 1935, il fonde un théâtre
itinérant, La Barraca, qui porte le message
théâtral aux paysans illettrés de
l'Espagne. Il fait connaître les classiques tels
Cervantès, Lope de Vega. Il écrit en même
temps des pièces fantaisistes pleines de verve
andalouse. De son uvre théâtrale, on trouve
trois pièces maîtresses: Noces de sang
(1933), Yerma (1935) et La maison de Bernarda
(1936) où les thèmes de l'amour, de la
mort et du sang rejoignent ceux de la dramaturgie grecque.
Il meurt fusillé par la garde franquiste au début
de la guerre civile espagnole.
Gide, André: écrivain français
(1869-1951)
Gide est, dès les premières années
de l'après-guerre, une figure littéraire
de premier plan. Il règne avec Valéry
sur les lettres françaises. Il influence grandement
la Nouvelle Revue Française - qu'il fonde en
1909 - qui est très attentive aux formes modernes
de l'art et de la pensée. Outre Les nourritures
terrestres (1897), L'immoraliste (1902),
Les caves du Vatican (1914), Gide publie en 1925
un roman majeur: Les faux-monnayeurs. Ce livre,
qui raconte le roman d'un roman en train de se faire,
s'oppose à la logique du récit romanesque
traditionnel et au recours à une analyse psychologique
qui prétendrait tout expliquer. Non seulement
Gide multiplie le nombre de personnages, mais ceux-ci
se révèlent par leurs actes et par leurs
confidences (et non par les traditionnelles explications
de l'auteur). Gide rompt ainsi avec les conventions
narratives du roman du XIXe siècle, qui racontait
de façon linéaire les aventures d'un héros
unique. Gide cristallise les valeurs de son époque,
à savoir la sincérité, l'amoralisme,
l'ambivalence, la gratuité, l'aventure. En 1947,
il reçoit le prix Nobel de littérature.
Giraudoux, Jean: écrivain français
(1882-1944)
Jean Giraudoux a fait une longue carrière
diplomatique entre 1910 et 1920. De son uvre littéraire,
on a surtout retenu son humour, son style élégant
et ses images vives. Ses romans ont pour thèmes
la fuite, l'isolement (Suzanne et le Pacifique,
1921; Juliette au pays des hommes, 1924; Bella,
1926). Il aborde le théâtre en collaborant
avec Louis Jouvet (Siegfried, 1928; Amphitryon
38, 1929, etc.). Son théâtre n'est
ni symboliste, ni psychologique ni révolutionnaire
(au sens brechtien). C'est un théâtre raffiné,
intellectuel qui n'appartient à aucune école.
De nature résolument optimiste, Giraudoux refuse
toute forme de tragique, mais avec la Deuxième
Guerre, ses écrits se feront plus inquiets.
Goethe, Johann Wolfgang von: écrivain allemand
(1749-1832)
Il est considéré comme le plus
illustre des écrivains allemands, célèbre
pour ses poèmes, sa prose et ses pièces
de théâtre. Son uvre permet à l'Allemagne
de faire une entrée tardive, mais éclatante,
sur la scène de la littérature mondiale.
Sous l'impulsion de Goethe, un grand mouvement va naître,
le Romantisme, qui va influencer toute la littérature
occidentale pendant un demi-siècle. Dès
lors, les lettres allemandes ne cesseront de briller.
Il laisse entre autres derrière lui Faust
(1808; première partie de la tragédie),
Werther (1774),Wilhelm Meister (1796)
et Les Affinités électives
(1809).
Gogol, Nikolai Vassilievitch: romancier et dramaturge
russe (1809-1852)
Né en Ukraine, il a su évoquer le
pays de son enfance dans son premier recueil de contes
qui lui a valu la célébrité: Les
veillées à la ferme de Dikanka (1831-1832).Après
ce premier succès, Gogol échoue dans une
tentative de carrière universitaire comme professeur
d'histoire. Psychologiquement, il est malade et affectivement,
sa vie est privée de femmes. En prenant de l'âge,
l'état mental de Gogol ne s'améliorera
pas. Il mène une vie d'errance en Allemagne,
en France, en Italie et en Terre Sainte de 1836 à
1848. Il se consacre surtout à la rédaction
des mes mortes, son uvre maîtresse qui
reste inachevée puisque Gogol, décidant
d'abandonner la vanité de la littérature,
en brûla la deuxième partie. Non seulement
ce roman brosse une galerie de portraits saisissants
mais aussi une caricature virulente de la société
terrienne en Russie. Or estimant qu'il avait échoué,
Gogol mourut dans la souffrance, persuadé d'avoir
failli à sa vocation en calomniant l'humanité
et la Russie qu'il adorait. Outre Les âmes
mortes, ses ouvrages célèbres sont
Le portrait et Le journal d'un fou (1834-1835),
Le manteau (1842).
Goldoni, Carlo: auteur comique Italien (1707-1793)
Ce Vénitien, avocat de formation, abandonne
la quarantaine venue sa profession pour se consacrer
à la littérature. Il écrit quelque
250 pièces, des comédies, tragédies,
mélodrames. Il défend une conception du
théâtre branchée sur l'observation
directe de la vie et à l'encontre de la tradition
des masques et de la commedia dell'arte. Ses prises
de position esthétique lui valent l'hostilité
du critique Carlo Gozzi qui l'accuse d'avoir trahi le
théâtre italien. Les attaques de Gozzi
le forcent finalement à s'exiler à Paris
où il continue à se battre contre la tradition
des masques. Il meurt très pauvre sous la Révolution.
Ses uvres les plus marquantes sont Le serviteur de
deux maîtres (1745), Le café
(1750), La locandiera (1753)
Gorki, Maxime (Alexis Maximovitch Pechkov;1868-1936).
Russe.
La jeunesse de Gorki est celle d'un fils artisan,
tour à tour apprenti cordonnier, boulanger, portefaix,
employé de chemin de fer. Sa culture est celle
d'un autodidacte. Il remporte dès sa première
nouvelle Makar Tchoudra (1892), paru dans un
journal, un franc succès. Sa célébrité
s'est vu augmentée avec le succès de ses
pièces, notamment Les bas-fonds (1902)
et Les petits-bourgeois. Gorki est alors riche,
universellement admiré. Ses prises de position
marxistes le forcent à s'exiler, d'abord aux
États-Unis où il compose La mère
(1908) puis à Capri où il s'installe dans
une luxueuse résidence et utilise sa fortune
pour créer une école de propagande marxiste.
C'est là qu'il écrit Enfance (1913),
son chef d'uvre où il raconte avec sensibilité
et talent les événements et les personnages
qui marquèrent son enfance. De retour dans son
pays natal après la Révolution, il se
brouille avec Staline et doit à nouveau s'exiler.
Il mourra finalement à Moscou dans la gloire
en 1936. Gorki est considéré comme le
premier écrivain «social» russe qui
a eu une influence déterminante sur la littérature
mondiale.
Heine, Heinrich: poète allemand (1797-1856)
Persécuté pour ses idées libérales
et parce qu'il était juif, il finit par s'exiler
à Paris en 1831. Sa conversion au protestantisme
a été pour lui une façon d'accéder
à la «civilisation européenne».
De sa vie, on trouve deux faits marquants: ses rapports
tumultueux avec une famille de commerçants et
de banquiers et son amour (sans réciprocité)pour
sa cousine et la plus jeune sur ce celle-ci. Il évoquera
ses amours déchus dans ses uvres lyriques. Heine
est considéré comme un musicien du verbe
qui a su capter les rythmes de la mélodie populaire.
Écrivain prolifique, il inspira les grands compositeurs
allemands. Heine est le poète allemand qui a
été le plus souvent mis en musique. Comme
polémiste, sa plume acerbe dénonce et
critique les idées reçues de l'époque.
Parmi ses ouvrages importants, citions les Tableaux
de voyage (1824-1831) et Le livre des chants
(1827-1844).
Hemingway, Ernest: romancier américain (1898-1961)
Né dans l'Illinois, Ernest Hemingway est
un des pères du style moderne. Blessé
lors de la Première Guerre à l'âge
de dix-huit ans, Hemingway entame une carrière
de journaliste et devient correspondant à l'étranger
(correspondant au Star de Toronto à Paris).
Installé à Paris en 1925, il débute
une carrière littéraire avec la publication
d'un recueil de quinze nouvelles (In Our Time).
Il signe par la suite Le soleil se lève aussi
(1926) et L'adieu aux armes (1929) qui lui donnent
la gloire. Il écrira quatre autres romans dont
Mort dans l'après-midi (1932) et Pour
qui sonne le glas (1940), son plus grand succès
populaire dont le thème annonce Le vieil homme
et la mer (1952). Hemingway se donne la mort en
1961. Parmi ses écrits posthumes, on retrouve
Paris est une fête (1964), une chronique
de sa jeunesse parmi les expatriés anglo-américains
de Montparnasse. Hemingway comme Scott Fitzgerald font
partie des jeunes Américains fraîchement
débarqués à Paris ou sur la Côte
d'Azur au cours des Années folles.
