En général, science et politique se parlent peu et se connaissent mal. Partant de là, des Britanniques ont dressé une liste de 40 «questions non résolues», dans l’espoir de «réduire les tensions» et d’en arriver à une liste qui ferait consensus.

Ils sont une cinquantaine, provenant autant des milieux de la science que de la politique, à avoir contribué à cette liste, parue dans la revue en ligne PLoS One . Ils ont commencé avec 239 suggestions, ont voté pour les plus populaires, qui ont été réduites à 40 au terme d’un séminaire à l’Université Cambridge.

Parmi ces questions non résolues: quel devrait être le rôle exact des conseillers scientifiques des politiciens? Comment les risques et les incertitudes peuvent-ils être communiqués efficacement? Et surtout, beaucoup de questions qui trahissent la difficulté que chacun éprouve à comprendre la «culture» de l’autre camp:

  • Quels sont les mécanismes les plus efficaces pour identifier les preuves nécessaires à guider les décideurs politiques?
  • De quelle façon les différentes cultures politiques façonnent-elles le cadre à travers lequel les preuves et les conseils seront utilisés?
  • Comment en arriver à une entente sur ce qui définit une preuve suffisante pour déterminer une nouvelle politique?

Aux yeux des promoteurs de cette initiative, un rapprochement entre les planètes science et politique signifierait que la voix des scientifiques serait davantage écoutée par les décideurs, chaque fois qu’un choix de société pourrait s’appuyer sur des données tangibles.

Ce qui est plus facile à dire qu’à faire. Pour l'instant, leur liste est, plus modestement, «une invitation à une plus grande discussion», résume Robert Doubleday, de l’Université Cambridge.

Le fait qu’il soit nécessaire de construire cette liste témoigne toutefois d’un problème, critique dans Nature Sheila Jasanoff, de l'Université Harvard: d’autres efforts pour jeter de tels ponts ont déjà été rédigés au fil des années, et semblent avoir eu peu d'impact, même auprès de ces Britanniques. «Le gros défi, c’est que la plupart des scientifiques et des décideurs politiques restent grandement ignorants de ce que nous faisons vraiment. C’est un échec de l’éducation, et peut-être de la science de la communication.»