

L'affaire
Burt:
D'où
vient l'intelligence? Une question qui fait réfléchir
les psychologues
Par
Claude Marcil
yril
Lodovic Burt à été le premier véritable
psychologue britannique et, jusqu'à sa mort à
88 ans en 1971, l'un des plus éminents. Auteur de
plus de 300 publications, il est considéré
comme l'un des dix plus grands noms de la psychologie du
XXe siècle et "le père de la psychopédagogie
en Grande-Bretagne". Pionnier de la recherche sur l'enfance
attardée, la délinquance, le handicap éducatif,
il reçut la consécration officielle avec le
titre de chevalier. Les recherches de Sir Cyril Burt sur
l'intelligence, tendant à prouver qu'elle est héréditaire
et non acquise, ont contribué à façonner
le système d'éducation britannique. Pourtant,
un an après sa mort, ses méthodes, ses données
et son honnêteté ont été sérieusement
mises en doute: la communauté scientifique horrifiée
découvrait que la plus grande partie de ses travaux
reposaient sur des données qui avaient été
truquées sinon inventées de toutes pièces.
Les
racines du théoricen
Cyril Burt est né le
3 mars 1883 à Westminster. Son père, médecin
généraliste, compte parmi ses clients Francis
Galton qui fascine le jeune Burt par sa théorie sur
le génie héréditaire et ses études
statistiques des différences individuelles.
Adolescent frêle et myope, il entreprend
des études de psychologie à l'université
d'Oxford. Il poursuit ensuite sa formation au Christ Hospital
de Londres puis enseigne à l'université de
Liverpool. En 1901, Burt est assistant de recherche à
Oxford où il participe à une étude
des capacités mentales et physiques des criminels.
Il s'initie dès cette époque à la méthode
statistique des corrélations développ ée
par Pearson et Spearman.
En 1913, le London County Council engage
Burt en tant que educational psychologist, le premier
au monde. Il est chargé de la recherche théorique
et appliquée en psychologie, y compris le développement
de tests d'intelligence et scholastique. Il commence a étudier
l'intelligence héréditaire traduit en anglais
les premiers tests d'intelligence de Binet et les adapte
pour le Royaume-Uni.
En 1931, Burt devient professeur de psychologie
au University College de Londres. À cette époque,
il est un des premiers à comparer le quotient intellectuel
de jumeaux identiques.
Le fleuron de ses recherches est une étude
sur l'intelligence des jumeaux homozygotes (ces jumeaux
ont été élevés dans des familles
différentes). Comme ces jumeaux ont exactement le
même patrimoine génétique, toute différence
d'intelligence ne peut être attribuée qu'à
l'environnement différent dans lequel ils vivent,
et la corrélation entre les quotients intellectuels
constitue une mesure pure de l'influence de l'hérédité
sur l'intelligence. Cette étude est classique dans
son principe, mais sa réalisation pratique ne vas
pas sans difficulté car, comme on peut s'en douter,
les jumeaux homozygotes séparés ne sont pas
légion.
En 1943, il publie ses résultats
portant sur 156 paires de jumeaux non identiques -provenant
de deux oeufs et qui n'ont génétiquement rien
d'autre en commun que d'être frères et soeurs-
et 62 paires de vrais jumeaux qui possèdent exactement
le même génotype. Quinze de ces vrais jumeaux
avaient été élevés séparément.
Le coefficient de corrélation des QI entre les paires
de faux jumeaux était seulement de 0,54 par rapport
au chiffre idéal de 1. Les paires de vrais jumeaux
atteignaient 0,86 (ceux qui n'avaient pas été
élevés ensemble, 0,77).