Herbert, Frank: écrivain américain
(1920-1986)
Frank Herbert a exercé une foule de métiers
(plongeur, journaliste, photographe, spécialiste
en survie dans le désert pour la NASA, etc.)
avant de connaître le succès comme écrivain
de science-fiction. En 1965, il publie Dune,
le plus populaire roman de science-fiction de tous les
temps (plus de 13 millions d'exemplaires vendus). Cette
très très longue histoire décrit,
avec une précision quasi maniaque, la vie sur
une planète où l'eau est extrêmement
rare.
Hugo, Victor: poète, dramaturge et romancier
(1802-1885)
Fils d'un général de Napoléon,
il passa son enfance et son adolescence en Italie et
en Espagne. De retour à Paris, il se consacre
à la littérature. Il devient très
vite le chef de file de l'école romantique. En
1830, il assure sa renommée avec la représentation
de sa pièce Hernani. S'inspirant de Shakespeare
et des romantiques allemands et affrachie de toute règle,
sa première, le 21 février, fut le prétexte
à une véritable lutte entre les classiques
et les romantiques. Les années qui suivent, il
publie plusieurs poèmes, des drames (Marion
Delorme, Lucrèce Borgia) et son premier
roman Notre-Dame de Paris (1831). L'échec
des Burgraves en 1843 et la mort de sa fille
Léopoldine le détournent de l'activité
littéraire. Il se consacre à la politique
et devient un défenseur de la démocratie
libérale. Le coup d'État qui porte Louis-Napoléon
Bonaparte au pouvoir en 1851 pousse Hugo à l'exil
en Belgique (à Jersye puis à Guernesey).
Il y restera jusqu'en 1870. C'est là qu'il écrira
ses uvres maîtresses: Châtiments
(1853), Contemplations (1856), La légende
des siècles (poésies publiées
entre 1859 et 1883), Les misérables (1862).
À sa mort, la République lui fit des obsèques
nationales.
Ibsen, Henrik: dramaturge norvégien (1828-1906)
Né à Skien, il connaît une enfance
et une adolescence difficiles, dues à la pauvreté
de ses parents, qui lui insufflent le goût de
la révolte et de la liberté. Sa première
pièce, Catilina, est un drame historique
dédié aux peuples asservis. Le tertre
des guerriers est la première pièce
du dramaturge à être jouée en 1850.
Après quelques années passées comme
directeur artistique du Théâtre national
de Christiania, Ibsen part pour l'Italie où il
écrira ses plus grandes pièces: Brand
(1865), Peer Gynt (1867), Les soutiens de
la société (1877), Maison de poupée
(1879), Hedda Gabler (1890). Cet auteur de drames
à connotation philosophique et sociale a profondément
influencé le théâtre européen,
notamment le théatre de Bernard Shaw et de Tchekhov.
Orchestrant un théâtre d'idées et
d'acction, Ibsen fut un fameux interprètre de
la psychologie humaine.
James, Henry. Romancier et critique anglais d'origine
américaine (1843-1916)
D'origine irlandaise, issu d'une bourgeoisie riche,
Henry est le fils d'un philosophe et frère du
philosophe et psychologue William James. Il reçoit
une éducation éclectique, faisant en Europe
de nombreux séjours. Il s'y imprègne alors
de culture classique. Ses premiers romans ont pour cadre
un décor américain. Par ailleurs, James,
qui se révèle un fin observateur de la
société américaine, écrit
le meilleur de son uvre alors qu'il est installé
à Londres. Comme romancier, il est un des premiers
à reconnaître l'importance du point de
vue et de ses variations dans le récit. Il cherche
à faire une analyse rigoureuse de ses personnages
en l'utilisant l'art de l'écrivain comme moyen
d'investigation. Il excelle dans le roman psychologique
où il se révèle un analyste subtil.
Ses premières uvres traitent de tragédies
personnelles résultant des différences
entre les cultures européenne et américaine
(L'Américain, 1877; Les Européens,
1878). Puis James inaugure une série d'études
sur la question du féminisme (Les Bostoniennes,
1885; La princesse Casamassima, 1886) et sur
le conflit des générations (L'âge
ingrat, 1899). Mais le sommet de son uvre tient
en trois romans signés coup sur coup au début
du siècle: Les ailes de la colombe (1902),
Les ambassadeurs (1903) et La coupe d'or
(1904). Ici il déploie son talent de fin analyste
en tissant la toile complexe des relations qui gouvernent
les actes d'un personnage. Son style romanesque annonce
les Joyce, Woolf et Conrad.
Joyce, James: poète et romancier irlandais
(1882-1941)
Né d'une famille de bonne souche irlandaise,
James Joyce n'a que six ans lorsqu'il est mis en pension.
Son père, qui deviendra Simon Dedalus dans l'uvre
de l'écrivain, est un bon buveur et un grand
trousseur de jupons et exerce de nombreux métiers
qui obligeront toute la famille à de fréquents
déménagements. La période universitaire
de Joyce est marquée par de graves crises personnelles
et il raconte cette période difficile dans Dedalus,
portrait de l'artiste par lui-même. (1916).
Après ses études, il sera professeur à
Dublin, puis séjournera entre autres à
Paris, Trieste, Rome et Zurich. L'uvre de Joyce se divise
en trois volets: lyrique (Dedalus), épique
(Ulysses) et dramatique (La veillée
de Finnegan) Ses récits sont doués
d'un symbolisme multiple et leur lecture rendue difficile
en raison de la complexité du langage. Il est
à l'origine des recherches de la littérature
moderne.
Kafka, Franz: écrivain tchèque d'expression
allemande (1883-1924)
Écrivain juif tchèque, ce diplomé
de droit travaille dans des maisons d'assurances et
dans la boutique de son père, très autoritaire.
Il écrit, la nuit, de petites nouvelles pour
des magazines. Toute sa vie fut dominée par le
conflit qui l'opposa à son père. Dans
son uvre le plus célèbre, La métamorphose
(1912), il aborde la question de la solitude et de l'incommunicabilité,
à travers un personnage, Gregor Samsa, «métamorphosé»
en insecte géant. Il décrit dans un style
réaliste un sujet cauchemardesque. En 1917, il
se sait atteint de tuberculose et demande à son
ami écrivain Max Brod de brûler après
sa mort ses ouvrages non publiés. Heureusement,
son exécuteur testamentaire désobéira,
sauvant les grands romans inachevés que sont
Le procès (1914-1915, publié en
1925), Le château (1920-1922, publié
en 1926). Dans ce dernier roman, le personnage désigné
par la lettre k cherche à communiquer avec un
monde hostile et fermé, notamment avec une armée
de seigneurs, de secrétaires, de bureaucrates
avec lesquelles toute communication véritable
est impossible. Kafka laisse une oeuvre au message universel
et une douloureuse méditation sur le désarroi
de l'homme devant l'absurdité de l'existence.
Keats, John: poète romantique anglais (1795-1821)
Né dans un milieu londonien modeste, il est
un autodidacte qui a appris dans des encyclopédies.
Il fait partie de la deuxième génération
des romantiques avec lord Byron et Percy Shelley. Sa
réputation internationale, il la doit à
ses odes et ses ballades: Ode à l'automne,
Ode sur une urne grecque, Ode à Psyché,
Ode sur la mélancolie et l'Ode à
un rossignol parues dans un recueil intitulé
les Odes en 1820, à la veille de sa mort.
La Fontaine, Jean de: poète français
(1621-1695)
Issu d'un milieu bourgeois en province, il se fixe
à Paris en 1937. Il n'a encore rien écrit
d'important. Il mène la vie d'un libertin insouciant.
Il faudra attendre l'année 1665 pour avoir ses
premiers Contes et nouvelles en vers, des récits
légers, licencieux, inspirés de Boccace
et d'esprit rabelaisien. Il connaît un succès
éclatant. D'autres Contes et nouvelles paraîtront
entre 1666 et 1675. Puis, de 1668 à 1694, paraissent
ses Fables qui lui valent sa renommée
mondiale. Ses fables sont imitées d'Ésope
et de Phèdre et sont réparties en trois
recueils. La Fontaine, dont la morale n'est jamais dogmatique,
enrichit les préceptes traditionnels de ses réflexions
personnelles puisées à même son
expérience de la vie. Ses fables ont pris une
tournure lyrique, philosophique et politique.
London, John Griffith dit Jack: romanicer américain
(1876-1916)
Marqué par une enfance très dure,
il a été tour à tour marin, pirate
de bancs d'huîtres, garde-côtes, chercheur
d'or au Klondike, ouvrier et vagabond. Autodidacte,
il a aimé évoqué dans ses livres
le monde animal, symbole du monde humain. Ce romancier
naturaliste s'est avec L'appel de la forêt
(1903) et Croc-Blanc (1906) qui ont pour thème
principal la nature dans le Grand Nord. Il est un des
romanciers américains les p;lus lus à
l'étranger.
