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Un mystère de l'Ouest: le musée des Ondes

Par Florence Migneault

Saviez-vous que:
1)   Il existe à Montréal un musée des ondes?
2)   Découvrir ce musée relève de l'aventure épique?

Ce n'est pas qu'il se cache. Son adresse est bien facile à trouver dans le bottin ou sur Internet. Mais pour s'y rendre, il faut y tenir. Il faut d'abord prendre le métro direction Côte-Vertu, descendre à la station Place Saint-Henri. Le quartier est calme. Pas âme qui vive à l'horizon. Emprunter la rue St-Jacques, monter vers le nord sur Lacasse. Et marcher, marcher. Au moment même où, après avoir dépassé d'anciennes usines désaffectées, vous êtes prêt à capituler, le voilà, bien caché sous l'autoroute: Ze musée des Ondes. Patience, on n'y est pas encore. Il faut suivre un parcours fléché pour me rendre au mystérieux local C-220.

Nous sommes dans les anciennes usines Berliner, bâties au début du siècle dernier grâce à l'initiative d'Émile Berliner, scientifique allemand, bon copain d'Alexandre Graham Bell, génie de son état (inventeur entre autres du gramophone, du disque vinyle et du microphone). En 1908, Berliner installe ses pénates dans le quartier Saint-Henri, qui est à cette époque une plaque tournante du commerce ferroviaire avec les États-Unis. L'usine nourrit plusieurs ouvriers du quartier en produisant des appareils de diffusion de son (gramophone, radio, disques, etc). Rachetée par la Victor Talking Machine, qui deviendra la RCA Victor en 1929, l'usine ferme définitivement ses portes en 1972.

Pour la modique somme de 1$ (canadien) par an, l'actuel propriétaire des bâtiments a gentiment cédé deux locaux à une bande de gentils illuminés de la société d'histoire locale, qui avait décidé de rendre hommage au grand génie d'Emile Berliner et à la technologie du son. D'une collection de 200 appareils, en 1996, le musée, grâce aux dons de généreux collectionneurs, compte maintenant plus de 7000 objets. Radios, téléviseurs, tables-tournantes, gramophones, phonographes, magnétoscopes, magnétophones, "disques vinyles" de tous formats (33, 45 et 78 tours) le composent.

Mais tout cela, encore faut-il le savoir. Il n'y a pas foule, même un samedi après-midi. Un gentil guide vous proposera de faire une visite commentée de l'exposition " La chaîne du son."

Se trouvent dans la petite salle de grands panneaux et des appareils magnifiques. On redevient vite gamin lorsque le guide nous laisse tourner la manivelle du gramophone. Rapidement, la voix chevrotante d'une gloire passée emplie la salle.

L'oeil qui rigole, le guide s'arrête devant l'une des célèbres annonces de la RCA Victor. Vous savez, ce chien qui a l'oreille plongée dans le pavillon d'un phonographe. " His Master's Voice ", dit la légende. Le temps de voir l'évolution de la célèbre publicité permet à mon guide de me raconter deux anecdotes à ce sujet. Cette publicité fut d'abord utilisée par Emile Berliner lui-même. Pourtant, elle avait été conçue pour les appareils Edison, qui l'avaient refusée. Déboutés, les créateurs de la publicité ont maquillé la photo et l'ont proposé à Berliner, avec succès cette fois. Les collectionneurs et autres Indiana Jones du détail historique peuvent découvrir, sur les plus anciennes publicités et grâce aux techniques modernes, le phonographe Edison caché sous l'appareil officiel. En prime, d'où vient le célèbre anagramme HMV? " His Master's Voice ", simplement.

Mais le plus beau reste à venir. Alors qu'on croit la visite terminée, le guide suggère tout bonnement de jeter un coup d'oeil à la collection d'objets. On passe une porte et s'ouvre alors une immense salle où s'entassent pêle-mêle les 7000 appareils de la collection. 100 ans d'histoire des communications et du design. Il faut voir ces vieux gramophones de bois, cette radio datant de la Deuxième guerre mondiale et dont les aiguilles ressemblent à des hélices d'avion, cet appareil mystérieux intégrant téléviseur, radio et table-tournante, directement sorti des années 1950 et digne de figurer parmi le mobilier de la soeur de M. Hulot. Et cachée derrière des radios à ondes courtes, je l'ai vue, une petite merveille, la radio-horloge Crosley de 1953. Je l'avoue : j'ai craqué.

Musée des ondes Emile Berliner
1050, rue Lacasse, local C-220
Métro Place Saint-Henri
514-932-9663
www.berliner.montreal.museum

Le musée est un organisme sans but lucratif.  Ses guides sont des bénévoles. Il est ouvert les vendredi, samedi et dimanche de 14 h à 17h. N'hésitez pas à téléphoner avant votre visite pour vous assurer de la présence d'un guide. La brochure de l'institution "La voix de son maître" vous renseignera sur les diverses activités organisées par le musée.

Pour en savoir plus sur :
Emile Berliner et la naissance de l'industrie du disque
http://memory.loc.gov/ammem/berlhtml

La Victor Talking Machine
http://www.sfmuseum.org/hist/victor.html

Un site de collectionneurs de phonographes
http://www.talkingmachines.com

 
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