[ Ajouts - Dernier jour ] Les uns se démarquent par des déclarations intempestives, les autres font ce qu’ils peuvent pour repenser le processus par lequel les nations pourront atténuer les dégâts qui leur tomberont dessus dans les prochaines décennies. Deuxième partie de la revue de presse de la Conférence sur les changements climatiques.

11 décembre, 9h25 : Donc, c’est fait. Ils ont leur entente. Les pas sont trop modestes pour ralentir le réchauffement, les exigences pour les pays riches auraient pu être plus élevées, mais il y a un fonds d’aide pour aider les pays pauvres à s’adapter aux changements climatiques, des mécanismes pour le transfert de technologies vers eux et des sous pour la préservation des forêts. Quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, elle s’inspire de l’Accord de Copenhague de l’an dernier pour les cibles... et il restera à définir un mécanisme contraignant.

Le New York Times en offre un bon résumé. Kate Sheppard, de Mother Jones : It’s not perfect, but it’s a deal.

Mais la science, elle? Les scientifiques disent qu’il faut viser une augmentation maximale de deux degrés pour éviter des perturbations désastreuses du climat. Avec les cibles contenues dans cette entente, l’augmentation serait de 3,2 degrés, explique le New Scientist. C’est une entente, mais c’est loin d’être fini.

10 décembre, 23h05 : Sur YouTube : applaudissements des délégués peu avant 18h, lorsque la version préliminaire des deux textes finaux est dévoilée (pour les intéressés, ça ressemble à ça) par Patricia Espinosa, ministère mexicaine des Affaires étrangères. Moment encourageant. Mais il faut l'unanimité... et ils sont 194 pays. Lors de la plénière plus tard en soirée, la Bolivie se dit contre, mais les applaudissements nourris encouragent ceux qui sont pour. On veut contrer le mauvais sort?

10 décembre, 16h55 : Blogue en direct de la dernière journée —le 10 décembre— de la conférence, par le journaliste du Guardian. À 9 h (heure du Mexique), toujours modérément optimiste d'avoir une entente modérément... modérée. A midi, rumeurs d'un début d'accord à propos d'une portion d'une section de l'entente... les tourbières. On ne se peut plus.

Par ailleurs, le blogue Climate Progress offre une dernière chance de faire un tour d'horizon des omniprésents enjeux d'énergie.

10 décembre, 10h40 : Quelle que soit l’entente finale, « elle ne portera que sur une partie du problème » (voir 5 paragraphes plus bas). Voici une autre façon le voir : comme l’explique le Washington Post, on s’achemine, pas à Cancun mais ces dernières années, vers une toile d’araignée d’ententes régionales, bilatérales, ponctuelles, sur les bourses de carbone, les forêts, les économies d’énergie, etc. Est-ce que ça suffira à réduire les émissions de CO2? Pas évident. « Mais la faillite du leadership politique et le manque de consensus entre riches, pauvres et pays émergents, oblige à s’éloigner la façon dont le monde a abordé les politiques climatiques depuis deux décennies. »

10 décembre, 0h15 : On est vraiment entré dans le sprint final quand ça parle de « textes secrets », de « rumeurs de déblocage » et de « blâmes » à distribuer —tout ça dans la même phrase. Plus sérieusement, c’est l’Accord de Copenhague, lui qu’on a plusieurs fois vu surgir sur cette page ces derniers jours, qui pourrait émerger comme le « moins pire compromis ».

Mais un compromis sur quoi ? À ce stade, bien peu d’informations filtrent jusqu’aux oreilles des délégués des organisations non gouvernementales, rapporte René Audet sur notre blogue: « à peu près tout ce que l’on sait de l’état réel des négociations en ce moment est que les progrès sont difficiles et les échanges serrés. »

Perdue quelque part là-dedans, il y a la négociation sur la déforestation qui n’en finit plus de finir. La « réduction des émissions de la déforestation et de la dégradation des forêts », ou REDD (texte plus touffu pour les initiés, ici). Niveau de difficulté: le Français Thomas Matagne explique ici UN point des négociations, qui porte sur la façon de calculer UNE partie des émissions d'UNE partie des forêts.

De plus, pas facile d’obtenir l’unanimité, entre un président bolivien qui blâme le capitalisme pour les changements climatiques... et un premier ministre canadien.

Mais même si une entente devait sortir vendredi soir, il faudra se rappeler que l’enthousiasme ne portera que sur une petite partie du problème de la planète : la réduction obligée des émissions de gaz à effet de serre, de la façon dont le Protocole de Kyoto l’avait définie en 1997, est morte. Kyoto pourrait certes survivre sur papier, ne serait-ce que parce que les pays émergents s'y accrochent, mais concrètement, le Japon semble avoir enterré la semaine dernière toute perspective d’un traité « Kyoto 2 ». Ce que cela veut dire, c’est qu’en lieu et place, un nouveau processus de lutte contre les gaz à effet de serre semble en train de se mettre en place, qui regroupera davantage de pays mais dont on mettra des années à mesurer la véritable efficacité. Certains s’en réjouissent, alléguant que Kyoto n’allait plus nulle part, d'autres s’en inquiètent, alléguant que Kyoto était un premier pas avec lequel on était familier.