Lope de Vega (Félix Lope de Vega y Carpio,
dit): écrivain et poète dramatique espagnol
(1562-1635)
Écrivain prolifique et versatile, Lope de
Verga aborde le burlesque autant que la tragique. Il
aurait écrit plus de 1800 comédies dont
près de 500 nous sont parvenues. Premier auteur
du réalisme espagnol, son influence sur le théâtre
fut énorme. Il a influencé des dramaturges
comme Molière, Corneille et Cyrano de Bergerac.
Ses principales comédies de moeurs sont L'étoile
de Séville (vers 1617), Le chien du jardinier
(1618) et Le châtiment sans vengeance (1631).
Machiavel (1469-1527).
(À compléter). Auteur du Prince
qui exposait une politique perverse, selon laquelle
seul le succès import .
Malraux, André: écrivain français
(1901-1976)
André Malraux fait partie de ce lot d'écrivains
voyageurs des années vingt. Ses péripéties
en Indochine (1922) et en Chine (1925) lui inspireront
La tentation de l'Occident (1926), Les conquérants
(1928) et La voie royale (1930). À
l'âge de trente-cinq ans, il s'engage aux côtés
des républicains durant la guerre civie d'Espagne
qu'il raconte dans L'espoir (1937). En 1944-1945,
il part combattre l'armée nazie à la tête
de la brigade Alsace-Lorraine. Il rencontre alors le
général de Gaulle, qui en fera un ministre
de l'information en 1945 et un prestigieux ministre
de la Culture de 1959 à 1969. Pour Malraux, l'homme
se définit par ce qu'il fait. Il traduit cette
pensée dans ses romans en mettant de l'avant
l'action comme seul moyen de faire face à la
mort et à la souffrance. On retient trois grands
livres de cet homme d'action qui a combattu pour toutes
les libertés: Les conquérants ,
L'espoir et surtout La condition humaine
(prix Goncourt 1933).
Mann, Thomas: écrivain allemand (1875-1955)
Rédacteur d'essais critiques et philosophiques,
il connaît la célébrité à
vingt-cinq ans avec Les Buddenbrooks (1901),
chronique d'une famille bourgeoise allemande au XIXe
siècle et transposition de la famille de l'écrivain.
Mort à venise (1911; porté à l'écran
par Visconti en 1971) et La montagne magique (1924)
valent à Thomas Mann le prix Nobel de littérature
en 1929. Fuyant l'Allemagne en 1933 avec l'arrivée
au pouvoir d'Hitler, l'auteur se réfugie en Suisse
où il compose la trilogie Joseph et ses frères.
Émigré aux États-Unis, il étudie
le IIIe Reich dans Le docteur Faustus (1947).
L'uvre de Mann aborde la responsabilité historique
que porte chaque individu.
Mauriac, François: écrivain français
(1885-1970)
Né en Provence, Mauriac évoquera à
maintes reprises son enfance janséniste et puritaine.
Il débarque à Paris en 1906 et publie
trois ans plus tard son premier recueil de poésie
Les mains jointes (1909). Ce n'est que treize ans plus
tard, avec Le baiser au lèpreux (1922),
que l'écrivain commence à faire parler
de lui. L'écrivain Mauriac, qui s'est révélé
être un journaliste et un polémiste de
grand talent, signe comme romancier des uvres empreintes
de spiritualisme. Ses personnages sont plongés
au cur du mal et du péché (Le désert
de l'amour, 1925; Thérèse Desqueyroux,
1927; Le nud de vipères, 1932). Il reçoit
le prix Nobel de littérature en 1952.
Melville, Herman: poète et romancier américain
(1819-1891). Sa vie comme son uvre ont pour cadre
la mer. Il a passé une partie de sa jeunesse
sur un baleinier qu'il nommait son «Harvard»
et a fait de nombreux voyages dans les mers du Sud.
Ce passé maritime lui a permis d'écrire
son fabuleux récit épique Moby Dick qui
raconte l'histoire d'une baleine blanche, symbole du
mal, poursuivie à travers toutes les mers par
le capitaine Achab, sorte de rédempteur qui finit
par périr dans la lutte qu'il mène contre
le monstre. Outre ce conte apocalypique, il signe Typee
(1846), Omoo (1847), Pierre (1852), Billy
Bud, gabier de misaine (1891). Melville est un des
grands romanciers qu'a donné les États-Unis.
Molière (Jean Baptiste Poquelin, dit): auteur
dramatique et comédien français (1622-1673)
Né à Paris, Jean-Baptiste Poquelin
est le fils d'un tapissier. En 1643, il prend le nom
de Molière et fonde, avec quelques jeunes gens,
l'Illustre-Théâtre qui entreprend des tournées
en province jusqu'en 1658. De retour à Paris
en 1659, sous la protection du roi Louis XIV, il créa
pour le divertissement de la cour ou pour le public
parisien de nombreuses pièces dont Les précieuses
ridicules (1659) qui obtient un gros succès;
L'école des femmes (1662) qui suscite
de vives critiques et auxquelles il répond par
La critique de l'école des femmes et L'impromptu
de Versailles (1663); Dom Juan (1665), Le
misanthrope (1666); Amphitryon et L'avare
(1668), Le bourgeois gentilhomme (1670), Les
femmes savantes (1672) et Le malade Imaginaire
(1673). C'est en jouant cette dernière pièce
que Molière mourut.
Molière est le premier et le plus grand homme
du théâtre comique français. Acteur,
directeur de troupe de théâtre et enfin
auteur, il a écrit et joué plus de trente
comédies dans lesquelles, grâce à
la bienveillance du roi, il s'est moqué des travers
de la société de l'époque: préciosité
(Les femmes savantes, Les précieuses
ridicules), ambition des bourgeois (le bourgeois
gentilhomme), hypocrisie des faux dévots
(Tartuffe), libertinage et dépravation
de certains nobles (Dom Juan), défauts
ridicules (L'avare, Le malade imaginaire),
etc.
Montaigne, Michel Eyquem de: écrivain français
(1533-1592)
À la fin du XVIe siècle, l'humanisme
n'a plus besoin de s'affirmer avec autant de force car
il a triomphé de la «barbarie médiévale».
Avec Montaigne, philosophe sceptique, l'humanisme du
doute succède à l'humanisme triomphant
de Rabelais. Ses Essais, qu'il composa entre
1572 et 1592, racontent les expériences de l'auteur,
ses jugements, ses idées, ses lectures, ses réflexions
philosophiques. En 1580 paraît la première
édition et jusqu'à sa mort, il ne cessera
d'enrichir cet ouvrage. L'édition définitive
paraîtra en 1595 après sa mort. La seule
affirmation constante de ce livre, ce sont les valeurs
de tolérance.
Morand, Paul: écrivain français (1888-1976)
Paul Morand a fait une carrière diplomatique
qui l'amène dans les grandes capitales européennes.
Au cours des années vingt et trente, il se fait
remarquer pour ses poèmes (Lampes à
arc, 1919; Feuille de température,
1920) et surtout pour ses récits. Ses Chroniques
du XXe siècle (L'Europe galante,
1925; Bouddha vivant, 1927; Magie noire,
1928; Champions du monde, 1930) de même
que ses Nouvelles d'une vie (Nouvelles des
yeux et Nouvelles du cur) sont autant d'écrits
qui dépeignent le Paris d'avant-guerre. On le
considère comme un des inventeurs du style moderne
à cause de son écriture impressiionniste,
rapide et incisive.
Musset, Alfred de: écrivain français
(1810-1857)
Issu de la bourgeoisie parisienne, gentilhomme,
il devient l'ami de Georges Sand (1834-35). On ne
badine pas avec l'amour rappelle, par son titre,
l'amour insensé de Musset pour George Sand. Après
avoir survécu à ses amours impossibles,
il essaie en 1853 de vivre de sa plume. Il sombre dans
l'alcoolisme et meurt usé par ses excès.
Il est l'auteur de pièces de théâtre
(À quoi rêvent les jeunes filles
et Les caprices de Marianne, 1833), de poèmes
(Les nuits, 1835-37) et d'un roman autobiographique
(La Confession d'un enfant du siècle,
1835), Excellent à manier le badinage spirituel
et ironique, Musset a su également manier les
élans de la passion.
Nietzsche, Friedrich Wilhelm: philosophe et écrivain
allemand (1844-1900)
Après une éducation luthérienne
dans un milieu strictement féminin et des études
de philosophie et de philologie, il obtient une chaire
de philologie à Bâle en 1869 qu'il doit
abandonner au bout de dix ans pour raison de santé.
Très affecté par sa rupture avec Lou-Andréas
Salomé, il vit de plus en plus solitaire et et
incompris, jusqu'au moment où la démence
le terrassera en 1889. La morale de ce philosophe, à
laquelle on accolera l'étiquette de «nihiliste»,
se fonde sur la volonté de puissance de l'homme
qui annonce la venue du «surhomme», un esprit
libre dont l'empire sur soi se manifese dans l'égale
valeur qu'il accorde à toute expérience.
