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Revue de presse

Du charbon propre, propre, propre

Chantal Legault, le 13 novembre 2010, 13h35

Pour les environnementalistes, les mots "propre" et "charbon" ne vont pas de pair. Mais certains scientifiques prétendent que la seule façon de répondre aux futurs besoins énergétiques de la planète et de mettre un frein au réchauffement climatique avant qu'il ne devienne irréversible est d'utiliser le bon vieux charbon et d'en tirer de l'énergie d'une façon moins polluante. La Chine aurait déjà développé de nouvelles technologies permettant cette révolution verte avec le charbon.

Source de la nouvelle : The Atlantic

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Portrait de Escaravage

Il n'est pas surprenant que les nouveaux capitalistes chinois escomptent les profits que leur vaudra la CCS, alibi pour continuer sans vergogne la consommation du charbon. Cette "usine à gaz" a pu être à juste titre qualifiée de "trop risquée, trop chère, trop peu trop tard". Qu’importe, le principe de précaution ne semble pas applicable en Chine. La question se pose quand on connait le degré de sismicité du sous sol chinois. Je rappelle que pour la même raison la CCS n'est pas envisagée en Grèce et qu'il devrait en être de même en Italie si le Cavaliere n'y sévissait pas. Mais les malheureux Chinois ne sont pas à une catastrophe près.

La plupart des expérimentations de CCS en cours injectent le CO2 dans d'anciens champs pétroliers ou gaziers épuisés. Beaucoup se situent off shore ce qui rend les contrôles d'étanchéité assez problématiques et minimise en principe les conséquences des fuites. Si l'on s'en tient à ce type de sites, il est facile de prévoir que les capacités de stockage seront vite saturée et surtout que l'acheminement du CO2 sur de très longues distance constituera un obstacle rédhibitoire. Une étude hollandaise considère qu'au delà de 150 KMS l'acheminement du CO2 n'est pas envisageable. Encore en Hollande le nouveau gouvernement vient de renoncer à un projet de CCS à proximité de la ville de Barenderecht.

Il est étrange que lorsqu’on parle de CCS, on mette sur le même plan le stockage dans des réservoirs épuisés d’hydrocarbures et la séquestration du CO2 dans les aquifères profonds qui présentent encore plus d'incerttudes.

On lit par exemple dans le rapport de l’INERIS (Institut National de l’Environnement et des Risques) : « Démarche intégrée d’évaluation des risques de la filière CO2 » 19 juin 2009 : « Comme toute technologie émergente celle-ci comporte des risques spécifiques qu’il convient de gérer dès l’amont. On peut citer : fuite massive accidentelle au niveau des installations de surface, émanations gazeuses en surface du fait d’un défaut d’étanchéité du réservoir souterrain, impacts sur la biosphère ou impact sur les eaux souterraines valorisables par l’homme. »

Lors de la séance de l’Académie des sciences du 19 mai 2009 Christian Fouillac, Directeur de la Recherche, Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) déclarait :
« Pour injecter il faut quand même appuyer pour monter en pression, c’est une période assez critique ». Une fuite peut se produire sur un puits en exploitation.
Lors de l’exploitation peuvent survenir divers événements : -surpression locale entraînant une fracturation de la couverture.
-surpression à l’échelle régionale avec migration à travers la couverture.
-dépassement de l’extension latérale prévue.
-défauts d’étanchéité de la couverture.
-fuites par failles existantes facilitées par les propriétés chimiques du CO2 dissolvant les minéraux tapissant les failles
-puits anciens en mauvais état. – formation par migration verticale de réservoirs secondaires.
- Plus tard, un forage sur un site oublié pourrait provoquer une fuite ».

Un article récent du Danois Gary Shaffer. (L’efficacité à long et les conséquences de la séquestration du dioxyde de carbone. Nature Geoscience, 2010; DOI: 10.1038/ngeo896)
conclut: Le stockage géologique peut être plus efficace pour retarder le retour du réchauffement et les conséquences associées, mais seulement si une fuite de CO2 de 1% ou moins par mille ans peut être obtenue, que les dangers de la séquestration du carbone sont réels et que le développement de cette technique ne doit pas être utilisée comme un argument pour la poursuite de fortes émissions de combustibles fossiles. Au contraire, nous devrions limiter considérablement les émissions de CO2 pour réduire le besoin de séquestration massive du carbone et donc réduire les conséquences indésirables de la fuite du carbone stocké pour les nombreuses générations à venir.

L’an dernier une communication du Dr Stuart Gilfillan de l’Université de Manchester dans Nature démontrait que, contrairement à ce que prétendent certains, la quantité de CO2 stockée par précipitation sous forme minérale dans les réservoirs naturels de CO2 était négligeable par rapport aux 90% du gaz éliminé suite à sa dissolution dans l’eau. Mais cette eau «gazeuse» peut relâcher ce CO2 si elle remonte à la surface.

Enfin je rappelle que le stockage de CO2 saharien d'In Salah se traduit par une élévation du sol, contrôlée par satellite, de 7 millimètres par an, ce qui témoigne de perturbations géologiques éventuellement génératrices de failles et donc de fuites. ( Hisse surface de détection de celles de CO2 Injection par DInSAR à In Salah, Algérie).