Ça a commencé par une étude provocante, concluant que les climatosceptiques sont des gens plus susceptibles de croire en des théories du complot. Ce qui a entraîné des réactions outrées des climatosceptiques... qui ont crié au complot!

Et ça a donné une seconde étude, visant à analyser cette réaction outrée. Sous le titre «Fureur récursive», le psychologue australien Stephan Lewandowsky semble bien s’amuser.

Dans la foulée de sa première étude, la science du climat australienne a été comparée sur au moins un blogue climatosceptique à la répression politique sous l’Union Soviétique de jadis, tandis que la toile d’araignée des comploteurs s’élargissait à l’Université d’Australie occidentale, à la télévision australienne et au gouvernement australien.

La première étude n’avait pourtant rien d’inédit: d’autres psychologues américains ont déjà exploré les ponts entre différentes croyances, et Lewandowsky lui-même s’est déjà penché sur les raisons pour lesquelles une croyance va «s’enraciner» dans notre cerveau plus vite ou plus profondément.

Le second article permet par contre d’affiner le portrait du croyant-type. Si vous en croisez un sur Internet, il risque d’invoquer un ou, plus probablement, plusieurs des six arguments suivants:

Intentions malveillantes: quiconque publie un texte critique sur «mes» croyances l’a fait avec l’intention de nuire.

Syndrome de persécution: les gens qui pensent comme moi sont des victimes d’un cruel establishment qui étouffe la vérité.

Scepticisme nihiliste: rejeter tout fait qui ne concorde pas avec ma croyance.

Les coïncidences n’existent pas: elles peuvent toutes être invoquées pour accréditer la théorie du complot.

Quelque chose cloche nécessairement: en sautant d’une théorie du complot à une autre, on peut en venir à croire à deux explications contradictoires (par exemple la princesse Diana a été tuée par les services secrets, ou bien, elle n’est pas vraiment morte), ce qui n’est pas grave, en autant qu’aucune de ces explications ne se conforme à l’explication officielle.

Cercle vicieux: interpréter toute preuve allant à l’encontre du complot comme étant une preuve du complot; par exemple, le fait que neuf enquêtes aient conclu que les climatologues n’ont rien à se reprocher dans le climategate devient une preuve que les enquêteurs font partie du complot.