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Lèche-vitrine au Réno-Dépôt de l'armée

Par Chantal Vézina


De l’extérieur, le Musée des magasins militaires ressemble à un hangar de bois. Il faut avoir l’œil alerte pour remarquer la simple pancarte collée sur son mur. Pour y accéder, on doit passer le contrôle de sécurité de la base militaire, le musée étant installé sur la base de Longue Pointe.

C’est aussi là que se trouve le 25e Dépôt d’approvisionnement, le plus gros des deux au Canada. Un dépôt d’approvisionnement est une version moderne des anciens magasins militaires et fournit le matériel nécessaire à tout bon soldat : uniformes, armes, tentes et tout outil utile. C’est comme qui dirait le gros Réno-Dépôt de l’Armée, et le musée du CRCMM (Corps Royal canadien des Magasins militaires) est, quant à lui, la vitrine historique de ce Réno-Dépôt.


Une chapelle transformée en Musée

Dès l’entrée, j’ai été accueillie par le conservateur du musée, Phil Sippley, Acadien d’origine et ancien militaire de carrière. Beaucoup plus qu’une anecdote, l’ancienne fonction de M.Sippley et son expérience de casque bleu et de parachutiste apportent beaucoup à la visite. Il est un merveilleux " audio guide interactif ". Non seulement il décrit et explique les objets exposés, mais il répond aux questions et pousse l’explication plus loin, selon l’intérêt manifesté.

Si le Musée occupe depuis 1972 l’ancienne chapelle des catholiques et des protestants de la base, son origine remonte plus modestement à de simples présentoirs situés dans les couloirs de l’École du CRCMM. Approuvé en 1959, inauguré en 1962, le Musée a d’abord servi à instruire les soldats et Montréal a failli le perdre au profit du Camp Borden (Ontario) lorsque l’École du CRCMM y a été relocalisée en 1968.

C’est le CRCMM qui, en temps de conflit et en temps de paix, fournissait à l'Armée canadienne le matériel nécessaire pour le combat, la formation et pour les opérations de maintien de la paix à travers le monde (les armes supplémentaires, les outils, des matériaux de construction, les vêtements, les munitions, etc.). Avec le temps, le CRCMM s’est transformé en Dépôts d'approvisionnements. Le 25e Dépôt est le plus grand centre de logistique militaire au Canada et on y entrepose plus de 330 000 produits, dont 2000 identifiés comme dangereux. Mais qu’on se rassure, Il a reçu en 2000, la certification ISO 14001 pour son système de gestion de l'environnement. Il n’existe qu’un autre DAFC, le 7e, situé à Edmonton.

La base militaire de Longue Pointe abrite aussi le 202e Dépôt d'atelier, seul atelier de fabrication de chars d’assaut au Canada. Il n’est donc pas étonnant que le matériel présenté au Musée soit à l’image de ces différentes fonctions logistiques. Une belle collection d’uniformes canadiens, des paras de la Deuxième Grande Guerre à nos jours et des uniformes de cérémonie du CRCMM trônent fièrement en compagnie des uniformes japonais, britanniques, allemands des deux guerres mondiales. Une Moto Triumph comme celles utilisées par les estafettes durant la Deuxième guerre et en Corée; un char américain Sherman datant de la 2ième Grande Guerre et un char canadien Centurion utilisé par nos troupes jusqu'à la fin des années 70; des parachutes, des appareils de transmission, etc.

Personne ne sera étonné non plus qu’on puisse aussi y voir une panoplie d’armes: couteaux, baïonnettes, mitraillettes, revolvers, carabines, canons anti-chars, mortiers. Des armes datant dans certains cas du 16e siècle, d'à peu près tous les calibres, utilisées par nos troupes, nos alliés et nos ennemis d'alors. Le Musée expose aussi un échantillonnage d'obus de divers calibres. Certaines de ces armes et munitions ont été coupées en deux afin que le visiteur ou l’élève puisse en comprendre la composition et le mécanisme.

J’y ai aussi vu une collection de soldats de plomb peints à la main, une collection de modèles de chars d’assaut et d’avions construits par un bénévole depuis 30 ans (modèles canadiens, américains, allemands, britanniques).

Grâce à Phil Sippley je sais maintenant qu’il faut " lire " les médailles d’honneur épinglées sur les uniformes par ordre d’importance, soit de gauche à droite. Le Musée expose par ailleurs une réplique de la Croix de Victoria, récompense suprême dans le Commonwealth. Un exemplaire authentique de cette Croix a récemment été vendu 4 000 000$ aux enchères.

À 20 minutes à pied de la station de métro Cadillac, le Musée du CRCMM est un petit secret, bien que quelque 10 000 visiteurs l’aient visité l’an dernier. L’ampleur de la collection et la superficie du Musée étonnent, ce dernier semblant beaucoup plus petit de l’extérieur. La vieille chapelle érigée en 1943, qui abrite maintenant le Musée, a récemment été déclarée bâtisse du patrimoine et vient d'être rénovée.

Fait à signaler, le Musée du CRCMM est le seul musée militaire ouvert cinq jours par semaine à Montréal. Pour bien profiter de votre visite, je vous conseille toutefois de la faire en compagnie de Phil Sippley, car il y a très peu de fiches explicatives sur les divers objets.

 

 

Musée du Corps Canadien des Magasins Militaires (CRCMM)
6560 rue Hochelaga
Montréal(Québec)
H1N 3R9
514-252-2777, poste 2241
http://www.logmonteal.com/museehistoire.html


Ce texte a été mis en ligne en juin 2005.
 
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