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Amarrés au quai 57

Par Julie Guay


Amarrés au quai 57 du port de Montréal, des navires d'environ 5 millions $ chacun, attendent. Attendent patiemment un naufrage, un remorquage, des pilotes à accompagner depuis l’ancrage ou, plus souvent, de gros bateaux à escorter jusqu'au quai.

II y a cependant des jours plus tragiques. L’équipage doit parfois partir pour sauver une vie... ou repêcher un corps. " Le repêchage de cadavres ce n’est pas habituel. Cependant, nous nous sommes déjà rendus trois fois dans le même mois sous le pont Jacques Cartier ", explique Jonathan Dubois, le superviseur des opérations. En 1997, cet homme a commencé par repeindre les débarcadères et maintenant, il contrôle les rênes de la division de Montréal de Groupe Océan, la compagnie privée qui possède ces 13 remorqueurs.

" Le gros de nos activités, à 98 %, c’est d’accompagner les paquebots jusqu’au quai, d’une distance d’environ un kilomètre. En amorce des embarcadères, ces géants flottants deviennent alors plus difficiles à manoeuvrer, donc… Ils ont besoin de nos services! Nous les guidons. Plus souvent qu’autrement, ce sont leurs compagnies d’assurances qui en font la demande. Car c’est moins coûteux que des réparations! C’est également utile pour protéger autant les appontements que les cales de bateaux. Nous effectuons environ 2000 mouvements par année,  à 2300 $ chacun, " raconte Jonathan.

"Il y a 10 ans, les compagnies avaient recours à deux remorqueurs, c’était 4600 $r le voyage. Mais maintenant, avec l’arrivée de meilleures technologies et l’ajout d’hélices notamment pour naviguer de côté, les bateaux demandent l’aide d’un seul remorqueur, à l’arrière (donc, ils paient moitié moins), " ajoute Jonathan Dubois.

Par ailleurs, à l’Ile-aux-Coudres, Groupe Ocean fabrique, sur commande, ses propres remorqueurs (ou tireurs) qui contiennent chacun 35 000 litres de diesel. " On fait venir des camions-citernes de 18 000 litres pour les remplir. " La force de moteur de ces engins ne laisse pas à désirer! Car, une voiture compacte développe 140 chevaux-vapeurs tandis que les remorqueurs vont jusqu’à 5000 chevaux-vapeurs!

" Une autre de nos occupations depuis un an, c’est d’aller chercher les pilotes à l’ancrage (non loin de la rive où le bateau jette l’ancre), et de les ramener à terre. " Le jour de notre rencontre, l’équipage devait aller en chercher trois. C'est que, dans leur traversée de la Voie maritime du Saint-Laurent, plusieurs pilotes doivent faire escale quelques heures, voire plusieurs jours. Parce que le quart de travail de leur commandant est terminé, ou parce que leur navire doit attendre pour passer les écluses, ou décharger de la marchandise, ou s'approvisionner, ou pour des réparations.

Les gars travaillent très fort. Ils font de grosses journées. Les pilotes et matelots travaillent trois jours, 24 heures sur 24, et ils sont trois jours au repos, " affirme le superviseur de 28 ans. Une roulotte de camping leur est offerte pour se reposer entre deux calls, parce que ces hommes doivent demeurer disponibles à toute heure du jour et de la nuit. " C’est notre disponibilité qui fait en sorte que les policiers et les pompiers font appel à nos services dans le cas de suicide car l’équipage est toujours prêt à partir! "

Prêt, même quand il s’agit de naufrage quoique c’est plutôt rare. " Il y en a eu seulement deux dans notre plus grosse année! La plupart du temps, ce sont des bris de moteur. Une fois, un bateau s’est enfoncé dans la vase en s’approchant trop près du rivage. Et ç’a créé un effet de succion comme une botte dans la boue! " rigole M. Dubois. " Dans ces cas, il faut décharger une partie de la cargaison et tirer le bateau ".

Les pilotes du Groupe Ocean sont formés pour naviguer en eaux intérieures. Ils détiennent tous leur brevet de navigation, confirme M. Dubois. Ils sont régis par les lois de la marine marchande. " C’est mondial, on a tous les mêmes règles ou presque. " Les futurs commandants ou pilotes doivent faire trois ans de cégep à l’Institut maritime de Rimouski. Ensuite, ils doivent effectuer un stage d’un an en mer avant d’aller passer un examen, à Transports Canada. Cet examen mène à l’obtention du premier brevet qui offre la possibilité de naviguer de petites embarcations du genre remorqueur. Le deuxième brevet, le cabotage, permet de naviguer le long des côtes canadiennes et américaines. Le dernier brevet permet de naviguer sur des longs cours et enfin, d’accéder au poste de pilotes et/ou commandant de navires.

Groupe océan, dont le siège social se trouve à Québec, fait plus de 20 millions $ en chiffres d’affaires par année et retient les services de 300 employés. A présent, ils ont presque le monopole dans le port de Montréal, soit 90 % des activités.

Et ce n’est pas prêt d’arrêter. Car, depuis 1972, le président et fondateur, M. Gordon Brain ne cesse d’augmenter ses activités et ses flottes…

 

Groupe Ocean
Section 57-S Port de Montréal
(514) 849-2221
www.groupocean.com

 

 

 

Mise en ligne: octobre 2004.
 
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