La semaine du libre accès (Open access week), qui vient d’avoir lieu, est un événement annuel qui, depuis 2009, traduit une volonté occupant de plus en plus de place dans le monde scientifique: celle de rendre les travaux accessibles au plus grand nombre. C'est le sujet de notre émission cette semaine.

 

La progression de cet accès libre aux travaux scientifiques est peut-être trop lente pour certains, mais le mouvement a fait des pas de géants depuis les modestes efforts d’autopublication des chercheurs dans les années 1990.

Mettre un document en « accès libre » signifie qu'on le rend intégralement et gratuitement accessible au plus grand nombre. Cela peut prendre deux formes:

 

  • des revues qui rendent leurs articles directement et immédiatement accessibles au public
  • ou un libre accès par auto-archivage: les auteurs déposent des copies de leurs articles sur un compte d’archive ouverte.

 

Et ce n’est pas plus compliqué que cela: “Complexifier le libre accès, c’est une stratégie des grands groupes, nous dit notre premier invité, Yves Gingras, pour qui le libre accès renvoie en fait aux origines de la science moderne.

 

Le libre accès, c’est typique de la recherche scientifique: cette idée de la République des lettres, qui vise à faire connaître les savoirs... Et qui a été détruite par ceux qui ont intérêt à transformer la connaissance en marché. - Yves Gingras

 

Aujourd’hui, s’est greffé à l’accès libre un phénomène que l’on n’attendait pas : la prédation d’articles scientifiques de la part d’éditeurs mal intentionnés. La Commission commerciale des États-Unis a déposé une plainte de harcèlement contre le groupe dOMICS, basé en Inde. Celui-ci possède de nombreuses revues en libre accès et a acquis la réputation de solliciter les auteurs pour qu’ils publient dans ses pages, puis leur demander de l’argent pour cette publication. Comment lutter contre ce phénomène qui joue sur la pression à publier à laquelle sont soumis les chercheurs?

Et il y a le cas du géant de l'édition scientifique, Elsevier. Celui-ci a par exemple attaqué la plateforme scientifique pirate Sci-Hub, accusant les moteurs de recherche d'articles en libre accès d'accéder illégalement aux comptes d'étudiants et d'institutions pour contourner les « murs payants » de la plateforme d'Elsevier.

Mais Elsevier est-il vraiment opposé à l’accès libre? Nos deux invités en doutent:

 

Ce qu’essaient de faire les grands éditeurs comme Elsevier, ce n’est pas empêcher le libre accès, c’est se l’approprier pour s’en faire un revenu. - Jean-Claude Guédon

 

Les invités d’Isabelle Burgun:

- Jean-Claude Guédon, professeur de littérature comparée à l'Université de Montréal, membre de l'Internet Society et membre de l'Association francophone des utilisateurs de logiciels libres depuis sa création. Il a publié plusieurs livres sur le libre accès. Yves Gingras, communicateur et chercheur prolifique. Titulaire de la Chaire de recherche en histoire et en sociologie des sciences. Il est également le cofondateur de l’Observatoire des sciences et des technologies attaché au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST)

Écoutez l’émission en cliquant sur le lien ci-contre (à gauche) ou en vous abonnant sur iTunes.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13h, sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche: Matthieu Fannière. Vous pouvez également nous écouter le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal), sur ChOQ-FM (Toronto) CIBO-FM (Senneterre), CJMD (Lévis) et vous abonner sur iTunes.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.