Nietzsche dénonce les servitudes morales imposées
par la religion chrétienne, dans laquelle la
responsabilité de choisir en toute connaissance
de cause est dévolue à un dieu omniscient
- lequel, en réalité, est «mort»
dans notre société scientifique. Ses uvres
majeures sont écrites dans un style aphoristique,
critique et polémique: Le gai savoir (1883-1887),
Par-delà le bien et le mal (1886) et Ainsi
parlait Zarathoustra (1883-1885). Nietzsche a influencé
de grands penseurs comme Freud, Jaspers, Jung, Mann,
Shaw de même que les existentialistes. Les nazis
tentèrent de récupérer sa pensée
et la faute incombe en grande partie à la sur
du philosophe qui fabriqua des écrits qu'elle
fit publier après la mort de son frère.
Pourtant Nietzsche méprisait le nationalisme
et n'hésitait pas à dénoncer l'antisémitisme.
Pagnol, Marcel: écrivain, auteur dramatique
et cinéaste français (1895-1974)
Fils d'un jeune instituteur, Marcel Pagnol, petit
Prevençal très tôt intéressé
à la littérature, débute par une
carrière de professeur d'anglais d'abord à
Tarascon, puis à Marseille et à Paris,
où il s'installe en 1925. Fort des succès
remportés par ses deux pièces Topaze
(1928) et Marius (1929), il décide de
les adapter au grand écran, avec les mêmes
interprètes, dont Raimu dans le rôle de
César, et Louis Jouvet. Des deux pièces
suivants, Fanny (1932) et César
(1933), il fait également des films. Il connaît
la consécration populaire. Le succès de
ses pièces au grand écran l'encourage
à réaliser d'autres films. Il adapte des
nouvelles de Giono: Angèle (1934), Regain
(1937) et La femme du boulanger (1938). Il publie
quelque vingt ans plus tard ses souvenirs d'enfance
et de jeunesse (La gloire de mon père,
1957; Le château de ma mère, 1958;
Le temps des secrets (1960). Entre temps, il tourne
Manon des sources (1952), dont il tirera deux
romans, L'eau des collines (1963) et Jean
de Florette (1964). Pagnol aura immortalisé
sur papier ou au grand écran la vie et les habitants
de sa Provence natale.
Pirandello, Luigi: auteur dramatique italien (1867-1936)
Après des études de philosophie à
Rome et à Bonn, le sicilien Pirandello se consacre
très tôt à l'écriture de
nouvelles, de poèmes et de romans. Dès
ses premières uvres, il tourne le dos à
l'esthétisme d'Annunzio et adopte une perspective
vériste. Son roman, Feu Mathias Pascal
(1904), le consacre comme écrivain. Ses romans,
écrit pour la plupart avant 1915, décrivent
des individus pris dans la grisaille de la vie quotidienne.
L'atmosphère de décomposition psychologique
de ses récits n'est pas sans rappeler les difficultés
que vit Pirandello à la même époque.
Il vit des difficultés matérielles et
sa femme, victime de dépression nerveuse, est
finalement internée en 1918 pour folie. De 1916
à 1936, Pirandello se tourne vers le théâtre.
Après le succès de Chacun sa vérité
(1916), il composera, en vingt ans, une quarantaine
de pièces de théâtre. Six personnages
en quête d'auteur (1921) et Henri IV
(1922) lui donnent une notoriété mondiale.
Pirandello a influencé grandement le théâtre
contemporain. Il a innové en matière de
technique théârale en usant de l'éclairage
pour souligner la dramaturgie et en simplifiant les
décors. Il innove également en introduisant
le jeu dans le jeu pour aller au-delà des apparences.
Son théâtre exige aussi une nouvelle manière
de jouer, plus atone et moins traditionnelle. Enfin
les personnages de Pirandello sont des sortes de marionnettes
qui vivent directement leur absurdité. Pirandello
préfigure ainsi le théâtre de l'absurde
des auteurs contemporains.
Poe, Edgar Allan: nouvelliste, poète et critique
américain (1809-1849)
Il est considéré comme le premier
«écrivain maudit» de la littérature
américaine. Ce poète, dandy, gros buveur
et consommateur d'opium a été fort apprécié
par les lecteurs français grâce à
Baudelaire notamment qui traduisit ses Histoires
extraordinaires (1840-1846) et à Mallarmé
qui traduisit ses poèmes. Ces récits qui
parurent dans différentes revues mêlent
le fantastique, l'horreur, le grostesque. Avec Double
assassinat de la rue Morgue (1841) et La lettre
volée (1845) où il accorde une place
centrale au mystère, il innove en créant
le «roman policier», un genre jusqu'à
ce jour totament inconnu en littérature. Son
poème le plus connu, Le Corbeau, est paru
en même temps que sa nouvelle série de
contes en 1845. Quelques années plus tard, il
meurt dans des circonstances troubles. L'alcool et la
drogue auront sans doute contribuer à abréger
son existence marquée par de profondes et fréquentes
dépressions.
Pouchkine, Alexandre: poète, dramaturge et
romancier russe (1799-1837)
Né dans une famille noble et pittoresque,
filleul du tsar Pierre 1er, il reçoit une éducation
française et passe quelques années au
lycée impérial de Tsarskoié-Sélo.
Pouchkine se signale déjà pour ses poèmes
(Souvenirs à Tsarskoié-Sélo,
1814; La liberté, 1817 et Rouslan et
Ludmilla, 1820). Il mène ensuite une vie
brillante à Saint-Pétersbourg où
il se mêle avec les jeunes gens de l'opposition.
Il est exilé au Caucase avec un poste de fonctionnaire
pour avoir écrit des poèmes séditieux
(La liberté). Il voyage alors en Crimée
et au Caucase et compose des poèmes nettement
influencés par Byron (Le prisonnier du Caucase,
1822). À nouveau en exil à Mikhaïlovskoié
en 1824, Pouchkine découvre une source naturelle
de poésie: les anciennes légendes populaires
russes que lui raconte sa vieille nourrice. C'est là
qu'il écrira ses deux uvres maîtresses:
Boris Godounov et Eugène Onéguine
ainsi que de nombreux poèmes lyriques. Il reviendra
finalement à Moscou en 1826 où il reçoit
un accueil triomphal. Il reprend sa vie mondaine. Il
meurt tragiquement en 1838 à la suite d'un duel
contre un Français qui faisait la cour à
sa femme. Pouchkine est considéré comme
un des plus grands écrivains russes. Aussi brillant
poète que romancier, il a inauguré une
tradition reprise par tous les grands écrivains
russes du XIXe siècle, un intérêt
conjoint pour la politique et la littérature.
Proust, Marcel: écrivain français (1871-1922)
Issu d'une famille bourgeoise et très proche
de sa mère, il poursuit des études de
droit et de philosophie tout en se liant très
vite à des jeunes gens férus de littérature.
En 1893, il collabore à La Revue blancheet
publie divers essais. Il commence aussi à
fréquenter la haute société parisienne
qui deviendra le modèle de Swann. Il s'installe
aussi définitivement dans l'homosexualité.
En 1896, il publie Les plaisirs et les jours,
et s'engage dans la campagne en faveur de Dreyfus. À
la suite de la mort de son père (1903), puis
celle de sa mère qu'il adorait (1905), il s'installe
boulevard Haussmann où il mène une vie
de reclus. Sujet à des crises d'asthme, qui ont
apparu dès son enfance et qui sont devenus par
la suite plus fréquentes, il s'isole de plus
en plus. C'est dans sa chambre que de 1908 à
1922, il accomplit son uvre. En 1912, Proust achève
la rédaction du premier tome de son uvre maîtresse:
À la recherche du temps perdu, mais Du
côté de chez Swann est refusé
par deux éditeurs, dont la NRF de Gide. Proust
le fait publier à ses frais chez Grasset (1913).
En 1919, coup de théâtre. La NRF reprend
les droits à Grasset et publie la suite de la
Recherche; À l'ombre des jeunes filles
en fleur qui obtient le prix Goncourt. En 1922,
Proust s'éteint, atteint de pneumonie. Son dernier
mot, murmuré, fut «Maman»... Proust
est une figure dominante de la littérature du
XXe siècle avec Henri James et James Joyce. Son
uvre décrit les métamorphoses d'une société
mais se présente aussi comme une sorte d'autobiographie
nostalgique qui explore les domaines de la sexualité,
de la souffrance d'aimer, de la désillusion,
du temps, dans un style complexe fait de longues phrases.
L'expérience des réminescences involontaires,
qui n'ont rien de chronologiques, sert initialement
d'armature à ses livres. En suivant le jeu capricieux,
méandreux de la mémoire, Proust rassemble
tous les morceaux d'un formidable puzzle psychologique
et social.
Les oeuvres de Marcel Proust
Les plaisirs et les jours (1896), Pastiches
et mélanges (1905-1908), Du côté
de chez Swann (À la recherche du temps
perdu: 1 et 2; 1913), À l'ombre des jeunes
filles en fleurs (Recherche: 3, 4 et 5; 1919),
Le côté de Guermantes (Recherche:
6, 7 et 8; 1920), Sodome et Gomorrhe (Recherche:
9 et 10; 1922), La prisonnière (Recherche:
11 et 12; 1923 -posthume), Albertine disparue
(Recherche: 13; 1925 - posthume), Le temps
retrouvé (Recherche: 14 et 15; 1927
- posthume), Chroniques (1927 - posthume), Correspondance
(6 volumes; 1930-1936 - posthume), Jean Santeuil
(3 volumes; 1952 - posthume); Contre Sainte-Beuve
(1954 - posthume).
