Ils habitaient une maison en piliers de cristal sur la planète
Mars, au bord d'une mer vide et, tous les matins, on pouvait voir Mme K.
manger les fruits d'or qui poussaient aux murs de cristal, ou nettoyer la
maison avec des poignées de poudre magnétique qui, après
avoir attiré toute la poussière, s'envolait dans le vent chaud.
L'après-midi, quand la mer fossile était chaude et inerte,
les arbres à vin immobiles dans la cour, la lointaine petite ville
martienne refermée sur elle-même et nul habitant ne mettant
le nez dehors, on voyait M. K. lui-même, dans sa chambre, lire un
livre de métal aux hiéroglyphes saillants qu'il effleurait
de sa main. Et, du livre, s'élevait une voix chantante, une douce
voix ancienne qui racontait des histoires évoquant le temps où
la mer roulait des vapeurs rouges sur ses rives, où les ancêtres
avaient jeté dans la bataille des nuées d'insectes métalliques
et d'araignées électriques.
Ray Bradbury, Chroniques martiennes
De tout temps, Mars a fasciné les Terriens. Sa couleur rouge en fit le dieu de la guerre dans l'Antiquité. Les premiers utilisateurs de télescopes y virent une petite soeur de la Terre. L'Américan Percival Lowell, en lançant, il y a un siècle, l'idée des "canaux" de Mars, n'inventa donc rien: il se contenta de voir là-bas ce qu'il voulait bien voir -et ce qu'en fait, depuis déjà quelques décennies, de très nombreuses personnes voulaient voir.
De H.G. Wells avec sa
Guerre des mondes à Edgar Rice Burroughs avec sa pulpeuse Princesse
de Mars, en passant par des nuées de films
de deuxième et troisième ordre, les Martiens passèrent
dans l'imagination populaire. A tel point que les mots "extra-terrestre"
et "Martien" étaient devenus synonymes.
Et ce, en dépit des données scientifiques qui s'accumulaient et qui contredisaient de plus en plus la vision qu'avait eu, une nuit de l'été 1894, le diplomate bostonnais Percival Lowell.
L'arrêt de mort des légendes martiennes allait venir de la
sonde Mariner 4 qui, en 1965, devint le premier engin à survoler
la planète rouge. Devant des millions d'yeux déçus
apparurent alors les premières images rapprochées de notre
voisine: des images montrant un monde mort, sans verdure, sans rivières,
sans couleurs autres que celle de la pierre, balayé par de gigantesques
tempêtes de sable.
Le coup de grâce fut donné par les deux sondes américaines
Viking qui, en 1976, se posèrent sur Mars.
Mars était un monde mort. Il l'était depuis des centaines
de millions, peut-être des milliards d'années. Il n'était
même pas sûr qu'il ait jamais abrité de la vie.
Et pourtant... Les sondes Viking avaient trouvé dans son sol stérile tous les composants nécessaires. Comme si la chimie de la vie était là, enfouie dans le sol martien, prête à démarrer. Ou à redémarrer.
La planète
Mars dans la culture populaire
Une excellente page (en anglais) avec un bon texte et de nombreux liens
Mars in Fiction
Répertoire par auteurs. Bien fait mais un peu court.
* 1. Mars la légendaire
3. La météorite martienne: son histoire
4. Dernières nouvelles: Y a-t-il de la vie sur Mars?
Les radio-télescopes: à l'écoute
de civilisations extra-terrestres
(à venir en septembre 98)
La recherche de formes de vie
étrangères... sur notre propre Terre
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Cette page a été créée le 23 mai 1997 par l'Agence Science-Presse.