En ces temps où le media bashing a la cote sur les blogues, il peut sembler périlleux de défendre le journalisme... sur un blogue!

« Le plus gros de ce qui se fait en journalisme scientifique est si mauvais que nous serions mieux s’il disparaissait », lançait en 2007 un scientifique blogueur anglophone dont nous tairons charitablement le nom. Comme beaucoup de ses collègues scientifiques depuis 2002-2003, et comme d’innombrables webmestres-cyberjournalistes avant lui, il est convaincu qu’un monde s’achève et qu’un autre va bientôt prendre sa place.

L’équation est évidemment trop simple. Historiquement, un média ne remplace pas l’autre. Mais il n’en demeure pas moins que l’équation contient une part de vérité : le journalisme scientifique s'est tant et si bien fait couper qu'il ressemble désormais à un camp retranché. Et les scientifiques peuvent difficilement être blâmé s’ils s’en réjouissent : ils connaissent très mal les médias. Ils croient les connaître, mais ils en ont souvent une image déformée, voire naïve.

Ils seront par exemple prompts à blâmer les journalistes pour le succès populaire des climato-sceptiques, en oubliant que, même si les médias de masse devaient disparaître du jour au lendemain, certains des plus habiles climato-sceptiques se transformeraient en des blogueurs extrêmement populaires.

Comment rejoindre leur public? Jadis, on se rassurait en se disant que celui-ci glânait un peu de science par les grands médias, mais plus l’auditoire se morcèle et plus il est urgent d’apprendre à raisonner autrement : ce sera un des buts de ce blogue.

Comment distinguer la « bonne » de la « mauvaise » science quand on n’a pas étudié en science? Jadis encore, on se rassurait en vantant Découverte et en dénigrant TQS, mais le succès des créationnistes « scientifiques » sur le web et le déficit flagrant de relations publiques des scientifiques, changent la donne.

Autrement dit, l’équation « science et médias » n’est plus la même. Et elle peut être fascinante à observer dans son évolution.

Où s’en va l’information scientifique dans les médias? Et quels médias? Quel sont les modèles dont pourraient s’inspirer les étudiants en journalisme ou en science? Quels sont les modèles qui préviendront la fuite de l’esprit critique, si les scientifiques et les institutions se mettent à un peu trop ne parler que d'eux-mêmes? Ce sont quelques-unes des premières questions auxquelles s’intéressera ce blogue. En espérant que les questions suivantes proviendront de vous!