Rabelais, François: écrivain
français (1494-1553)
Fils d'un avocat, il porte plusieurs chapeaux: novice
dans un couvent, moine, puis médecin. Il poursuit
sa carrière de médecin tout en faisant
de nombreux séjours en France et en Italie et
en écrivant. Comme écrivain, cet grand
humaniste raconte avec truculence la vie de son époque.
Il a pris comme prétexte une histoire de géants
pour exprimer ses idées sur l'homme, la société,
la religion, la science de son temps. Ce qui fait la
singularité de Rabelais, c'est la qualité
de la langue et du style. Ses livres respirent une rare
vitalité et dépeignent la vie d'une façon
tantôt épique, tantôt lyrique, tantôt
comique, tantôt satirique, tantôt fantaisiste.
Connue sous le titre général de Gargantua
et Pantagruel, il s'agit en fait de cinq ouvrages
distincts qu'on nomme Livre I (Gargantua,
1534), Livre II (Pantagruel, 1532), Tiers
Livre (Panurge y a une place importante, 1546),
Quart Livre (1552) et Cinquième Livre
(1564; posthume).
Racine, Jean: poète dramatique français
(1639-1699)
Né de petite bourgeoisie, il devient orphelin
très jeune et est élevé par des
religieuses. Marqué par l'éducation des
jansénistes, Racine, une fois rendue adulte,
se jette tête première dans le libertinage
et les aventures amoureuses. Il connaît des liaisons
torrides avec des comédiennes et la passion jalouse
qui le consume alors est à l'image de celle des
héros qu'il a créé dans ses pièces.
Ses tragédies ont été presque toutes
écrites en dix ans, entre 1667 (Andromaque)
et 1677 (Phèdre, dont l'échec retentissant
poussa le poète à renoncer pour longtemps
au théâtre). Il reviendra au théâtre
que tardivement avec Esther en 1689 et Athalie
en 1691. Parmi ses autres pièces qui l'ont rendu
célèbres, on trouve les tragédies
telles Britannicus (1669) Bérénice
(1670), Iphigénie (1674) et une excellente
comédie Les Plaideurs (1668).
Alors que Corneille nous montrait des personnages positifs,
maîtres d'eux-mêmes, sinon de leur destin,
Racine a créé des héros impuissants
à lutter contre la fatalité et qui forcent
la pitié. Prisonniers de passions (l'amour, l'ambition)
qu'ils ne contrôlent pas et qu'ils ne peuvent
assouvir, ils seront inéluctablement broyés
par un malheur qu'ils ont eux-mêmes contribué
à mettre en uvre. Sans issue, le drame racinien
offre une vision pessimiste, noire de la destinée
humaine.
Rilke, Rainer Maria: poète autrichien (1875-1926)
Sa vie et son uvre nous révèlent un
personne tourmentée, d'une instabilité
maladive, dominée par le sentiment exacerbé
d'une existence fugitive et de la difficulté
de vivre. Il faut dire que son enfance et son adolescence
ont été particulièrement gachées.
Son père le destine à la carrière
des armes, puis aux affaires, autant de professions
qu'il déteste. En 1895, à la suite de
la publication d'un recueil de poésie, il s'inscrit
à Prague, qu'il abandonne un an plus tard pour
l'Allemagne où il fait la connaissance de Lou
Andréas-Salomé pour laquelle il conçoit
une passion dévorante. Elle marque profondément
sa vocation poétique et l'initie à la
cutlure russe. Il vit une existente errante (Allemagne,
Russie, Paris à plusieurs reprises, Italie, Égypte,
Afrique du Nord, Suisse, etc.). Lors de son séjour
à Paris (1902-1914), il devient le secrétaire
de Rodin et épouse une des élèves
de Rodin. Il écrit alors les Poésies
nouvelles (1907-1908). Son roman, Les cahiers
de Malte Laurids Brigge (1910) le montre engageant
un combat avec lui-même, avec les aspirations
et les angoisses de son enfance. Puis, il traverse ensuite
une longue période de sécheresse. Il faudra
attendre 1922 pour qu'il retrouve la voix de son inspiration.
C'est au château de Muzot dans le Valais qu'il
achève ses Élégies de Duino
- considérées comme l'uvre maîtresse
de Rilke - et les Sonnets à Orphée.
Outre ses uvres poétiques, il laisse de nombreux
ouvrages en prose dont une abondante correspondance
dont les fameuses Lettres à un jeune poète
(1903). Rilke a profondément influencé
la génération littéraire qui l'a
suivie, tant en Allemagne qu'en France.
Rimbaud, Arthur: poète français (1854-1891)
Génie précoce, son uvre poétique
magistrale a été écrite entre l'âge
de 16 et 20 ans. À ses cris de révolte
contre la guerre (Le dormeur du val, 1870) ou
contre la religion chrétienne (Les premières
communions, 1871) se sont joints ses hymnes à
la nature (Sensation, Ma bohème,
1870). Si Le bateau ivre (1871) se présente
comme une allégorie superbe des aspirations du
poète, Une saison en enfer (1873) constitue
une sorte de confession poétique par laquelle
il renonce abruptement à la poésie. À
vingt ans, Rimbaud tourne définitivement le dos
à la poésie. Après sa rupture dramatique
avec Verlaine, il s'engage dans l'armée coloniale
hollandaise, puis se fait déserteur, voyageur
et vagabond avant de devenir négociant à
Harar (Abyssinie) et trafiquant d'armes en Éthiopie.
Il n'écrira plus une seule ligne poétique
jusqu'à sa mort, à l'hôpital de
Marseille, d'un tumeur au genou droit. Son uvre fulgurante
comme son silence d'adulte allaient non seulement en
faire une figure de légende mais une figure qui
a profondément influencé la poésie
moderne. L'art de Rimbaud pourrait être défini
en trois mots: provocateur: «On n'est pas sérieux
quand on a dix-sept ans»; rebelle: «Je me
suis armé contre la justice. Je me suis enfui»;
visionnaire: «Je veux être poète
et je travaille à me rendre voyant Il s'agit
d'arriver à l'inconnu par un dérèglement
de tous les sens».
Ronsard, Pierre de (1524-1585). Français.
Gentilhomme destiné à une carrière
militaire, il doit changer de vocation en raison d'une
surdité subite et se tourne du côté
des lettres. Il devient chef de fil de la Pléiade,
mouvement littéraire qui s'est baptisé
lui-même la Pléidade en hommage aux poètes
grecs d'Alexandrie qui étaient groupés
sous ce nom au IIIe siècle av. J.-C. Ce mouvement
se porte à la défense de la langue française,
prône l'imitation des Ancien et vise à
le réintroduire dans la littérature française.
Ronsard est l'auteur des recueils de poèmes lyriques
(Odes, Amours de Cassande, Les amours d'Hélène).
Considéré de son vivant comme le «prince
des poètes», il fut vivement critiqué
par Malherbe. Il fa fallu les romantiques et Sainte-Beuve
pour que le poète soit réhabilité.
Rousseau, Jean-Jacques: écrivain et philosophe
suisse (1712-1778)
Jean-Jacques Rousseau débute sa carrière
d'écrivain et philosophe à 38 ans avec
le fameux Discours sur les sciences et les arts.
Il est alors à Paris. Son second discours Sur
l'origine de l'inégalité parmi les hommes
consacre sa vocation d'écrivain et de penseur.
C'est entre 1758 et 1762 qu'il écrit ses grandes
uvres: La nouvelle Héloïse (1761),
Le contrat social (1762) et l'Émile
(1762). Ce dernier ouvrage est condamné par le
Parlement et il doit fuir en Suisse, puis en Angleterre.
À la fin de sa vie, il écrit ses Confessions,
éprouvant le besoin maladif de s'expliquer, de
se justifier. Ses Confessions annonce la littérature
romantique.
Rousseau à l'encontre de Montesquieu et de Voltaire,
restés des monarchistes libéraux, a été
un démocrate et un révolutionnaire. Il
exposa ses idées dans un traité d'éducation,
l'Émile et surtout dans le Contrat
social, son oeuvre maîtresse. Ses idées
sur l'éducation prennent le contre-pied de la
pédagogie du XVIIIe siècle. Le philosophe
considère, dans Émile, que l'enfant
est naturellement bon et que la société
le corrompt. Conclusion: il faut le protéger
de la civilisation. En revanche, tout ce qui est naturel
chez l'enfant doit être cultivé: le corps,
les sens, l'habileté, facultés dont il
devra se servir pour apprendre un métier manuel:
seuls les artisans sont vraiment utiles à la
société. Rousseau soutient avec conviction
et éloquence que tous les hommes sont en droits,
égaux et libres. Aucun homme n'a naturellement
le droit d'exercer une autorité sur autrui et
seul le peuple est souverain. C'est un pacte que repose
sur une société d'hommes libres. Cette
société délègue l'autorité
politique à un gouvernement, mais il est tenu
de rendre compte de son mandat au peuple souverain.
