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Un dimanche à la ... mine

par Annie Cloutier
Agence Science-Presse

" Nous allons maintenant tenter une expérience ! Que les enfants tiennent bien la main de leurs parents. Je vais éteindre la lumière. Vous n'avez qu'à suivre les flèches phosphorescentes sur les murs. " annonce la guide Josée Gobeil qui s'apprête à clore la visite des Mines de Capelton en faisant parcourir aux visiteurs les derniers mètres dans l'obscurité totale. Quoi de mieux que d'expérimenter soi-même pour comprendre la rude vie des mineurs du début du siècle !

Après avoir escaladé la montagne à bord d'une charrette, on accède à l'entrée de la mine. Située près de North Hatley dans les Cantons de l'Est, elle fut exploitée de 1863 à 1907. À cette époque, la Guerre de Sécession faisait rage et le cuivre valait autant que l'or. On fournissait donc aux États-Unis le cuivre nécessaire à la fabrication d'armes, de boutons d'uniformes et autre matériel militaire. Fiou ! Le tunnel n'est pas trop étroit et les galeries, assez bien éclairées. Ça sent l'humidité. Nous nous enfonçons ; des escaliers abrupts creusés à même le sol nous le rappellent à chaque instant. Angoisse plaisante et délicieuse ! Creusée à la main à l'aide du fleuret - une barre de métal à la pointe en forme de croix- et de la poudre à canon, la mine était alors éclairée à la chandelle. Les mineurs y travaillaient six jours sur sept. Et le septième jour ? Travail bénévole ! Afin de préserver leur emploi, ces derniers devaient littéralement écoper la mine à cause des infiltrations d'eau qui l'inondaient. Aujourd'hui, la nature a repris ses droits. Bien que les galeries s'enfouissent sous terre, jusqu'à une profondeur de 4800 pieds (1460 M), on ne peut descendre que jusqu'à 125 pieds (38 M).

Un grand monsieur vient de constater la proximité du plafond; il se félicite de porter un casque. Quand on pense que les mineurs n'avaient que des chapeaux de feutres ! Piètre protection contre les éboulis ! Au cours de la descente, je songe à la brochure qui annonce des stalactites et des stalagmites. J'imagine ces grands cierges de minéraux qui pendent ou qui montent du sol. Sauf que ces derniers " prennent environ cent ans pour grandir d'un centimètre " explique la guide. Comme c'est justement l'âge de la mine, leurs dimensions demeurent lilliputiennes. On peut par contre, admirer une fresque spéléologique dont les étranges plis et replis sont formés par un mélange d'eau de ruissellement, de boue et de minéraux. Un peu plus loin, la paroi rocheuse présente des couleurs inusitées : selon leur composition, les minéraux réagissent différemment au contact de l'air et de l'eau. De leur côté, les enfants sont déçus de ne pas voir les chauves-souris également promises dans le dépliant. La guide leur rappelle que les amies de Batman passent leur été à chasser les insectes dans la forêt.

À un certain moment, la galerie s'élargit. De longs bancs sont disposés en contrebas d'une niche où peuvent se tenir une dizaine de personnes. Josée nous invite à tester l'acoustique. On entonne " Frère Jacques " en canon. Elle nous apprend que des petits ensembles vocaux s'y produisent à l'occasion. Les soirées de contes sont aussi très courues ; on y a notamment accueilli Michel Faubert. La programmation est d'ailleurs annoncée au fur et à mesure sur leur site Internet .

La visite tire à sa fin. On est presque déçu d'avoir à retourner à la surface. Qu'à cela ne tienne ! Une fois dehors, on fait durer le plaisir en visitant le musée et on couronne le tout par un bon pique-nique !

Pour en savoir plus :

Mines Capelton
Tel : (819) 346-9545
800 route 108
North Hatley, Qc

 
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