La recherche de vie extra-terrestre: Europe

1. Une présentation de Jupiter et de sa lune Europe


Europe -en anglais, Europa- avant d'être un continent, était une déesse grecque de l'Antiquité. Une déesse qui, comme beaucoup d'autres, tournait autour du chaud lapin qu'était Zeus (rebaptisé, chez les Romains, Jupiter). Il parut donc tout à fait approprié, lorsqu'on découvrit des lunes tournant autour de Jupiter, de baptiser l'une d'elles Europe.

  • Un survol de Jupiter
  • Jupiter et ses 16 lunes
  • Une présentation d'Europe
  • Quelques liens pour en savoir plus

  • Un survol de Jupiter

     

     JUPITER

     TERRE

     Distance du Soleil  778 millions de km.  149 millions de km.
     Diamètre à l'équateur  142 984 km.  12 756 km.
     Nombre de lunes  16  1
     Caractéristique  Planète gazeuse  Planète rocheuse

    Comparer Jupiter et la Terre, c'est comme comparer un melon et... un petit pois!


    Jupiter est la cinquième planète par ordre d'éloignement du Soleil (après Mercure, Vénus, la Terre et Mars) et la plus grosse: 142 984 km de diamètre (à l'équateur). La Terre pourrait y entrer 318 fois!

    Depuis la Terre, Jupiter est le quatrième objet le plus brillant dans le ciel, après le Soleil, la Lune, Vénus et Mars. Elle est connue depuis les temps préhistoriques, et a souvent été associé dans la mythologie à un dieu important: chez les Grecs (sous le nom de Zeus) et les Romains, c'était le roi des dieux, le gardien des cieux. En 1610, Galilée, l'inventeur du télescope, lui découvrit quatre lunes.

    Depuis 1979, on sait également qu'elle possède un anneau (ci-contre, un croissant de Jupiter, et son anneau): très fin, et pas du tout visible avec un télescope depuis la Terre, au contraire des anneaux de Saturne. Ce n'est pas un phénomène unique: au cours des années 80, la sonde Voyager 2 a successivement découvert des anneaux autour d'Uranus et de Neptune: il semble que ce soit un phénomène intrinsèquement lié aux planètes géantes, bien qu'on n'en comprenne pas encore tout à fait la raison. L'hypothèse la plus couramment admise est que ces anneaux sont le résultat de la désintégration de lunes qui se seraient trop approchées de la planète, et auraient été réduites en miettes par l'immense force gravitationnelle.

    C'est une planète gazeuse: autrement dit, une boule composée de plusieurs "couches" de gaz superposées, comme les différentes couches d'un oignon. Les bandes de couleur que nous voyons, incluant l'immense tache rouge (ci-contre), qui pourrait à elle seule contenir deux Terre, et qui semble avoir à peine varié depuis sa découverte il y a 300 ans, constituent donc le sommet de la "couche supérieure". On connaît très peu de choses sur les mécanismes climatiques qui gouvernent ces bandes de couleur.

    Jupiter est composée à 90% d'hydrogène et à 10% d'hélium, avec des traces de méthane, d'eau et d'ammoniaque. Ces composants (qu'on semble retrouver dans les mêmes proportions du côté de Saturne) sont aussi ceux du système solaire au moment de sa formation, et il est possible qu'une meilleure connaissance de la composition de Jupiter nous en apprenne beaucoup sur les origines de notre système solaire.

    La sonde Galileo, avant de se mettre en orbite autour de Jupiter en décembre 1995, a largué un engin qui a retransmis pour la première fois des images de "l'intérieur" de la planète -si l'on peut dire: l'engin, pendant une heure, n'a eu le temps que de pénétrer la couche supérieure. Mais ce fut suffisant pour renvoyer des montagnes de données sur lesquelles les spécialistes n'ont pas fini de se pencher.

    La présence d'eau dans ce mélange n'est pas étonnante: l'eau est un matériau abondant dans le système solaire, comme en témoignent les comètes, ces "boules de neige sales". Et l'eau -sous forme de glace, évidemment- semble se retrouver en abondance dans les parages de Jupiter: son anneau est probablement composé en majeure partie de blocs de glace, et au moins deux de ces lunes contiennent de grandes quantités de glace.

    Il est possible qu'il n'y ait même pas de surface solide au centre de Jupiter -mais même s'il y en a une, la pression causée par ces "couches" superposées sur des milliers de kilomètres serait telle que cette surface nous serait à jamais inaccessible.

    Mais si Jupiter n'offre pas d'endroit où se poser, elle a par contre tout un univers autour d'elle. Un système solaire en miniature. On lui connaît pour l'instant 16 lunes, et si la plupart ne sont que de morceaux de roche sans intérêt, les plus grosses sont des mondes en soi.

    Jupiter et ses 16 lunes

    Les quatre plus grosses lunes ont été découvertes en 1610 par Galilée et portent aujourd'hui le nom de "lunes galiléennes": ce sont, par ordre de grandeur, Ganymède, Io, Europe et Callisto.

    Certaines des petites lunes de Jupiter, en particulier les plus éloignées, pourraient être des astéroïdes "temporairement" capturés par Jupiter, et qui pourraient reprendre leur "liberté" après quelques millions d'années. Il est fort probable que nous ne connaissions pas encore toutes les lunes de Jupiter, et que le total soit un jour bien supérieur à 16.