S'il confisque le pouvoir à son seul profit,
le contrat est rompu. Le seul État légitime
est l'État de droit, émanation de la volonté
du peuple. C'est cet État de droit qui garantit
par la loi les libertés de chacun. La théorie
du Contrat Social de Rousseau a conduit à
l'établissement de la République.
Saint-Exupéry, Antoine: écrivain et
aviateur (1900-1944)
À 12 ans, il prend son baptême de l'air
et écrit un poème sur les avions. À
26 ans, une compagnie d'aviation le charge de livrer
du courrier à travers le monde. Dans ses romans,
il évoque son expérience. Pendant la guerre,
il écrit Le petit prince, récit de la
rencontre d'un aviateur et d'un enfant, dans le désert.
Il disparaît au cours d'une mission, le 31 juillet
1944. (à compléter et modifier un peu
le style)
Ségur, Sophie Rostopchine, comtesse de: écrivaine
française d'origine russe (1799-1874)
Née à St-Petersgourg, elle est la
fille du comte Rostopchine, ministre du tsar. Elle quitte
la Russie à la suite de son père, tombé
en disgrâce, et se fixe en France où elle
épouse le comte Eugène de Ségur.
Négligée par son mari, elle passe une
bonne partie de sa vie dans sa propriété
dans l'Orne et c'est là qu'elle commence à
écrire des livres pour ses petits-enfants. Ses
récits jouirent rapidement d'une grande renommée
et sont lus depuis par des générations
d'enfants. Excellente observatrice et dotée d'un
sens de l'humour, la comtesse de Ségur a su enchanter
les enfants avec ses dialogues construits sur un ton
alerte. Par ailleurs, l'univers qu'elle crée
en est un profondément manichéen dont
la morale a vieilli et le style demeure des plus conventionnels.
Ses ouvrages les plus connus sont Les petites filles
modèles (1858), Les mémoires d'un
âne, Les malheurs de Sophie (1864)
et Le général Dourakine (1866).
Shakespeare, William: poète dramatique anglais
(1564-1616)
Sur la vie de Shakespeare, on a peu de renseignements
précis. On sait par ailleurs qu'il était
le fils d'un commerçant ruiné, qu'il se
maria très jeune. Déçu de son mariage,
dont il eut trois enfants, il quitta sa ville natale
pour Londres où il devint acteur et actionnaire
de la troupe de lord chambellan. L'écriture de
son uvre dramatique commence véritablement à
partir des années 1590. On distingue généralement
trois grandes périodes dans la production shakespearienne.
D'abord l'écriture de grands drames historiques
avec comme héros les rois d'Angleterre. C'est
l'époque élisabéthaine (1590 à
1601). Parmi les plus connus on trouve Henri VI
(1590-1592), Richard III (1592-1593). On trouve
également des comédies comme La mégère
approvoisée (1594), Le songe d'une nuit
d'été (1595) et Le marchand de
Venise (1600). La deuxième période
qui va de 1600 à 1608 correspond, pour l'Angleterre
à la fin du règne d'Élizabeth.
Le ton du poète change, les comédies deviennent
des tragi-comédies. Place au désenchantement.
Ses pièces les plus connues sont Roméo
et Juliette (1595), Hamlet (1602), Othello
(1604), Macbeth (1605), Le roi Lear
(1606). Shakespeare exposent non plus des problèmes
politiques mais des problèmes très humains
comme les amours contrariés, la jalousie obsesionnelle,
la cruauté humaine. Enfin, la dernière
période de la production shakespearienne débute
en 1608. Le poète, retiré dans sa ville
natale à Stratford-on-Avon, retrouve la verve
et le sourire un peu mélancolique de ses premières
pièces et compose des drames romantiques tels
Le conte d'hiver, Périclès.
Shakespeare a écrit 37 pièces en tout.
Il a marqué la littérature anglaise dont
il est incontestablement considéré comme
le plus grand dramaturge et la figure de proue de l'époque
élisabéthaine. Il a insufflé du
sang neuf à la langue anglaise par l'emploi de
nombreux néologismes et de tournures inédites
qui ont fait école depuis. Il s'est avéré
un grand maître dans la construction dramatique
et surtout il a imposé la vision d'une humanité
où tout n'est qu'apparence et jeux de miroirs.
Shaw, George Bernard: auteur dramatique irlandais
(1856-1950)
Né à Dublin, Shaw quitte l'école
à l'âge de 15 ans et travaille comme employé
de bureau avant de rejoindre sa mère (laquelle
avait pris la fuite avec ses filles et son amant en
1873) à Londres. Il exerce alors le métier
de critique de la Saturday Review (1895-1898)
dans les domaines de l'art, de la musique, de la littérature
et du théâtre. Il puble des articles sur
Wagner et Ibsen, dont l'influence sera grande sur son
propre théâtre. À partir des années
1880, il commence à écrire. Il adopte
des idées socialistes, stigmatise la société
capitaliste et les vices de la société
victorienne et devient un membre actif de la Société
Fabienne, un groupement d'intellectuels socialistes.
Sa pièce Candida (1894) est très
influencé par le dramaturge norvégien
Ibsen qu'il a d'ailleurs contribué à faire
connaître en Angleterre. La plus populaire de
ses pièces, Pygmalion (1912), aborde la
question de l'amour et des barrières sociales
et donnera naissance par la suite au célèbre
film My Fair Lady. Shaw a été un
maître de la prose anglaise; il a exercé
sur ses contemporains une influence considérable.
Jusqu'en 1930, il produit une série de pièces
de grande qualité, parmi lesquelles on trouve
César et Cléopâtre (1901),
L'homme et le surhomme (1903), Commandant
Barbara (1905), La maison des curs brisés
(1920) et Sainte Jeanne (1923). Cette dernière
lui vaut le prix Nobel en 1925.
Shelley, Percy Bysshe: poète anglais (1792-1822)
Né d'une famille noble et terrienne, Shelley
éprouve jeune de la difficulté à
se conformer aux traditions. Il est explusé d'Oxford
pour un pamphlet antireligieux (Nécessité
de l'athéisme). Après un mariage précoce
qui se termine mal, il quitte l'Angleterre avec Mary
Wollstonecraft (l'auteure de Frankenstein) pour
l'Italie où il écrira ses uvres les plus
marquantes: La reine Mab (1813), Prométhée
délivré (1820), L'ode au vent d'ouest
(1820). Ce grand romantique exalte la beauté,
l'amour et la nature.
Shelley, Mary Wollstonecraft: romancière anglaise
(1797-1851)
Indépendante de caractère et dotée
d'une grande curiosité, l'Anglaise Mary Shelley,
la douce épouse de poète anglais Shelley,
n'a que 19 ans quand elle écrit Frankenstein
ou le Prométhée moderne (1817), un
classique du roman fantastique et d'épouvante.
Elle y raconte l'histoire d'un savant, le Dr Frankenstein,
qui construit un homme artificiel avec des parties de
cadavres. Mary Shelley est morte sans se douter que
son roman serait vulgarisé par le cinéma
d'épouvante et lui vaudrait le titre de «mère»
de la science-fiction.
Schiller, Friedrich von: poète et dramaturge
allemand (1759-1805)
Issu d'une famille aisée, on le destine à
une carrière militaire mais l'intérêt
du jeune Schiller se tourne vite du côté
de la littérature. Ses premières pièces
sont des drames historiques: Les brigands (1782);
La conjuration de Fiesque à Gênes (1783)
et Don Carlos (1787). Puis, pendant près
de dix ans, il se tourne vers l'histoire et la philosophie
et écrit entre autres L'histoire de la guerre
de Trente Ans (1793), Lettres sur l'éducation
esthétique de l'homme (1795-1797). Après
cette phase réflexive, il revient au théâtre
et nourrit l'ambition de donner à la littérature
allemande un théâtre national inspiré
de Shakespeare et de la tragédie grecque. C'est
au cours de cette période qu'il compose ses pièces
les plus maîtrisées: Marie Stuart
(1800), La pucelle d'Orléans (1801), Guillaume
Tell (1804). Schiller aura été somme
toute un grand réformateur du théâtre
allemand.
Steinbeck, John: romancier américain (1902-1968)
Après avoir fait ses classes littéraires
à l'université, Steinbeck exerce plusieurs
métiers à New York avant de se faire connaître
avec Tortilla Flat (1935). Mais sa notorité,
il la doit à la série de romans de tendance
naturaliste qui dépeignent le milieu populaire
californien. Ses principales uvres sont: Des souris
et des hommes (1937; l'uvre sera adaptée
à la scène et remportera un grand succès),
Les raisins de la colère (1939) et À
l'est d'Eden (1952). Il reçoit le prix Nobel
en 1962.