Au cours de sa carrière, Cyril Burt
a publié trois grandes enquêtes portant sur
le QI de jumeaux monozygotes (MZ) séparés
dès leur naissance et élevés dans des
milieux différents. Ces enquêtes furent publiées
respectivement en 1955 (21 paires de jumeaux), en 1958 (plus
de 30 paires) et en 1966 (53 paires). En 1966, Burt, alors
âgé de 83 ans, publia son rapport final sur
le sujet, utilisant un échantillon, d'une dimension
encore jamais atteinte, de 53 paires de vrais jumeaux élevés
séparément. Ces enquêtes ont permis
-parmi d'autres travaux du même genre- d'apprécier
la corrélation de QI existant entre vrais jumeaux
et de constater que celle-ci, en dépit de la séparation
des sujets et des différences d'environnement, demeure
plus forte que celle du QI des jumeaux dizygotes (DZ) élevés
ensemble, dans un milieu identique. En d'autres termes,
ces enquêtes tendent à confirmer l'importance
de l'hérédité biologique dans la détermination
de aptitudes mentales, et plus spécialement de l'intelligence
générale.
Burt introduisit ainsi en psychologie deux
idées maîtresse qui lui valurent une réputation
de découvreur. La première est que les quotients
intellectuels ne sont pas un vain mot, la seconde, qu'ils
sont héréditaires et que le milieu a beaucoup
moins d'importance qu'on le prétend.
La
théorie scientifique de Burt
Un thème central de
l'oeuvre de Burt est que l'inégalité intellectuelle,
comme d'autres différences entre les humains, est
en grande partie déterminée par l'hérédité.
Burt n'accordait qu'un rôle relativement mineur aux
facteurs sociaux et, par conséquent, aux tentatives
pour réduire des différences. Pour Burt, l'intelligence
se définit comme une fonction cognitive générale
et, en presque totalité, transmise génétiquement
selon les lois classiques de Mendel.
Burt étayait ses vues au moyen de
deux ensembles principaux de données fondés
l'un sur des comparaisons entre parents et enfants d'après
des "estimations" de leur intelligence, l'autre
sur des comparaisons analogues entre jumeaux. Sa théorie
repose principalement sur la mise en évidence de
très fortes corrélations statistiques entre
le QI de jumeaux homozygotes élevés, en bas
âge, dans des milieux différents. Le raisonnement
de Burt est simple: si ces couples de jumeaux quasi identiques
au plan du génotype, reçoivent dès
la naissance une éducation différente l'un
de l'autre et que, malgré tout, leur QI, mesuré
à 11 ou 12 ans, demeure à toutes fins pratiques
le même pour l'un et pour l'autre, alors le processus
mental que le test vise à rejoindre (les fonctions
cognitives générales) dépend principalement
de l'hérédité. Jusqu'aux environs de
1965, cette conception héréditaire de l'origine
de l'intelligence est considérée comme un
dogme par la vaste majorité des psychologues qui
ne remettent en cause ni la validité de l'instrument
de mesure ni la certitude des corrélations de Burt.
Cela
impliquait que l'admission dans les classes devrait se faire
sur la base d'une évaluation du QI, c'est-à-dire
d'une sélection, et comme Burt était conseiller
du gouvernement et attaché au ministère de
l'éducation, il exerça une influence considérable
dans le domaine éducatif.
Durant la guerre, Burt alors président
de la British Psychology Society, devient l'âme dirigeante
d'une série de rapports présentés au
ministère de l'Éducation, à ;a suite
desquels l'Education Act institut en 1944 les célèbres
voies de l'enseignement secondaire public en Grande-Bretagne
et l'examen eleven plus. Selon cette méthode,
les élèves se voient orientés à
11 ans vers une filière primaire, moyenne ou supérieure
(Grammar-modern-technical) en fonction de leurs notes.
En 1946, il est élevé par
George VI au rang de chevalier pour services éminents
rendus au monde de l'éducation. Il est le premier
psychologue à être anobli. Un an plus tard,
il devient directeur du prestigieux Journal of Statistical
Psychology. Puis, Burt prend sa retraite de l'University
College. À partir de ce moment, il ne dispose plus
ni d'assistant de recherche ni de service de secrétariat.
En 1957, Burt reçoit une distinction honorifique
de l'American Psychological Association et publie, à
cette occasion, son célèbre discours dans
l'American Psychologist.
L'héritage intellectuel qu'il avait
laissé à l'université se dissipa peu
après sa retraite et ses fonctions de directeur du
prestigieux British Journal of Statistical Psychology
prennent fin en 1963, année où précisément
le gouvernement abandonne le système d'enseignement
onze-plus. Il meurt en 1971.
