L'événement de la semaine.


Pour tout trouver
sur Internet!


Tous les médias
en un clin d'oeil!


Nos nouvelles brèves
  
  
  


Notre chronique de
vulgarisation scientifique!



Plus de 1500 questions





Hommage à...
Le monde delon GOLDSTYN
La science ne vous interesse pas?
Dossiers
Promenades






Retour au sommaire des Promenades


Le Musée de l'horlogerie et des Antiquités : exposer le temps

Par Marylène Tetu
Agence Science-Presse

Rue Sherbrooke, un tic-tac pæarvient à l'oreille du promeneur. Durant un bref instant, il panique à l'idée qu'il se trouve peut-être en présence d'une bombe. Une goutte de sueur perle sur son front. Ouf ! Soulagé, il découvre qu'il se tient devant le Musée de l'horlogerie et des Antiquités. Un endroit qui explose d'objets de valeur. «Ne vous gênez surtout pas et faites le tour de mes merveilles et richesses», me lance le propriétaire et unique employé du Musée, Jacob Bensimhon. L'homme dans la soixantaine au regard perçant se fait une joie d'accueillir chaque visiteur avec une phrase de bienvenue.  À l'entrée de la pièce unique, deux chaises sont disposées afin que les gens qui le souhaitent s'assoient pour faire un brin de jasette avec le propriétaire. Après avoir fait le tour de l'endroit, monsieur Bensimhon pointe un des sièges et m'invite à y prendre place. Je l'interroge sur tous les aspects de l'horlogerie. Le «Musée» c'est d'abord et avant tout l'homme qui est assis face à moi.

Mémoire de collectionneur
Parmi la multitude d'objets, mon regard se pose d'abord sur une imposante lampe de teinte dorée qui doit faire près de cinq pieds de hauteur. «C'est une lampe qui provient du Moyen-Orient, m'explique mon interlocuteur. On m'a informé qu'il y en a une semblable au Musée du Québec». Dans le Musée de l'horlogerie et des Antiquités, chaque objet a sa propre histoire et le propriétaire les connaît toutes. Fils de tailleur, Jacob Bensimhon a d'abord été mécanicien automobile dans son pays d'origine, le Maroc. Puis il s'installe à Montréal, où il débute sa collection dans les années 1970. C'est suite à une anecdote, que celui-ci devient collectionneur ; «Lorsque j'étais enfant, il y avait dans la chambre de mes parents deux horloges que je trouvais très belles et que je m'amusais quotidiennement à faire sonner. Un jour, je me rends à une vente aux enchères et je vois deux horloges identiques à celles que possédaient mes parents. J'ai tout de suite pensé qu'un de mes frères avait vendu les biens familiaux. J'ai acheté une des horloges et j'ai immédiatement téléphoné à ce dernier pour lui dire des bêtises. Mais il n'avait rien vendu». De ce coup de foudre pour une horloge va naître une passion pour divers objets, mais principalement pour les horloges et les montres. Fiers de tous les objets qu'il a acquis au cours des années, monsieur Bensimhon explique que pour devenir collectionneur il faut lire, dépenser, connaître et s'éduquer. «C'est l'amour des objets et le plaisir de la découverte qui poussent les gens à collectionner», souligne avec un brin de nostalgie celui qui se dit épuisé après une vingtaine d'années à courir de gauche à droite.

Au-delà dela passion ; la formation
Lorsqu'il parle de sa première passion, les horloges, les yeux de Jacob Bensimhon s'illuminent et ses longs doits fins s'agitent ; «en Europe, et surtout en Suisse, le métier d'horloger a ses lettres de noblesse. Ici la formation n'est même pas offerte». En effet, sur le continent européen, la formation d'horloger nécessite un dur labeur de sept ans. Le propriétaire se dirige derrière l'un des deux imposants comptoirs remplis de montres et me fait voir une montre de poche de l'horloger Louis Roskoff qui date de 1906. «Roskoff a fait baisser le prix des montres en fabriquant un modèle pour le peuple», raconte Bensimhon. «À cette époque-là, il n'y avait pas encore le digital'qui a carrément tué le marché», rétorque celui qui préfère ne pas avoir l'heure qu'avoir au poignet une montre digitale.

