
Depuis l'annonce de la première découverte d'une
planète tournant autour d'une autre étoile, en octobre
1995, les annonces du même type se sont multipliées
-et avec elles, les inévitables déclarations du
genre: "hum, bon, désolé, mais tout bien réfléchi,
la planète dont nous avions annoncé la découverte
il y a six mois n'en était pas vraiment
une".
On trouve sur Internet de nombreux tableaux, qui se contredisent parfois entre eux, et le total de planètes découvertes varie suivant le magazine de vulgarisation scientifique que l'on lit. Certains errent, parce qu'ils ont comptabilisé à tort les "compagnons" présumés de pulsars; d'autres, parce qu'ils ne s'entendent pas sur la distinction à faire entre naines brunes et planètes géantes.
Le tableau qui suit constitue une synthèse des données les plus sûres. Il s'appuie sur les répertoires qui constituent à ce jour, les sources les plus cohérentes.
On trouvera aussi plus bas un rappel des "autres découvertes", qui ont elles aussi leur importance dans cette quête: les compagnons de pulsars et surtout, les disques de poussière entourant une étoile.
| Nom de l'étoile | Distance planète-étoile (Terre-Sol:1) | Masse de la planète (Jupiter=1) | Distance entre l'étoile et nous | Découverte | Débats |
| 51 Pegasi | 0,05 | 0,5 | 50 années- lumière | Octobre 1995 | |
| 47 Ursus Major | 2,1 | 2,4 | 45,9 a.l. | Janvier 1996 | |
| 70 Virginis | orbite excentrique | 6,6 | 59 a.l. | Janvier 1996 | |
| Upsilon Andromède | 0,054 | 0,7 | 53,8 a.l. | Juin 1996 | |
| 55 Cancri | 0,11 | 0,8 | 43,7 a.l. | Avril 1996 | Possibilité d'un 2e "compagnon" |
| Rho Corona Borealis | 0,23 | 1,1 | 54,4 a.l. | Mars 1997 | |
| 16 Cygnus B | 0,6 à 2,7 | 1,5 | env. 72 a.l. | Nov. 1996 | |
| Tau Bootis | 0,05 | 3,8 | env. 49 a.l. | Juin 1996 | |
| HD 114762 | orbite excentrique | 10 ou plus | 91 a.l. | 1989 ? | Planète ou naine brune? |
| Gliese 876 | 0,20 | 1,86 | 15 a.l. | Juin 1998 | Notre plus proche voisine, jusqu'ici. |
| Hercule 14 | 2,5 | 3 ,3 | 51 a.l. | Juin 1998 | |
| HD195019 | 0,06 | 3,51 | 60 a.l. | Novembre 1998 | |
| HD217107 | 0,03 | entre 1,27 et 4 | 60 a.l. | Novembre 1998 | Possibilité d'une deuxième planète |
| Gliese 86 | 0,05 | 4,9 | 35 a.l. | Novembre 1998 | Etoile naine. |
| HD 75289 | 0,02 | 0,42 | 87 a.l. | Février 1999 | |
| HD187123 | 0,02 | 0,5 | 150 a.l. | Février 1999 | Etoile double |
| HD210277 | environ 1,2 | 1,3 | 66 a.l.? | Janvier 99 | |
| iota Hor | 0,8 | 2,2 | 56 a.l. | Juillet 1999 | Possibilité d'autres planètes |
| HD12661 | 0,7 | 2,8 | 115 a.l. | ||
| GJ3021 | 0,3 | 3,32 | 52 a.l. | Décembre 1999 | |
| HD168443 | 0,15 | 5 | 100 a.l. | Novembre 1998 | |
| HD 89744 | 0,7 | 7,2 | 120 a.l. | Décembre 1999 | |
| HD 10697 | 2,8 | 6,6 | a.l. | Automne 1999 | Orbite équivalente à "notre" Jupiter |
| HD222582 | 1,6 | 5,4 | 125 a.l. | Automne 1999 | |
| HD 134987 | 0,7 | 1,58 | 75 a.l. | Automne 1999 | |
| HD177830 | 1,08 | 1,28 | 171 a.l. | Automne 1999 | Une des rares que l'orbite met dans la zone "habitable" |
| HD37124 | 0,4 | 1,13 | 99 a.l. | Automne 1999 | |
| HD209459 | 0,01 | 0,7 | 142 a.l. | Septembre 1999 | Première planète détectée grâce à son ombre |
| HD192263 | 0,08 | 0,75 | 60 a.l. | Octobre 1999 | |
| HD130122 | 0,03 | 1,08 | 90 a.l. | Janvier 2000 |
Note pour les initiés: Ce tableau s'appuie sur l'argument selon lequel un
corps céleste dont la masse est de plus de 13 fois celle
de Jupiter doit être classé parmi les naines
brunes, et non les planètes. C'est la raison pour laquelle
certaines des découvertes annoncées depuis octobre
1995 ne se retrouvent pas dans ce tableau. Pour plus de détails
sur la distinction entre naines brunes et planètes, on
peut revenir à la page précédente: Est-on
vraiment sûr que ce sont des planètes?

