Regarder la forêt
autrement: une question de survie
(Agence Science-Presse) - Développer
un usage plus durable des sols permettrait de diminuer
les déversements de mercure dans les rivières
des forêts amazoniennes. Des rivières où
il contamine l'écosystème et la principale
source de protéine des populations locales.
L'usage de la jachère, des bandes
de forêts riveraines, les modifications des pratiques
de déforestation sont quelques-unes des pistes
de solutions qu'étudie l'équipe de Robert
Davidson, conseiller scientifique au Biodôme et
concepteur de l'écosystème tropical du musée
montréalais.
"Nous travaillons avec la population
locale pour les aider à modifier leurs pratiques
liées à l'agriculture ou à la déforestation.
La population fait partie du problème mais également
de la solution", souligne le chercheur qui se passionne
depuis plus de 20 ans pour le milieu amazonien. "J'ai
une fascination devant sa complexité, sa beauté
et les menaces qui le frappent", souligne celui qui
est également professeur associé à
l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université
du Québec à Montréal.

Déboisement sur les rives d'un
plan d'eau
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Dans la région brésilienne du Tapajos,
un affluent de l'Amazone, l'une des menaces les
plus connues reste la contamination au mercure en
raison de la déforestation. Pour fertiliser
les sols, les habitants déboisent de larges
étendues de forêts, exposant du coup
les sols aux pluies diluviennes. Cette forte érosion
produit un déversement du mercure (contenu
dans les sols) jusqu'aux rivières avoisinantes.
Une contamination que l'on doit pour 95% à
l'activité humaine mais pas aux milliers
de chercheurs d'or, comme on l'a déjà
cru. " Le mercure qui est utilisé
pour amalgamer les paillettes d'or et la contamination
qui en découle s'avère faible par
rapport à l'ensemble de la contamination.
C'est ce qui nous a mis sur la piste des sols",
explique Robert Davidson.
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"Human
exposure to mercury as a consequence of landscape
management and socioeconomic behaviors. Part I:
The Brazilian Amazon case study", Communication
dans le cadre de la 7th International Conference
on Mercury as a Global Pollutant, Ljubljana,
Slovénie, juin 2004
Global
Mercury Forum
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Grâce aux carottes d'échantillons
prélevées dans les rivières, les
chercheurs ont même identifié un moment où
le taux de mercure s'est multiplié par deux, voire
par trois: il y a une trentaine d'années, lorsque
la colonisation de la région a commencé.
Suite de
l'article: Un poison qui vient du sol
Isabelle Burgun