Une équipe internationale à laquelle participent trois astronomes québécois (Christian Marois - Institut d'astrophysique Herzberg, David Lafrenière - U. Toronto, et René Doyon - U. de Montréal) vient d'obtenir la première image d'un système planétaire semblable au système solaire. La description de ce spectaculaire résultat fait l'objet d'une publication dans le numéro le plus récent de la revue Science (13 nov 2008).

Dans mon billet du 15 septembre je discutai d'une découverte semblable obtenue par David Lafrenière. Comme je l'expliquais, le système en question montrait une planète potentielle en orbite à grande distance de son étoile (près de 10 fois la taille de notre système solaire). Cette fois-ci, il s'agit d'un système composé de trois planètes sur des orbites comparables à celles d'Uranus, de Neptune et de Pluton. Il s'agit donc d'un système très semblable au nôtre!

Les deux images qui suivent illustrent le système autour de l'étoile HR8799 ainsi qu'un portrait du système solaire à la même échelle. Il s'agit évidemment d'images destinées à des fins de publication grand public.

Sur la figure du système solaire on distingue Jupiter (en rouge) et Saturne (en jaune) près du Soleil (5 et 10 UA), ainsi qu'Uranus et Neptune (en bleu à 20 et 30 UA) de même que l'orbite elliptique de Pluton. Le disque rouge semi-transparent représente ce que les astronomes appellent la ceinture de Kuiper, c'est-à-dire la région ou se trouve les astéroïdes glacés, loins du Soleil.

La photographie de HR8799 (masquée au centre) montre trois planètes en orbite autour de leur étoile (à environ 1h, 5h, et 11h). Comme dans le système solaire, celles-ci sont situées à l'intérieur d'un disque de poussières (en rouge), probablement semblable à la ceinture de Kuiper. Les trois planètes ont des masses comprises entre 7 et 10 fois la masse de Jupiter.

Quoique semblable à notre système solaire, ce système planétaire est toutefois beaucoup plus jeune. L'étoile HR8799 est en effet âgée de 60 millions d'années plutôt que les 4,5 milliards d'années pour notre Soleil. Les planètes sont donc elles aussi très jeunes et encore suffisamment chaudes pour qu'on puisse les détecter dans le domaine infrarouge. Les chercheurs ont d'ailleurs volontairement ciblé des étoiles un peu plus massives que notre Soleil, et forcément plus jeunes et plus chaudes.

Ce n'est donc pas encore l'observation d'un "clone" de notre système solaire, ce dernier est trop vieux et ses planètes trop froides pour qu'on puisse les détecter avec une technique similaire à celle utilisée par cette équipe de chercheurs. Cependant, comme je le mentionnais dans un billet précédent, le jour n'est plus loin où l'on observera en direct des planètes comme la Terre en orbite autour d'autres étoiles.