La
théorie démolie
Au début des
années soixante-dix, Leon J. Kamin, professeur de
psychologie à l'université de Princeton, est
inquiet de l'influence politique des écrits de psychologues
comme Arthur Jensen de l'Université de Californie
qui affirmait que les mauvais résultats scolaires
de certaines minorités ethniques étaient le
résultat d'une déficience intellectuelle inhérente
à la race et donc héréditaire. Kamin
consulte les travaux faits dans ce domaine et passe au crible
diverses études sur les jumeaux, notamment celles
de Burt. Dans son livre The science and politics of IQ,
paru en 1974, Kamin démolit les bases empiriques
de l'intelligence héréditaire et, du même
coup, la réputation de Burt.
Celui-ci, disait-il, n'a jamais vraiment
défini ses méthodes ou la population qu'il
étudiait. Au lieu de cela, il s'est référé
à des détails méthodologiques figurant
dans d'autres publications inexistantes ou introuvables.
Ses rapports s'effondrent sous les contradiction. Plus important
encore, dit Kamin, les corrélations de Burt, ne pouvaient
pas être exactes: en débit des modifications
importantes de la taille de ses échantillons et de
leur contenu, les chiffres des coefficients de corrélation
de 1966 étaient identiques à ceux présentés
plus de vingt ans auparavant,
ce qui représentait une impossibilité statistique.
Kamin ne reproche cependant à Burt que d'être
un piètre scientifique tout en concluant que "les
chiffres légués par Cyril Burt ne méritent
plus aujourd'hui d'être pris au sérieux par
les hommes de science".
À peu près au même moment,
deux psychologues de l'Université britannique de
Hull, Alan et Ann Clarke, préparent la troisième
édition de leur manuel Mental Deficiency: the
Changing Outlook. Il leur faut notamment revoir les
écrits de Burt. Ce faisant, ils ont l'impression
que ce qu'il disait sur les jumeaux et les corrélations
entre parents et enfants était discutable. Leur livre
paraît en 1974.
La valeur des travaux de Burt était
ainsi remise en question: cela entre autres motifs, détermine
Ann Clarke et Michael McAskie à faire un examen approfondi
de toutes les études sur les corrélations
entre le QI des parents et QI des enfants. Leur compte rendu
est publié en 1976. Dans ce récapitulatif
de 50 ans de recherches, seules celles de Burt sont mises
à l'index. La condamnation est formulée avec
toutes les précautions de rigueur, mais les auteurs
laissent entendre clairement qu'elle est sans appel: "scientifiquement,
les résultats de Burt sont frauduleux". Mais
la condamnation de Burt ne dépasse pas encore le
cénacle des spécialistes.
Le Dr Oliver Gillie, chroniqueur médical
du Sunday Times rédige alors un ouvrage sur
la controverse
"nature-culture". Partant de ses investigations
personnelles, de sa lecture de Kamin et d'autres ouvrages
britanniques et de ses entretiens avec les Clarke, le Dr
Gillie écrit le 24 octobre 1976 dans le Sunday
Times un article dévastateur portant ainsi devant
le grand public ce qui n'était jusque-là qu'une
querelle de spécialistes.
Gillie prétend que Burt a falsifié
des données importantes, adapté les résultats
à ses théories et inventé au moins
deux collaboratrices. Il l'accuse d'avoir deviné
l'intelligence des parents qu'il a interviewés puis
d'avoir traité ensuite ces intuitions comme des faits
scientifiques. Enfin, on l'accuse d'être allé
jusqu'à écrire, entre 1952 et 1959, sous le
nom de Margaret Howard et Miss Cornwall, deux prétendus
collaboratrices, qui n'ont sans doute pas vu les articles
qu'il leur attribue et n'ont peut-être même
jamais existé.
L'accusation a de lourdes conséquences;
non seulement les idées de Burt avaient influencé
l'éducation en Grande-Bretagne pendant un demi-siècle,
mais elles avaient aussi inspiré la controverse publique
sur la race et l'intelligence qui avait été
menée en Grande-Bretagne par le professeur Hans Eysenck
et aux États-Unis par le professeur Arthur Jensen,
un ancien étudiant d'Eysenck.
