La recherche de vie extra-terrestre: Europe

2. Y a-t-il un océan sous la glace?

 

En 1979, la sonde américaine Voyager 1 donnait un coup de balai dans les vieilles théories des planétologues sur Jupiter et ses lunes, et lançait un pavé dans la mare de la science-fiction.

Elle venait de découvrir, là où personne n'aurait cru cela possible, tout autour d'une lune qu'on appelait Europe, une immense couche de glace, faisant possiblement jusqu'à 100 km d'épaisseur. Une couche de glace qui cachait peut-être, peut-être, peut-être, un océan.

Dès ce moment, cette lune, cette Europe (en anglais, Europa), se transformait d'un endroit d'intérêt secondaire en un monde où, dans tout le système solaire, les chances de trouver de la vie étaient les plus élevées -peut-être plus élevées encore que sur Mars.


Pourquoi un océan?

 

La première révélation était en fait venue de la lune voisine, Io (ci-contre, Io et Europe, face à Jupiter). A la surprise générale, les sondes spatiales Voyager y avaient révélé une activité volcanique inattendue, là où on n'aurait cru trouver qu'une lune morte -comme notre propre Lune.

Et ce qui était plus important, une activité volcanique qui semblait ne jamais prendre fin: on venait d'y détecter une dizaine d'éruptions simultanées! Ce que cela signifiait, c'était que le sol d'Io devait être un véritable enfer, continuellement remodelé: Jupiter, avec sa force d'attraction titanesque, "tirait" et "poussait" tant et si bien sur Io qu'il provoquait sur sa surface un mouvement de marées. D'où, séismes à répétition, surface "mouvante", et volcans.

Et si la même chose se produisait sur Europe se demanda-t-on aussitôt? Les Terriens que nous sommes n'en sauraient rien, puisque cette activité volcanique nous serait dissimulée par l'imposante couche de glace. Mais cette activité produirait suffisamment de chaleur pour faire fondre la "couche" inférieure de glace. Donc, pour créer un océan. Bref, de l'eau, et non de la glace.

Et là où il y a de l'eau, la vie est possible...


La surface glacée d'Europe, survolée par la sonde Galileo
le 20 février 1997. Cet entrecroisement de lignes est-il la marque d'une
banquise qui se fait et se défait sous l'action d'une masse d'eau, quelques kilomètres plus bas?
Plusieurs scientifiques le croient.

 

Depuis décembre 1995, la sonde Galileo a envoyé des photos d'Europe qui n'ont fait que renforcer la thèse d'un océan. Le télescope spatial Hubble a également ajouté quelques pierres à l'édifice. Pour plus de détails, tournez la page.


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Une revue de presse permettant de distinguer l'essentiel du superficiel. Pourrait-il y avoir de la vie sur ce monde de la taille de la Lune?


Cette page a été créée le 13 mai 1997 par l'Agence Science-Presse.

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