Avec leurs 4 milliards d’années, elles figurent parmi les plus vieilles roches connues de notre planète. Et déjà à cette époque, elles auraient peut-être abrité de la vie.

Si ça se confirme, ce sera la plus ancienne trace de vie détectée sur notre planète. Mais il en faudra plus pour convaincre les experts… parce que les annonces de « plus ancienne forme de vie » ont été nombreuses depuis les années 1980. Rien qu’en mars dernier, une découverte dans le nord du Québec, près de la baie d’Hudson, avait été datée de 3,77 milliards d’années. Cette fois-ci, c’est du nord du Labrador que des chercheurs japonais, fouillant entre 2011 et 2013 la formation géologique appelée Saglek, ont ramené des cailloux, vieux de 3,95 milliards d’années. Leur recherche est parue le 28 septembre dans Nature.

L’empreinte principale de ces hypothétiques bactéries consiste en un déficit de carbone-13 comparativement au carbone-12 : les organismes vivants préfèrent utiliser du carbone-12, avec pour résultat ce déficit, du moins selon l’interprétation qu’en font traditionnellement les chimistes. Mais les sceptiques allèguent, comme ils l’ont fait — parfois avec succès — lors de plusieurs des découvertes précédentes, que des roches aussi vieilles ont été tellement chauffées et déformées que toute trace, géologique ou autre, devient difficile à interpréter. Le Groenland, qui n’est séparé de cette partie du Labrador que par un détroit, abrite lui aussi des roches très anciennes, dont certaines ont elles aussi donné lieu à des annonces… qui font encore l’objet de débats.