Au début de l'année, un article paru dans le quotidien 'The Independent' de Londres, nous apprenait que l'Observatoire astronomique du Vatican, situé dans la résidence estivale du Pape à Castel Gandolfo depuis 75 ans, allait être démantelersous peu. La cause de ce démantèlement est de permettre au Saint-Père d'accueillir davantage de diplomates étrangers dans un environnement plus convivial.

Bien que les télescopes seront relocalisés dans un ancien couvent a proximité, plusieurs considèrent ce déménagement comme une rupture dans les relations intimes entre la papauté et les prêtres-astronomes qui existaient depuis plus d'un siècle. Évidemment, comme me l'a fait remarquer un collègue, à cause de la pollution lumineuse, il y a aujourd'hui probablement plus de chance de croiser un astronome jésuite dans un observatoire près de Tucson (AZ), que dans les jardins du Pape!

Cependant, pour plusieurs analystes de la scène du Vatican, le geste est hautement symbolique. Ainsi, selon eux, le déménagement est une nouvelle confirmation de l'attitude moins réceptive de Benoît XVI envers la science et les scientifiques - y compris ceux qui portent la soutane.

Le successeur de Jean-Paul II semble d'ailleurs de plus en plus s'éloigner des vues de l'ancien pape polonais. Considéré par plusieurs comme un pape conservateur, Jean-Paul II avait néanmoins accepté la théorie de l'évolution dans un discours prononcé en 1996. Au contraire, depuis son entrée en fonction, Benoit XVI a parlé favorablement de la "théorie" du dessein intelligent. En ce sens, il rejoint le point de vue d'un président américain bien connu...!

Dans ce contexte, il n'est pas surprenant d'apprendre que le discours que devait prononcer le Saint-Père à l'Université La Sapienza, à Rome, il y a quelques jours, ait été annulé suite aux pressions d'une soixantaine de professeurs de l'institution. Selon ces derniers, le discours aurait constitué un affront à la science et au caractère laïque de l'Université, en raison des "positions antiscientifiques" adoptées par l'Église catholique depuis le début du règne de Benoit XVI.

Évidemment, depuis Galilée, les relations conflictuelles entre la science et la papauté ne sont pas nouvelles. Cependant, elles ont certainement été plus harmonieuses pendant de longues périodes, comme en témoigne l'excellent livre de J.L. Heilbron, " The Sun in the Church - Cathedrals as solar observatories " (Harvard University Press) publié en 1999. Dans ce livre, l'auteur explique comment les églises ont été utilisées afin de mieux comprendre la mécanique du système solaire.

Tout comme l'auteur Yann Martel qui enrichit la bibliothèque de notre premier ministre sur une base régulière, il serait peut être souhaitable que quelqu'un signale l'existence de ce livre à Benoît XVI !