Il ne faut jamais perdre de vue que la recherche de planètes extra-solaires remonte à des décennies. Certains astronomes y ont consacré en vain toute leur carrière. Pendant tout ce temps, les fausses joies ont été nombreuses.
Les annonces selon lesquelles tel ou tel chercheur avait découvert une planète autour d'une étoile ont surgi périodiquement au cours des années 70 et 80. Celui-ci et celui-là avait vu "son" étoile occultée périodiquement par "quelque chose" qui passait entre elle et nous. La solution sautait aux yeux: ce quelque chose, c'était une planète!
Malheureusement,
on sait aujourd'hui qu'il s'agissait plutôt d'immenses disques
de gaz, de poussière, de cailloux, de météorites
et de gros astéroïdes. Toute cette matière,
ce sont des planètes en train de se former.
Ces disques de matière ne confirment donc pas l'existence de planètes, mais leur découverte n'en est pas moins importante, puisqu'elle confirme la justesse des théories en vigueur sur la façon dont se forment les planètes. La plus intéressante candidate à ce titre est, depuis 1983, une étoile appelée Beta Pictoris (ci-contre, coloriée artificiellement à l'ordinateur pour faire ressortir son disque).
On trouve par la force des choses ces disques de matière autour d'étoiles jeunes. Par exemple, si quelqu'un avait observé notre système solaire il y a 4 milliards et demi d'années, c'est probablement ce qu'il aurait vu: une étoile jeune, le Soleil, entourée d'un immense disque de matière: promesse de merveilles à venir...
L'attention des astronomes se porte en conséquence vers les "pouponnières d'étoiles", comme la nébuleuse d'Orion (photo ci-haut), là où une grande concentration d'étoiles jeunes augmente d'autant les chances de découvrir des disques de matière -et peut-être, qui sait, des indications supplémentaires sur ces premiers temps de l'histoire de notre propre système solaire.
Enfin, il subsiste des énigmes. Celle
des naines brunes est abordée ailleurs. Celle des pulsars provoque de son côté
des moues perplexes. Des "compagnons" ont effectivement
été détectés tournant autour de pulsars:
l'un d'eux, au nom très original de PSR1257+12, aurait
trois compagnons à lui seul, tous détectés
longtemps avant qu'ait été annoncée la première
découverte d'une planète extra-solaire, 51 Peg,
en octobre 1995. Pourquoi alors ne les compte-t-on pas parmi les
planètes dans notre tableau ci-haut?
C'est qu'un pulsar n'est pas une étoile ordinaire. C'est un résidus issu d'une étoile qui a explosé -une supernova- et qui tourne sur lui-même à une vitesse hallucinante. Il est possible que les "compagnons" de ces pulsars, au lieu d'être des planètes, soient eux aussi des résidus de cette explosion titanesque, explosion qui constitue la phase finale de la vie de toute étoile, et sur laquelle nous connaissons encore très peu de choses.
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Dernière modification: 18 février 2000