Stendhal (Henri Beyle, dit): écrivain français
(1783-1842)
Engagé dans l'armée de Napoléon,
Stendhal découvre l'Italie à l'âge
de 17 ans. Il en tombe amoureux. Sans doute il y reconnaît
des traits qui allaient caractériser son oeuvre:
passion, désinvolture, goût du drame et
pudeur des sentiments. Contemporain du mouvement romantique,
Stendhal s'en distingue par son art de présenter
des personnages ardents avec légèreté
et des situations tragiques avec vivacité tout
en intervenant sans cesse dans le récit pour
juger ou railler ses héros. De l'Amour
(1822), Armance (1827), Le rouge et le noir
(1831), La chartreuse de Parme (1839), Lucien
Leuwen (inachevé, 1855).
Stevenson, Robert Louis Balfour: poète, essayiste
et romancier écossais (1850-1894)
Fils d'un ingénieur, il suit les traces de
son père, puis entreprend des études de
droit avant de se consacrer à la littérature.
Atteint de la tuberculose, il voyagera beaucoup à
la recherche de milieu plus sain. Il terminera sa vie
aux Iles Samoa dans les mers du Sud. Cet écossais
a acquis sa renommée avec la publication de L'Ile
au trésor en 1883 qui remporte un grand succès.
Après ce roman d'aventure et d'imagination, il
signe un récit fantastique sur le thème
du dédoublement de personnalité: Docteur
Jekyll et M. Hyde (1885). Puis quelque dix ans plus
tard, installé à Samoa, il compose Dans
les mers du Sud (posthume;1896) et Le barrage
d'Hermiston (roman inachevé, publié
en 1896). Stevenson a participé au renouveau
romantique et a fait uvre de poète en renouvelant
le récit d'aventure.
Strindberg, August: auteur dramatique et écrivain
suédois (1849-1912)
Après une enfance difficile - qu'il évoque
d'ailleurs dans Le fils de la servante (1886)-,
Strindberg s'inscrit à l'université d'Uppsala
mais ne termine pas ses études et s'oriente vers
une carrière de journaliste. Ses trois mariages
ont été de douloureux échecs. Dans
la solitude où il se retrouve à l'issue
du premier, son équilibre mental est compromis
et il sombre dans l'alcoolisme. Après l'échec
de son second mariage, Strindberg traverse une profonde
crise spirituelle qu'il traduit dans Inferno
(1898) et qui l'amène à se convertir.
Il étudie alors la théosophie et écrit
une série de nouvelles historiques. L'uvre de
Strindberg est abondante: des romans dont La chambre
rouge (1879) qui fait scandale, un pamphlet (Le
royaume nouveau, 1882), des nouvelles (Mariés,
1884), des pièces de théâtre dont
Maître Olof (1872), Père
(1887), Mademoiselle Julie (1888). Il se met
aussi à écrire des uvres fantastiques,
expérimentales telles que La danse de mort
(1901) et Le songe (1902) ainsi qu'une autobiographie.
Strindberg est considéré comme un des
plus grands écrivains suédois. Son uvre
dérangeante est d'une intense cruauté
et d'un désespoir absolu. Par sa forme et par
sa pensée, elle annonce les uvres les plus audacieuses
de l'époque contemporaine.
Tchekhov, Anton Pavlovitch: écrivain et dramaturge
russe (1860-1904)
Petit-fils d'un serf libéré, il devient
médecin et subvient aux besoins de toute sa famille.
Il exercera cette profession jusqu'aux dernières
années de sa vie. Pour arrondir ses revenus,
il commence par écrire des récits comiques
et connaît rapidement du succès comme romancier
et nouvelliste (Récits bariolés,
1886; La steppe, 1888). Ses récits dépeignent
l'existence ennuyeuse en province, des vies absurdes,
sans signification. Tchekhov se tourne en même
temps du côté du théâtre et
signe sa première pièce: Ivanov
(1887) à Saint-Pétersbourg. Sa renommée
ne fait que croître. En 1890, il se retire sur
l'île de Sakhaline, où il étudie
les conditions sociales et rédige une thèse
sur sa propre expérience (L'île de Sakhaline,
1894). En 1892, il fait l'acquisition d'une maison de
campagne et se consacre totalement à la médecine
et à la philanthropie. La mouette essuie
un échec en 1896 pour rencontrer ensuite un éclatant
succès à Moscou en 1898. Il écrit
aussi Oncle Vania (1897). Atteint de tuberculose,
il se fait construire en 1899 une villa à Yalta
où les artistes et les écrivains les plus
célèbres lui rendent visite. Il y passe
alors ses hivers. Désormais célèbre,
il vend ses droits d'auteurs à l'éditeur
A.F. Marx, lequel publie sur-le-champ une édition
en dix volumes de ses uvres. Tchekhov continue à
produire de grandes pièces, dont Les trois
surs (1901), Les petits bourgeois (1901),
Les bas-fonds (1902) et La cerisaie (1903).
Les thèmes traités par Tchekhov appartiennent
tous à la même filiation: la solitude,
l'ennui et la monotonie existentielle, le choc du passé
avec celui de l'avenir. Le dramaturge considérait
ses pièces comme des comédies, regrettant
souvent la lourdeur avec laquelle elles étaient
mises en scène. Son théâtre rompt
avec une construction dramatique traditionnelle. Il
donne au silence et aux sous-entendus d'un dialogue
en apparence chargé de banalité une profondeur
psychologique que le théâtre ne connaissait
pas avant lui. Ni polémique, ni lyrique, ni tragique,
ses pièces sont toutes en demi-teientes. L'uvre
dramatique de Tchekhov, reflet d'une société
qui se trouvait au seuil d'un des plus grands bouleversements
de l'histoire, rejoint, par sa valeur de témoignage,
les chefs d'uvre du théâtre universel.
Tolstoï, Léon: romancier, conteur et
auteur dramatique russe (1828-1910)
Issu d'une famille noble et riche, il débute
des études à l'université de Kazan
qu'il abandonne pour se consacrer à l'exploitation
de ses propriétés terriennes en vue d'améliorer
le sort des paysans. Sa tentative se solde par un échec.
En 1851, il part dans le Caucase et fait l'expérience
rousseauiste de la nature. Quelques années plus
tard, il s'engage dans l'armée et participe à
la défense de Sébastopol qu'il traduit
dans ses fameux Récits de Sébastopol
(1854-1855). Puis il quitte l'armée et part
quelques années à l'étranger (Suisse,
France, Italie, Allemagne). De retour, il se met à
écrire sa grande uvre qui retrace la vie de plusieurs
familles durant l'invasion de la Russie par Napoléon:
Guerre et paix (1864-1869). Puis il s'attaque
à Anna Karénine (1873-1877). Ces
deux ouvrages lui donnent gloire et célébrité.
En composant Anna Karénine, Tolstoï abandonne
son athéisme vitaliste et découvre la
foi (orthodoxe). Après sa conversion qu'il décrit
dans Confession (1880), ses oeuvres deviennent
plus moralistes et Tolstoï condamnent non seulement
la guerre mais la violence, l'État, l'industrie,
le luxe. En 1899, il publie un long roman Résurrection
où, décrivant un amour coupable, il tire
une leçon de morale illustrée par l'Évangile.Idéaliste
et mystique, il tente de retrouver la charité
du christianisme primitif.
Twain (Samuel Langhorne Clemens, dit Mark): romancier
américain (1835-1910)
Il est considéré comme le premier
grand écrivain de l'Ouest des États-Unis
et le maître des romanciers qui désirent
faire «découvrir» l'Amérique
à travers ses paysages et son folklore. Les
Aventures de Tom Sawyer (1876) et Les Aventures
d'Huckleberry Finn (1884) se déroulent au
rythme du Mississipi que l'auteur connaît bien
pour y avoir grandi dans un village au bord du fleuve
et même pour avoir été pilote sur
le Mississippi (d'où il devait tirer son pseudonyme
qui signifie «deux brasses de profondeur»).
Twain a également été typographe
et chercheur d'or avant de se consacrer au journalisme
et à la littérature. C'est d'ailleurs
dans un journal que paraîtra La célèbre
grenouille sauteuse de Calaveras (1865). Son sens
de l'observation et son humour en ont fait un des grands
de la littéture américaine.
Van Vogt, Alfred E. (1912-)
Né au Canada, Van Vogt y passe les trente premières
années de sa vie avant de se marier et de déménager
aux États-unis. C'est à 14 ans, en lisant
un magazine de science-fiction, qu'il attrape la piqûre.
À 26 ans, il envoie un récit de science-fiction
à un magazine. Ainsi commence sa carrière
d'écrivain. Dans La faune de l'espace,
l'équipage d'un gigantesque vaisseau spatial
explore l'univers et affronte des monstres inquiétants.
À la poursuite des Slans raconte l'histoire
d'humains dotés de pouvoirs spéciaux et
traqués. Son roman le plus célèbre
est Le monde des A.
