Ceux qui ont suivi ces découvertes depuis octobre 1995 (voir le tableau des découvertes) savent que ce qu'on a découvert jusqu'ici se résume à des planètes géantes: des planètes de la taille de Jupiter, la plus grosse planète de notre système solaire, dont la masse fait 318 fois celle de la Terre. Et même des planètes encore plus grosses que Jupiter!
Pourquoi uniquement des planètes géantes? Eh bien, parce que nos instruments ne sont pas encore assez puissants. C'est bien beau de dire qu'on peut "détecter" les oscillations qu'une planète entraîne chez son étoile, mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Ces oscillations sont de l'ordre de celles que causerait sur vous une puce si vous la faisiez tourner au bout d'une ficelle!
Autant dire qu'on a pas mal plus de chances de détecter d'abord les oscillations causées par les très grosses puces...
Un astronome situé à 40
années-lumière d'ici et disposant de la même technologie
que nous pourrait, en ramassant des données étalées
sur plusieurs années, détecter la présence de Jupiter.
Mais pour détecter le poids-plume qu'est la Terre, il lui faudrait
avoir atteint un niveau technologique plus avancé que le nôtre.
Un niveau technologique qui n'est toutefois pas hors de notre portée,
et que nous atteindrons vraisemblablement dans
25 ans.
En attendant, est-on sûr que les "compagnons" d'étoiles
qu'on a détectés jusqu'ici sont bel et bien des planètes?
Eh bien pas tout à fait. En fait, le caractère
inattendu de ces découvertes -plus grosses que ce à quoi
on s'attendait, et anormalement proches de leur étoile- a obligé
à repenser les théories sur un corps céleste que personne
n'a encore vu, mais dont on soupçonne l'existence depuis des décennies:
la naine brune.
Une naine brune, c'est une "étoile qui ne s'est pas allumée". C'est donc une boule de gaz, comme notre Soleil, mais beaucoup plus petite, et qui ne brille pas -voilà pourquoi on n'en a pas encore vues. Il fut un temps où on qualifiait Jupiter elle-même "d'étoile qui ne s'est pas allumée": après tout, Jupiter est elle aussi une boule de gaz, et partage certaines caractéristiques avec le Soleil. Mais on sait maintenant que Jupiter n'est même pas passée près de devenir une étoile: pas assez puissant, pas assez gros, pas assez de "carburant".
Pour en savoir plus sur les naines brunes Brown
dwarfs Brown
dwarfs home page |
Une naine brune, une vraie, doit donc être beaucoup plus grosse que Jupiter. Grosse comment? Voilà la question qui est devenue beaucoup plus complexe que prévu depuis octobre 1995. A l'époque, on disait que les plus petites des naines brunes devaient tout de même totaliser 60 fois Jupiter. Aujourd'hui, ceux qui répertorient les découvertes de planètes extra-solaires commencent à dire qu'à partir de 13 fois Jupiter, on peut classer le machin parmi les naines brunes. Mais cette distinction est arbitraire: à notre connaissance, il ne se produit pas quelque mystérieux phénomène lorsqu'on passe de "12 fois Jupiter" à "13 fois Jupiter"! |
Conclusion: il est effectivement possible que certaines des "planètes" détectées depuis octobre 1995 soient en fait des petites naines brunes. Voire même, des corps célestes à mi-chemin entre la planète et la naine brune, corps célestes qui n'ont pas encore de nom.
Les recherches se poursuivent...

Affiche annonçant un colloque scientifique
international sur les planètes
extra-solaires et les naines brunes,
tenu en mars 1997.
Un tableau des découvertes qui sera régulièrement
remis à jour
On a beaucoup spéculé sur certaines de ces planètes. Est-il exact qu'elles pourraient abriter de la vie? Un portrait de quelques belles inconnues
Une chronologie des temps futurs: les 25 prochaines années
Une revue de presse permettant de distinguer l'essentiel du superficiel
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extra-solaires
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Cette page a été créée le 13 mai 1997 par l'Agence
Science-Presse.