Situé
au deuxième étage du Pavillon Marie-Victorin, le petit musée
Louis-philippe-Audet, s'articule autour d'une ¦uvre d'art
(un arbuste de métal) plutôt rébarbative. L'exposition présentée
jusqu'au premier mars s'intitule : manuels scolaires du
XIX siècle. Titre légèrement pompeux pour une exposition
qui livre peu de choses. Malgré tout, le visiteur dégourdi
pourra y dénicher quelques perles comme cette publicité
du Couvent des ursulines de Trois-Rivières de 1859 où l'on
annonce que les futures élèves du Couvent pourront s'initier
à l'astronomie « à l'aide du nouveau planétaire de Copernic...»
ou encore que ces gentes demoiselles pourront contribuer
à enrayer le protestantisme : « ce malheur, l'¦uvre de l'intolérance
et du fanatisme arrivé sous le ciel libre des États-Unis
qui fera à jamais la honte du Massachusetts. »
Le problème, c'est que ces petits trésors, comme le Dictionnaire
des locutions vicieuses du Canada publié en 1881, généreusement
offert par le pape québécois du manuel scolaire, Marc-Aimé
Guérin passent tout à fait inaperçus. Même les étudiants
interrogés, passant devant ce musée tous les jours ne s'y
sont jamais attardés. Mais, il y a pire : dans l'annonce
publiée dans La Presse on donnait un numéro de téléphone
pour avoir plus d'informations sur le musée : « pour de
plus amples informations communiquez avec nous au 343-7622
» Or, le jeune homme que vous pourrez rejoindre à ce numéro
semble penser que les bouquins sont arrivés dans ces vitrines
par l'opération du Saint-Esprit. Bref, une exposition intéressante
pour les gens très autonomes. Car, ne cherchez pas de prospectus
explicatifs, il n'y en a pas. Très écologique ce musée de
l'éducation. Soyons bons joueurs, par ailleurs, vous pouvez
vous rabattre sur les photocopies agrandies des textes les
plus savoureux contenus dans ces bouquins d'un monde archaïque
pourtant pas si lointain. Entrée libre