    Jupiter exerce une puissante pression sur ses lunes: c'est l'effet de marées, semblable à celui qu'exerce la Lune en tournant autour de la Terre, mais multiplié par quelques millions! En "tirant" et en "poussant" sur ses lunes, Jupiter en vient non seulement à modifier petit à petit leurs orbites, mais -c'est une théorie récente- à remodeler leur surface.

    Dans les faits, cela se traduit, non pas par une surface mouvante -après tout, c'est de roc, dont nous parlons ici, et non pas d'eau- mais par une activité tectonique -tremblements de terre- et volcanique. Io est ainsi secouée en permanence, et sur toute sa surface, par des dizaines d'éruptions volcaniques: un cas unique dans tout le système solaire. Elle constituera sans doute un objet d'étude passionnant pour les géologues du XXIe siècle.

    Là où le mystère subsiste, c'est dans le fait que seule Io semble affectée -du moins, à cette échelle: il n'est pas impossible qu'il y ait une activité volcanique sur Ganymède ou Callisto, mais si tel est le cas, elle est très discrète. Quant à Europe, il est difficile de se prononcer en raison de l'épaisse couche de glace qui la recouvre. Mais tous les espoirs autour d'une forme de vie sur Europe reposent sur l'hypothèse suivant laquelle cette lune serait elle aussi secouée par une intense activité tectonique et volcanique (voir plus bas).


    Io. Un monde à l'image de l'Enfer.

    Les lunes de Jupiter

       Distance de Jupiter  Diamètre  Découverte
     Métis  128 000 km  20 km  1979
     Adrastée  129 000 km  10 km  1979
     Amalthée  181 000 km  98 km  1892
     Thebe  222 000 km  50 km  1979
     Io  422 000 km  1815 km  1610
     Europe  671 000 km  1569 km  1610
     Ganymède  1 070 000 km  2631 km  1610
     Callisto  1 883 000 km  2400 km  1610
     Léda  11 094 000 km  8 km  1974
     Himalia  11 480 000 km  93 km  1904
     Lysithée  11 720 000 km  18 km  1938
     Elara  11 737 000 km  38 km  1905
     Ananke  21 200 000 km  15 km  1951
     Carme  22 600 000 km  20 km  1938
     Pasiphae  23 500 000 km  25 km  1908
     Sinope  23 700 000 km  18 km  1914

    Quelques données sur Europe


    On parle de plus en plus d'Europe depuis deux ans, mais dans les faits, ce qu'on sait d'elle se résume encore à peu de choses: beaucoup d'espoirs, des tonnes de spéculations, mais très peu de faits.

    Bien que découverte en 1610, elle est demeurée pendant plus de trois siècles et demi sous la forme d'un simple point blanc dans les télescopes et les encyclopédies. On imaginait alors que toutes les lunes du système solaire ressemblaient à notre Lune: des rochers nus et désolés, parsemés de cratères.

    En 1979, on apprit avec surprise qu'Europe était recouverte d'une immense couche de glace. On s'aperçut qu'Io, la lune voisine, était secouée en permanence par d'intenses éruptions volcaniques.

    A partir de là, les auteurs de science-fiction -et une bonne légion de scientifiques- se mirent à phantasmer.

    Europe est la quatrième plus grosse lune de Jupiter, par ordre de grandeur (c'est donc la plus petite des quatre lunes découvertes par Galilée). Avec ses 1569 km de diamètre, elle est légèrement plus petite que notre Lune.

    D'un point de vue géologique, Europe et Io sont d'une composition similaire aux planètes rocheuses, dont la Terre: essentiellement de la roche de silicate. La densité d'Europe par contre, inférieure à celle de la Lune, et de loin inférieure à celle de la Terre, indique qu'elle ne possède probablement pas de noyau de métal, comme la Terre (ou du moins, pas aussi imposant que celui de la Terre).

    Mais c'est sa surface qui attire l'attention depuis 1979. Elle est traversée d'un réseau inextricable de lignes sombres, comme s'il s'agissait d'une banquise. Les photos prises depuis par le télescope spatial Hubble, la sonde Ulysse et surtout, depuis décembre 1995, par la sonde Galileo, n'ont fait que renforcer cette hypothèse.

    Ce qu'on sait en tout cas, c'est que cette lune est emprisonnée dans une épaisse gangue de glace, qui pourrait faire jusqu'à 100 km d'épaisseur. Quant à savoir si cette gangue est composée de glace gelée dur tout du long, ça, c'est une autre histoire.

    Des observations effectuées fin-94 avec le télescope spatial Hubble démontrent qu'Europe a une très mince atmosphère d'oxygène: de très loin insuffisante pour pouvoir y respirer, mais assez pour intriguer encore plus les planétologues. C'est la 3e lune dans notre système solaire où une atmosphère est détectée, après Titan (une lune de Saturne) et Triton (une lune de Neptune).


    Quelques liens pour en savoir plus

    L'article "Jupiter" sur le site The Nine Planets

    L'article "Europe" sur le site The Nine Planets
    N'a pas été remis à jour en fonction des toutes dernières découvertes de la sonde Galileo.

    Europa
    A l'intérieur d'un site américain sur les satellites galiléens. Un peu court.

    Images de Jupiter et de ses lunes


    Pour en savoir plus sur la possibilité de vie sur Europe: tournez la page...

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    La recherche de vie extra-terrestre: la piste "europienne"

    * 1. Europe et Jupiter: une présentation

    2. Europe: le rêve d'un océan sous la glace

    3. Dernières nouvelles d'Europe



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    Dernière modification: 26 novembre 1997