Investissement à long terme
Selon le propriétaire du musée, qui effectue également des réparations de montres et d'horloge ainsi que des évaluations d'antiquités, le «business» n'est plus ce qu'il était. Et les attentats du 11 septembre n'ont pas aidé le marché ; «avec tout ce qui s'est passé cet automne, il y a moins d'argent qui circule, la clientèle est plus endettée et certains ont même perdu leur emploi», précise-t-il. Dans le Musée de l'horlogerie et des Antiquités, tout est à vendre à l'exception du propriétaire. Toutefois il faut être prêt à payer le prix. «Combien pour cette table ? demande une cliente, 7 500 dollars», lui répond le collectionneur. Celui-ci se tourne vers moi et dit à voix basse ; «pour être collectionneur, il ne faut pas seulement être connaisseur, il faut du foin».

De tout pour tous les goûts
Véritable paradis pour les amateurs d'objets anciens de tout genre, le musée possède une grande variété d'articles ; parcomètre, service de vaisselle en porcelaine, tableaux, bijoux, caméra super 8, baromètre, boutons de manchettes, etc. Il faut toutefois s'y rendre pour admirer les nombreuses horloges qui font une symphonie avec leur tic-tac. Celles-ci indiquant des heures différentes, il y a un carillon qui sonne à tous les quarts d'heure. Si vous êtes chanceux, le sympathique propriétaire vous dévoilera peut-être un de ses trésors ; une horloge datant d'avant 1800.  Après plusieurs années passées dans ce bruit d'ambiance, Jacob Bensimhon dit ne plus entendre le tic-tac constant de ses horloges. Et un jour les pendules s'arrêteront définitivement, car si le dévoué employé du Musée de l'horlogerie et des Antiquités ne souhaite pas prendre sa retraite au cours des prochains mois, il n'y a actuellement aucune relève pour assurer la survie de l'endroit. «Être collectionneur, c'est le travail d'une vie et comme je n'ai pas pu faire des études, je souhaitais que mes enfants poursuivent des études universitaires». Sait-on jamais peut-être le Musée du Québec ou un autre amateur fera l'acquisition de cette imposante collection.

Le Musée de l'horlogerie et des Antiquités est situé à Montréal, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce
5620, Sherbrooke ouest,
Tel 484-1230.
Ouvert du lundi au samedi de 11h à 16h.
Si l'horlogerie vous intéresse, voici quelques sites Internet intéressants : L'horlogerie suisse http://www.horlogerie-suisse.com

Pour suivre un cours d'horlogerie 101 et afin d'accéder à de nombreux liens vers les principaux horlogers. Musée International d'horlogerie
http://www.mih.ch

Le site Internet du plus imposant musée de l'horlogerie au monde. On peut y découvrir les expositions permanentes et temporaires. La compagnie TAG Heuer
http://www.tagheuer.com

Ce géant de la montre et du chronomètre qui existe depuis 1860, présente aux amateurs de montre sportive tous ces modèles. On y trouve aussi un glossaire. L'horloger Thierry Gibernon
http://www.le-garde-temps.fr

Thierry Gibernon, horloger qui s'annonce comme le «meilleur ouvrier de France répond aux questions des internautes. L'Association française des amateurs d'horlogerie ancienne
http://www.afaha.com

Cette association publie semestriellement une revue où l'on trouve des articles de spécialistes sur des sujets tels l'histoire, la technique et la décoration de l'horlogerie. On peut consulter les archives dans leur site internet.

La Passion des montres
http://www.chronomania.net

Pour les passionnés de montre ou les simples curieux, un site entièrement destiné à la montre. Imposante bibliographie en ligne.  

 
 
Science-Presse | Hebdo-Science | Le Cyber-Express | Bibliothécaire Québécois | plan du site