Valéry, Paul: poète et essayiste français
(1871-1945)
Paul valéry débarque à Paris
à la fin du siècle dernier. Il écrit
à Mallarmé qu'il a en très haute
estime, puis rencontre Gide, Degas, Léautaud
et plusieurs autres écrivains et artistes. Influencé
par Poe, Huysmans et Mallarmé, il écrit
de deux à trois cents poèmes - publiés
dans certaines revues symbolistes - jusqu'en 1892. Après
cette date, il troque la poésie pour la prose
et écrit de nombreux articles sur des sujets
variés, de l'art à la politique. En 1912,
poussé par André Gide, il entreprend Le
jeune Parque qu'il publiera finalement en 1917.
Ce long poème symboliste de 510 alexandrins e
consacre comme l'un des plus grands poètes français
vivants. Puis il signe coup sur coup Album de vers
anciens (1920) et Charmes (1922) qui comprend,
entre autres, le fameux «Cimetière marin».
Il publie aussi des récits en prose, des recueils
formés d'aphorismes, des essais et des études
littéraires, philosophiques, politiques et poétiques.
En 1922, Paul Valéry a écrit l'essentiel
de son uvre poétique.
Verlaine, Paul: poète français (1844-1896)
L'auteur des Poèmes saturniens (1866)
sera partagé toute sa vie entre le désir
d'une existence paisible de petit-bourgeois et le goût
des plaisirs, du vin et de la violence qui l'entrainèrent
hors des rails de la vie sociale (notamment lors de
ses scandaleuses amours avec Rimbaud). Mais c'est surtout
la douceur et la mélancollie qui caractérisent
cette poésie hantée par le souci de l'harmonie:
«De la musique avant toute chose», écrivait-il
en 1874, définissant ainsi à merveille
son propre Art poétique (1874).Le «prince
des poètes» est mort dans la misère
et terrassé par l'alcool. Outre ses Poèmes
saturniens, on lui doit Fêtes galantes
(1869), Romances sans paroles (1874), Sagesse
(1881), Les poètes maudits (1883), Jadis
et naguère (1884), Épigrammes
(1894).
Verne, Jules: écrivain français
(1828-1905)
Jules Verne partage avec l'Anglais H. G. Wells le
titre de «père de la science-fiction».
Verne n'est pas un scientifique. Il veut cependant informer
les gens des réalisations de la science. Avant
d'écrire un roman, il passe des heures à
la Bibliothèque nationale à étudier
la géographie, la physique et les mathématiques.
Jules Verne connaît bien les plus récentes
inventions de son époque: l'électricité,
l'ascenseur, le tourne-disque, le téléphone,
le sous-marin, etc. Les héros de ses romans utilisent
couramment ces inventions alors que les compatriotes
de Verne n'en ont encore jamais entendu parler. Voilà
pourquoi on a souvent dit de Jules Verne qu'il avait
prédit beaucoup d'inventions. C'est une exagération.
Il avait plutôt compris que des inventions encore
naissantes à son époque feraient un jour
partie de la vie quotidienne. Ses oeuvres pricipales
sont:Voyage au centre de la Terre (1864) et Vingt
mille lieues sous les mers (1870). La science-fiction
naît véritablement avec Jules Verne.
Viaud, Julien, dit Pierre Loti: écrivain français
(1850-1923)
Julien Viaud fut officier de la marine pendant plus
de quarante ans. Cette vie trépidante en mer
lui permit de signer des romans imprégnés
de souvenirs de voyages. Les harems de Turquie (Aziyadé),
les paysages luxuriants de l'Océanie (Rarahu),
la nature équatoriale (Le roman d'un spahi),
l'exotisme de l'Extrême-Orient (Madame Chrysanthème,
énorme succès qui inspirera Puccini pour
Madame Butterfly), la vie des pêcheurs
basques et islandais (Ramuntcho et Pêcheur
d'Islande) sont autant de cadres lointains qui inspireront
une uvre avant tout mélancolique, sensible et
impressionniste.
Villon, François de Montcorbier, dit: poète
français (vers 1431-vers 1463)
Recueilli très jeune par le chanoine Guillaume
de Villon, il fut mauvais étudiant à la
Sorbonne, joueur, querelleur, coureur de jupons, paillard
et meurtrier (au cours d'un rixe). Villon est délivré
de la pendaison grâce à la clémence
du roi Charles VII. Il échappa d'ailleurs plusieurs
fois à la mort jusqu'à ce qu'on perde
sa trace en 1463. Villon est le premier grand poète
français. Il a immortalisé la forme de
la ballade, très musicale, très rigoureuse.
Villon montre dans ses vers le plus grand cynisme, partagé
entre l'amour de la vie et la lucidité devant
la vanité du monde. Peu de poètes ont
vécu comme lui dans une telle intimité
avec la mort. La quasi-totalité de son uvre poétique
constitue ce qu'on appelle Les testaments (Petit
Testament et Le Grand Testament. Parmi
ceux-ci, citons: La ballade des pendus, La
balade des dames du temps jadis, Les regrets
de la belle Heaulmière. Son uvre fut l'une
des toutes premières uvres imprimées en
France.
Voltaire, François-Marie Arouet, dit: écrivain
français (1694-1778)
Voltaire est à la fois le plus fécond,
la plus brillant et le plus mordant des écrivains
du XVIIIe siècle. Après son collège,
il se fait vite remarquer par son esprit et son mordant.
Après un séjour en Angleterre, il publie
les Lettres philosophiques ou Lettres sur
les Anglais (1734) qui seront brûlées
par odre du Parlement de Paris. Il y vante les libertés
anglaises, attaque l'absolutisme et l'intolérance.
Après vingt ans d'une vie errante, il finit par
s'acheter un domaine à Ferney (1755) où
il devient un «prince de l'esprit» devant
lequel toute l'Europe défile. De Ferney partent
une multitude de libelles satiriques le plus souvent
signés de noms imaginaires, véritable
pluie de flèches contre le despotisme ou contre
l'Église. Jusqu'à sa mort en 1778, Voltaire
mènera une campagne acharnée contre l'arbitraire,
les iniquités judiciaires et l'intolérance.
Écrivain prolifique, il entretiendra au cours
de sa vie une correspondance de plus de 18 000 lettres.
La postériorité a surtout retenu ses contes
philosophiques (Zadig, 1747; Candide,
1759), ses essais historiques (Le siècle de
Louis XIV, 1751), son Dictionnnaire philosophique
(1764) et sonTraité sur la tolérance
(1763).
Wilde, Oscar Fingall O'Flahertie Wills: écrivain
et auteur dramatique anglais (1854-1900)
Né dans une famille aisée, il est
le fils d'un chirurgien et fait des études à
Oxford. Rapidement, il se signale pour sa beauté,
son élégance, son esprit fin et subtil.
Son théâtre (De l'importance d'être
constant, 1895; Une femme sans importance,
1893 et L'éventail de lady Windermere,
1892) met en scène la société anglaise
conventionnelle et son puritanisme en adoptant un humour
caustique et un ton qui se rapproche de celui de Marivaux.
Son unique roman Le portrait de Dorian Gray(1891),
qui traite du thème du double, est une sorte
de confession dont l'impudeur provoqua un scandale.
La dénonciation publique de ses murs homosexuelles
par le marquis de Queensberry, père de lord Alfred
Douglas, lui vaut l'emprisonnement à deux ans
de travaux forcés en 1895. Il écrira,
dans sa cellule, Ballade de la geôle de Reading
(1898). Cette affaire de murs a sonné le
glas à sa déchéanche et, après
l'expiration de sa peine, il se retirera en France dans
une tragique solitude.
Yeats, William Butler: poète et dramaturge
irlandais (1865-1939)
Né dans une famille protestante, il part
conquérir Londres en 1886 et publie des poèmes
empreints de romantisme. Les errances d'Ossian
(1889) s'inspirent de vieille légendes irlandaises.
Puis il se tourne vers le théâtre et compose
des drames en vers dont La comtesse Cathleen,
(1892) et surtout Deirdre (1907). Il deviendra
un des chefs de file de la renaissance celtique. Ses
pièces puisent à même le folklore
légendaire et sont habitées d'un grande
souffle poétique et mystique. Il reçoit
le Prix Nobel en 1923.
Zola, Émile: romancier français (1840-1902)
Né dans une famille modeste et orphelin très
jeune, Zola abandonne ses études et pratique
plusieurs métiers avant de se consacrer au journalisme
et à l'écriture. Admirable évocateur
de foules et descripteur du peuple, Zola développe
la théorie du roman naturaliste. Pour Zola, les
instincts, l'hérédité et les milieux
sociaux déterminent en grande partie l'être
humain. Cette doctrine éclaire ses romans, chacun
précédé d'une enquête sociologique
des milieux et les êtres qu'il décrit.
C'est là le dessein des 19 livres qui forment
le cycle des Rougon-Macquart et qui paraîtront
de 1871 à 1893: faire l'Histoire naturelle
et sociale d'une famille sous le Second Empire.
Parmi ses uvres marquantes, citons: Thérèse
Raquin (1867), L'assommoir (1877), Nana (1879)
et Germinal (1885).

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