2. Les radio-télescopes:
des yeux plus grands que la Terre
Peu de sciences donnent autant d'humilité que l'astronomie. Quand on regarde les étoiles et qu'on se dit qu'on est sur une petite boule qui voyage à 40 km/seconde dans un Univers en expansion, ça rend les chicanes d'hôtels de ville plutôt triviales.
Si l'astronomie donne autant d'humilité, c'est aussi que l'on n'y comprend généralement rien. Les chiffres y sont si énormes, si invraisemblables qu'on a tendance à démissionner.
Qu'on pense seulement que plus de 15 milliards d'années se sont écoulées depuis le Big Bang originel et que l'Univers - quoiqu'infini - est toujours en expansion. Et pourtant, Dieu sait s'il est difficile de trouver plus grand que l'infini !
Plus troublant : les particules originelles du Big Bang composent toute chose, y compris les humains. Nos corps sont faits d'atomes de plus de 15 milliards d'années.
Pour s'y retrouver dans ce dédale cosmique d'orbites complexes
où la moindre distance s'exprime en années-lumière
(distance franchie par la lumière en un an) ou en unité astronomique
(150 millions de kilomètres), il faut être fort en calculs
et avoir de bons instruments d'observation.
Le télescope de l'espace
Un de ces instruments est le télescope spatial Hubble, qui a
subi au début de l'année 97 une cure de rajeunissement au
cours d'une mission de la navette Discovery.
Un des éléments majeurs de la mission a été l'installation du NICMOS, une caméra infrarouge équipée d'un spectrographe qui permet de devancer en précision les meilleurs observatoires terrestres (celui du Mont Palomar, en Californie, est un des plus performants avec ses 5 mètres d'ouverture).
Le grand avantage d'avoir un télescope dans l'espace est d'échapper aux émissions de fond due à l'atmosphère terrestre. En échappant à l'atmosphère, Hubble capte un ciel bien noir dans lequel les objets célestes sont plus brillants que sur Terre.
Hubble avait toutefois failli être un des plus grands fiasco scientifiques de l'histoire, puisqu'il s'est révélé complètement myope, après son lancement en 1990, à cause d'un défaut de polissage. Une mission de la navette Endeavour est parvenue à lui rendre la vue en 1993.

Depuis, le télescope spatial a capté des images spectaculaires qui ont fait faire des pas de géants à l'astrophysique.
Il a ainsi observé la formation de galaxies et photographié (ci-contre) des colonnes de gaz d'une grandeur inimaginable (surtout pour quelqu'un qui habite un 2 et demi!) où se forment des étoiles, dans la nébuleuse de L'Aigle.
Des télescopes de nouvelle génération
Hubble, comme n'importe quel véhicule, aura besoin d'autres entretiens mécaniques, jusqu'à la fin de sa vie utile vers 2005.
Déjà, les agences spatiales songent à d'autres télescopes encore plus performants. L'Agence spatiale européenne (ESA) travaille au NGST (Next Generation Space Telescope), qui pourrait être lancé en 2006. Les Japonais travaillent aussi à un mégatélescope alors que la NASA envisage de monter un télescope sur un Boeing 747, un projet de 325 millions $ baptisé SOFIA (Stratospheric Observatory for Infrared Astronomy).
SOFIA remplacerait le vétuste Kuiper Airborne Observatory, un
télescope de 90 cm monté sur un Lockheed C-141.
Conquête de l'espace
Envoyer une sonde ou un vaisseau spatial sur une planète lointaine,
c'est comme tirer un coup de fusil dans un point précis du ciel et
attendre que la cible vienne se placer devant la balle plusieurs années
plus tard.
Les observations astronomiques sont donc des éléments vitaux de la conquête spatiale. Mais au-delà de l'acquisition de théories et du mercantilisme possible de la conquête spatiale, l'Univers, dont nous ne connaissons qu'une partie infime, redonne ce qui manque parfois à la science: la magie, la grandeur et l'émerveillement.
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