Légende de Romulus et Rémus; la fondation de Rome

Amulius, roi d'Albe, persécutait son frère Numitor. La fille de ce dernier, Rhéa Silvia, ayant eu deux enfants, Romulus et Rémus, Amulius exposa les deux jumeaux sur le Tibre dans une corbeille d'osier. Le Tibre en crue emporta le berceau et le déposa sur une berge au pied de la colline du Palatin. Une louve, ayant perdu ses petits, découvrit les nouveaux nés. Reportant sur eux son instinct maternel frustré, elle les nourrit de son lait. 

Des bergers les découvrirent et les élevèrent. Devenus grands et vigoureux, ils vengèrent leur grand-père. Puis ils voulurent fonder une ville au bord du Tibre, à l'endroit même où le fleuve les avait rejetés et où ils avaient été miraculeusement sauvés. Ils demandèrent aux dieux de leur donner un présage pour indiquer lequel d'entre eux serait le fondateur. Rémus vit six vautours; Romulus en vit douze et décréta que les auspices lui étaient favorables. Rémus accepta. Mais lorsque Romulus traça avec une charrue un sillon autour de l'emplacement futur de Rome, interdisant à quinconque de la franchir, Rémus ne tint pas compte de son interdiction et sauta par-dessus le sillon. Romulus le tua en disant: «Ainsi meurt quiconque franchira mes murailles».  

Romulus attira dans sa ville les réfugiés chassés des villages voisins. Comme ils n'avaient pas de femmes à épouser, Romulus imagina une ruse. Il fit annoncer dans toute la contrée qu'on célèbrerait des jeux à Rome et il invita les Sabins, ses voisins. Pendant la fête, les hommes de Romulus enlevèrent les femmes des Sabins. Cette acte de violence provoqua une guerre sanglante entre les deux nations. Après avoir donné à sa ville ses premières lois, Romulus disparut mystérieusement pendant un orage.

Les Horaces et les Curiaces

Sous le règne de Tullus Hostilius (673-642 av. J.-C.), Rome déclara la guerre à Albe la Longue qui, jusque-là, avait été la plus grande ville latine. Le roi ennemi était Mettus Fuffetius. Il adressa aux Romains ce sage discours: «Nous savons tous que nos voisins, les Étrusques, guettent le moment propice pour nous soumettre, nous, peuples latins; cependant, nous sommes en train de nous disputer. Les Étrusques vont assister à notre combat comme à un beau spectacle et, quand ils nous verront affaiblis, ils se jetteront sur nous et nous écraseront sans peine. Pourquoi ne pas vider notre querelle en faisant combattre trois guerriers albains contre trois guerriers romains?» Ce raisonnement judicieux fut accepté. Rome désigna les trois frères Horace pour la représenter et Albe choisit les trois Curiaces.

Dès les premiers coups échangés, deux des trois Horaces tombèrent, frappés à mort. Des cris de victoire s'élevèrent du camp albain. Les Romains, atterrés, voyaient venir la défaite car les trois Curiaces n'étaient que blessés. Pour ne pas se battre contre les trois hommes à la fois, le dernier Romain fit mine de s'enfuir. Ses ennemis le poursuivirent mais leur course les sépara. Alors le  Romain fit volte-face et les affronta les uns après les autres. Au troisième, il lui donna le coup de grâce en disant: «J'ai immolé les deux premiers aux mânes de mes frères, j'abats maintenant le troisième pour que Rome prévale sur Albe la Longue».