
Trouver une sortie originale en famille peut
devenir un casse-tête. Pourquoi pas un match de polo
par un bel après-midi d'été? De quoi
satisfaire les amateurs de sports, de plein-air... et d'animaux!
Oui, il y a bel et bien deux clubs de polo dans la grande
région montréalaise, dont l'un est à
Sainte-Marthe, près de Hudson en Montérégie.
L'autre, le Montreal Polo Club, est le plus vieux club de
polo au Québec et certainement un des plus vieux
au Canada. Les archives laissent penser que c'est vers 1910
que le club a été créé. Situé
à 25 minutes du centre-ville de Montréal,
il accueille chaque semaine des joueurs et des joueuses
de tous âges et de tous niveaux.
Sport peu connu que le polo, chez les francophones.
Et pourtant, il semblerait que ce sport ait vu le jour en
Asie ou au Moyen-Orient il y a... 2500 ans! À lépoque,
le polo était un passe-temps synonyme de noblesse,
auquel seuls les rois et les empereurs sadonnaient.
Les Anglais en ont pris connaissance en Inde au début
du 19e siècle et vers 1850, larmée
britannique établissait les premières règles
de jeu. Dès 1870, le polo est répandu partout
en Angleterre et devient partie intégrante de lentraînement
militaire des cavaliers anglais. Ce sont les Anglais qui
ont introduit le polo comme on le connaît aujourdhui
au reste du monde. Et cest en Argentine que lon
retrouve les meilleurs joueurs et équipes de polo.
Trois matchs par semaine
Robin Cruickshank, qui est dans la cinquantaine,
a commencé à jouer au polo il y a seulement
six ans et aujourd'hui, elle ne vit que pour le polo. "
C'est un sport rapide et intense qui n'a pas d'égal
, dit-elle avec beaucoup d'enthousiasme, je suis devenue
une accro du polo et j'ai maintenant quinze chevaux chez
moi ". Comme plusieurs autres cavaliers, Mme Cruickshank
demeure près du club et c'est en allant voir un match
quelle a découvert ce sport équestre.
De juin à septembre, les membres du
Montreal Polo Club jouent trois parties par semaine: un
soir de semaine, et en plein jour les samedis et dimanches.
" Nous avons trois terrains très bien entretenus
et les matchs débutent à onze heures la fin
de semaine ", précise Mme Cruickshank.
Il arrive que des clubs des États-Unis et de l'Ontario
viennent jouer contre les équipes montréalaises.
Le club engage un ou deux joueurs professionnels ce qui
aide à maintenir un jeux rapide, " autrement
le jeu stagne un peu plus, surtout chez les novices qui
ont moins d'expérience ", explique Mme Cruickshank.
Le polo se joue sur un terrain mesurant 300 verges par 150
verges, ce qui équivaut à environ six terrains
de football. L'objectif du jeu est d'envoyer la balle de
bois dans les buts adverses. On compte quatre joueurs par
équipe et chacun porte un chandail numéroté
de 1 à 4 selon la position qu'il occupe sur le terrain.
Les joueurs sont munis d'un long maillet qu'ils doivent
absolument tenir de la main droite. Une partie se divise
en quatre quarts de sept minutes appelés chukkers.
Un joueur utilisera un cheval par chukker puisque
l'intensité à laquelle se joue le polo fatiguera
rapidement l'animal. Comme la tradition le veut, après
le troisième chukker, on invite les spectateurs
à venir sur le terrain pour retourner les tourbes
de gazon défaites par les chevaux.
Vous ne connaissez rien aux règlements du polo? Qu'à
cela ne tienne puisqu'un annonceur décrit la partie
et explique les règlements au fur et à mesure
que se déroule le jeu.
Greg Haney joue au polo depuis un an et il
s'est lui aussi découvert une nouvelle passion. " Jaime
la vitesse à laquelle se joue le polo, cest
un sport dadrénaline ", dit-il.
À moins d'un événement
spécial, l'admission est gratuite pour tous. On suggère
aux spectateurs dapporter chaises pliantes, pique-nique,
appareil photo et une paire de jumelles.
Pour les docteurs Carole Joubert et Claude
Gabouri, passer un après-midi au club de polo est
une activité agréable. " C'est amical,
explique Mme Joubert, c'est beau et on aime les chevaux
". M. Gabouri mentionne aussi le charme d'être
dans la nature " on vient une fois par année
et c'est relaxant ". Ces derniers ne jouent pas, mais
ils aiment venir encourager leur amie qui est membre du
club.
On pourrait croire que le polo est un sport
réservé aux plus fortunés, puisquil
faut défrayer au minimum 2000 dollars pour un cheval
et quelque 1000 dollars pour adhérer à un
club. Pourtant, plusieurs des cavaliers du club se considèrent
comme des gens de classe moyenne. " C'est sûr
que c'est un investissement, admet M. Haney, mais on peut
s'équiper au fur et à mesure ".
Mme Cruickshank ne croit pas que jouer au polo soit plus
dispendieux que de jouer au golf.
Le site: www.polo.ca
Photos: Valérie-Micaela Bain