Mais pourquoi avoir agi ainsi ? Tout d'abord,
il savait que cela ferait mauvais effet de signer seul trop
d'articles dans une revue qu'il dirigeait. Ensuite, il craignait
qu'un co-auteur rigoureux ne formulât des critiques.
Il a donc préféré rédiger seul
ses articles, sans renoncer pour autant à s'adjoindre
quelques noms pour "faire plus sérieux"
comme dit le Dr Gillie.
Le Dr Gillie a tout fait pour retrouver
les assistantes de Burt. Il a consulté de nombreux
annuaires d'université dont celui du University College
de Londres (où elles étaient censés
travailler). Il a cherché aussi dans les Actes
de la British Psychological Society et pris contact
avec ceux qui avaient bien connu Burt ou travaillé
avec lui. Si effectivement, un ancien collègue s'est
rappelé l'une des assistantes, l'autre est resté
introuvable, en dépit de toutes les recherches et
de la publicité faite autour de cette affaire. Que
Burt ait produit des réponses identiques à
trois décimales près à partir de différents
sets of data, est pratiquement une impossibilité
statistique. Et il ne pouvait avoir réussi cela qu'en
travaillant à rebours pour que les observations concordent
avec les réponses.
Un autre exemple des résultats contestables
de Burt est la stabilité extraordinaire de certaines
corrélations qui auraient dû, statistiquement,
présenter des variations. Comme l'écrit Gillie:
"au défi de toute probabilité, le chiffre
donné pour la corrélation statistique entre
le QI de jumeaux élevés séparément
reste le même jusqu'à la troisième décimale
(0,771) dans trois articles écrits respectivement
en 1955, 1958, et 1966. Pourtant, le nombre de jumeaux était
chaque fois plus nombreux: 21, puis "plus de 30",
enfin, 53. En outre, le chiffre notant la corrélation
des QI des jumeaux élevés ensemble (0,444)
reste aussi miraculeusement le même jusqu'à
la troisième décimale, malgré trois
variations de l'effectif considéré."
Kamin, qui a été le premier
à relever ces résultats surprenants, a trouvé
20 exemples analogues où les corrélations
restent constantes malgré les variations de la taille
de l'échantillon. Il conclut que "ces vingt
exemples forcent trop les lois du hasard pour ne pas être
factices".
Burt utilisa la même méthode
à rebours d'une autre façon: en fournissant
des données qui concordent avec les prédictions
de ses théories génétiques favorites,
il semblait donner des preuves scientifiques solides là
où il n'y en avait pas.
En effet selon Gillie, certains résultats
sont si surprenants qu'ils ne peuvent qu'avoir été
manipulés ou inventés de toute pièces.
Par exemple, un article publié en 1943 donne 153,2
comme QI moyen des parents appartenant aux catégories
professionnelles "cadres supérieurs" et
"administrateurs". On s'accorde généralement
à penser qu'un score aussi élevé est
douteux, voire impossible; on voit mal, en tout cas, comment
Burt est arrivé à ce chiffre, étant
donné qu'il n'y avait à l'époque aucune
batterie de tests normalisés pour mesurer le QI de
l'adulte dans les tranches supérieures. Burt a qualifié
sa méthode "d´estimative" - terme
qui n'évoque guère la précision scientifique.
Il a d'ailleurs reconnu lui-même que le chiffre était
excessif et n'a pas été embarrassé
pour corriger ses "estimations". Dans un article
paru en 1971, le QI est ramené à 139,7.
En troisième lieu, on reproche à
Burt d'avoir, vers la fin de sa vie, abusé de sa
position de rédacteur en chef du British Journal
of Statistical Psychology. Il aurait plagié les
travaux d'autres auteurs et aurait modifié des articles
envoyés à une revue, dénaturant parfois
leurs conclusions pour qu'elles cadrent mieux avec ses propres
idées préconçues.
