Vincent jase de bananes. Qu'est-ce qui arrive lorsqu'on laisse l'industrie agroalimentaire en charge de la biodiversité? Quels sont les dangers de la monoculture? De quoi avaient l'air les bananes à l'époque de nos grands-parents?

Mon grand-père était agriculteur. Il possédait une toute petite ferme laitière, pas plus d’une vingtaine de vaches, dans le comté de Lotbinière. Mon grand-père n’était pas le seul, en fait c’est 50% de la population qui vivait directement de l’agriculture il y a 100 ans, contre moins de 20% aujourd’hui.

Alors que les générations suivantes ont migré vers les villes pour occuper des emplois beaucoup plus variés, c’est une partie de plus en plus petite de la population qui est responsable de nourrir l’ensemble de la société. L’agriculture a bien sûr beaucoup changé depuis l’époque de mes grands-parents, avec l’industrialisation des procédés et les avancées de l'agrochimie. Dans cette quête de toujours augmenter la productivité, tant la productivité par travailleur que celle par surface, l’industrie agroalimentaire a adopté plusieurs nouvelles pratiques, mais quels sont les impacts sur l’environnement et notre sécurité alimentaire ?

L’émergence de la monoculture, généralement pratiquée sur de très grandes fermes, comme modèle dominant entraîne son lot de problèmes. La monoculture, c’est de cultiver une seule espèce de plante à la fois, souvent dans des champs qui s’étendent à perte de vue. Certes, cette pratique est généralement plus productive, mais elle nécessite plus d’engrais pour contrer l’appauvrissement des sols ; elle est aussi plus vulnérable aux maladies et aux insectes .

Les impacts environnementaux sont souvent énormes, mais il faut aussi considérer l’impact que ce mode d’agriculture a sur notre sécurité alimentaire. Pour bien illustrer mon propos, commençons par deux petites questions. Premièrement, combien de variétés de pommes connaissez-vous ? Facile. Maintenant, combien de variétés de bananes pouvez-vous nommer ? Moins évident. En effet, la Cavendish, la banane iconique que l’on trouve dans toutes les épiceries, représente la grande majorité de la production mondiale. Ce flagrant manque de biodiversité en rend la culture particulièrement fragile aux maladies. D’ailleurs, le « Panama disease », un champignon qui s’attaque aux racines des bananiers, se répand actuellement comme une traînée de poudre dans les plantations à travers le monde. La recherche de gains de productivité à court terme est-elle en train de rattraper l’industrie agroalimentaire ? Pour en savoir plus sur les dangers de la monoculture, je vous invite à visionner cette vidéo!