Les climatologues font depuis longtemps leurs prévisions en utilisant l’an 2100 comme cible. Mais si on se mettait à écouter les experts d’autres disciplines, on mesurerait peut-être mieux l’impact à (très) long terme des gaz à effet de serre (GES)…

Déjà, en début d’année, trois chercheurs en géographie et en sciences de l’atmosphère avaient tenté une projection de la hausse du niveau des mers sur quelques siècles, sur la base des GES actuellement présents dans l’air. En 2015, une équipe internationale s’était risquée sur le terrain de ce que pourrait être une hausse du niveau des eaux « multi-millénaire », dans un scénario pourtant optimiste où l’humanité cesserait au 21e siècle de brûler des carburants fossiles. Ce que tendent à indiquer ces recherches et d’autres, c’est qu’une hausse du niveau des océans peut devenir à un moment donné — si ce n’est déjà fait — impossible à arrêter, de la même façon qu’un ballon continue de rouler longtemps après qu’on lui eut donné son élan : une fois passée un certain seuil, cette hausse se poursuit et pourrait mettre des siècles, voire des millénaires, avant de se stabiliser.

« Ce qu’il faut rapidement faire comprendre au public, résument les chercheurs californiens Rob Wilder et Dan Kammen, c’est l’immense inertie du système climatique. »