La
vie turbulente de Burt
Cet article déclenche
une violente contreverse à laquelle la presse de
plusieurs pays fait écho. Dans une lettre au Times,
McAskie et les Clarke donnent un exemple typique que Burt
donne très peu d'éclaircissements sur ses
sources ou ses méthodes d'analyse. "Son article Intelligence
and social mobility (1961), si souvent cité,
ne fournit pas un minimum d'information scientifique; il
s'agit d'un enquête relative aux similitudes intellectuelles
entre parents et enfants, portant sur un échantillon
de très grande taille; or Burt ne dit rien de la
collecte des données et renvoie simplement le lecteur
à d'autres sources. Mais la filière des références
n'aboutit à rien; bien mieux: un article antérieur
censé fournir des données parents-enfants,
est moins détaillé encore."
Plusieurs scientifiques sont d'avis que
Burt, un homme particulièrement brillant, ne pouvait
pas avoir été aussi maladroit. Pour d'autres,
plus indulgents, il s'agissait du travail bâclé
d'un vieillard fatigué. L'historien de la psychologie
Leslie Spencer Hearnshaw, favorable à Burt, entreprend
alors d'écrire une première biographie impartiale
et complète du scientifique. Le premier, il a accès
à la correspondance privée de Burt et à
son journal intime. Dans son livre paru en 1979 Cyril
Burt, psychologue, Hearnshaw décrit sa vie bouleversée,
dès les années trente, par ses difficultés
conjugales (sa femme le quittera en 1952). En 1941, les
bombardements allemands lui portèrent un autre coup
en détruisant presque toutes ses recherches qui étaient
conservées à l'université de Londres.
Sa santé toujours fragile se détériora
davantage pendant la guerre quand il fut atteint du syndrome
de Ménière -troubles de l'oreille interne
provoquant surdité passagère, bourdonnements
d'oreille, vertiges et nausées.
Ayant ainsi perdu son foyer, sa documentation,
sa situation, son influence et sa santé, Burt fut
selon Hearnshaw, victime d'une sorte d'effondrement psychique
qui le conduisit à la paranoïa. De plus en plus
agressif à l'égard de ses rivaux, de plus
en plus dogmatique et égocentrique, isolé
par l'âge et la surdité, il partit en guerre
tout seul contre un monde qui lui paraissait hostile. Margaret
Howard et Miss Cornwall semblent faire partie de la vingtaine
de pseudonymes qu'il utilisa pour faire connaître
ses idées dans son propre journal. Ces fantômes
l'aidèrent également à se procurer
l'illusion que ses importantes recherches progressaient.
Ce distingué explorateur de l'esprit humain s'était
perdu dans son moi torturé.
La
théorie fait encore jaser
L'affaire prit une
tournure politique: le parti travailliste venait d'arriver
au pouvoir et ses porte-parole s'empressèrent de
dénoncer le racisme que les conservateurs avaient
appliqué dans leur politique de l'éducation.
Burt passa à titre posthume et universel pour un
filou de la science et pire encore, un raciste.
Pourtant, quelques spécialistes éminents
prennent la défense de Burt. L'erreur est humaine,
disent-ils; les reproches adressés sont exagérés;
et rien ne prouve que ses collaborateurs, jusqu'ici introuvables,
soient une pure fiction. Mais l'affaire semble réglée:
Burt n'a pas commis de simples erreurs, il a délibérément
falsifié ou inventé de toutes pièces
des données (si ce n'est des personnes) pour étayer
son point de vue personnel.
Deux livres paraissent sur l'affaire, The
Burt Affair(1989) du psychologue Robert Johnson, et
Science, Ideology and the Media (1991) du sociologue
Ronald Fletcher. Ils ne connaissent pas Burt personnellement
et n'ont aucun lien avec ses recherches. Travaillant chacun
de leur côté, ils ont analysé l'oeuvre
de Burt. Le livre de Johnson, et celui de Fletcher critiquent
chaque accusation et analysent les preuves. Ils arrivent
à la même conclusion: la fraude n'est pas prouvée.
Pour d'autres liens sur Cyril Burt
voir:
History
of Psychology links

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