9 décembre, 22h45 : Avant de se quitter, quelques autres voix peu entendues depuis 10 jours. Deux reportages radio de Democracy Now, depuis Cancun, sur les agriculteurs, l’un (lundi) dans le cadre du « forum alternatif sur les changements climatiques et la justice sociale ». Et l’autre (mercredi), sur une grande manifestation de ces mêmes petits agriculteurs pour la « Journée mondiale pour la justice climatique ».

Par ailleurs, on n’a peut-être pas assez dit que le gouvernement du Mexique, qui fait généralement parler de lui pour autre chose que l’environnement, décroche une bonne note pour sa politique de protection des forêts. La gestion est confiée aux communautés, et ça semble fonctionner.

À l’autre extrémité du spectre, les chefs d’État. Comment mesurer si un pays se soucie des changements climatiques? Le New Scientist propose de regarder... qui a envoyé son chef d'État à Cancun. À part le président du Mexique, ceux qui sont là représentent 5% de la population.

9 décembre, 13h50 : Ça sent le sprint final, quand les prédictions de succès ou d’échec commencent à prendre l’allure des paris sportifs. Reuters analyse ici les « meilleurs » et les « pires » scénarios. Ce sera « plus meilleur » ou « plus pire » que l’Accord de Copenhague l’an dernier? Pour ceux qui comprennent le jargon, rendez-vous plutôt ici.

9 décembre, 12h10 : Encore trois mots sur les chefs des pays insulaires. Le président des Maldives rappelle que son État s’est engagé à devenir carbone-neutre d’ici 2020. S’il y en a qui doivent montrer l’exemple, ce sont bien ces États menacés de devenir sous-marins... Quant au président de Nauru, il craint que les négociations ne soient noyées... par le jargon. Et regrette que certaines nations sentent moins l’urgence... que d’autres.

8 décembre, 22h : Ceci nous avait échappé : Outreach, un excellent journal publié au quotidien pendant Cancun. Au menu de l'édition du 8 décembre : comment s’adapter aux changements climatiques, une entrevue avec le président de l’île de Nauru, un compte-rendu de l’atelier sur la gestion de l’eau, une victoire pour l’alliance des jeunes, et plus encore.

Pendant ce temps, contrastant avec l’optimisme prudent des dernières 24 heures (voir 7 décembre, 20h35), le New Scientist titrait ce matin que, découragés, les environnementalistes quittent le navire Cancun.

Plus circonspect, mais modérément optimiste : Mother Jones. Tandis qu’à sa droite, Business Week se montre plus fermé. Mais parlent-ils de la même chose? Business Week rejette l’hypothèse d’une entente « unique » qui couvrirait tout, tandis que Mother Jones se contente de constater que les États-Unis et la Chine sont moins loin l'un de l'autre qu’ils ne l’ont déjà été.

8 décembre, 18h20 : Un autre groupe à Cancun dont on n’avait pas encore entendu parler : le Climate Group. René Audet, sur place, le présente aujourd’hui sur Science! on blogue. Deux catégories de membres : les multinationales et les États fédérés, ce qui explique qu’on ait vu s’y pointer le premier ministre québécois Jean Charest. Qui a eu droit à de bons mots du premier ministre australien: Jean Charest serait-il l’Arnold Schwarzenegger de l’est de l’Amérique du nord?

7 décembre, 23h45 : Le discours du président de Nauru, l’un de ces états insulaires menacés de disparition (voir 3 paragraphes plus bas), discours prononcé au nom de 14 États du Pacifique, à la Conférence de Cancun.

Et une belle synthèse : l’état de la situation en date du 7 décembre, par le blogueur de The Economist. Lui aussi rappelle qu’on commet peut-être l’erreur d’associer trop vite « Copenhague » à « échec ». L’Accord de Copenhague, aussi minimal soit-il, comportait des avancées :

En dépit de sa naissance difficile, pendant les mois qui ont suivi, un grand nombre de pays se sont associés à l’accord, promettant des actions spécifiques sur le climat. Certains des câbles de WikiLeaks semblent montrer qu’une certaine pression diplomatique et financière a été appliquée sur ceux perçus comme traînards, ce qui dément l’idée selon laquelle les États-Unis ne se soucient pas des changements climatiques... Pour plusieurs, incluant les États-Unis et l’Union européenne, un objectif majeur de Cancun est d’intégrer ces promesses dans le processus de [la Convention sur les changements climatiques].

7 décembre, 20h35 : Tiens, voici un groupe dont on n’a pas encore parlé : l’Alliance des petits États insulaires. Qui pourrait bientôt devenir l’Alliance des petits États sous-marins. Et qui se sent bien abandonnée.

De son côté, le chef négociateur américain, Todd Stern, tient à assurer que son pays ne recherche pas une entente minimale. « Il a déclaré avec emphase qu’il n’était pas intéressé par une sorte d’entente pour sauver la face qui avancerait certains points mais laisserait de côté les problèmes les plus difficiles. »

En fait, écrit le même journaliste du New York Times plus tard dans la journée, « les États-Unis et la Chine semblent avoir considérablement atténué leurs différends. » La Chine se montre moins réticente à l’idée d’une tierce partie mettant son nez dans ses émissions —la vérification des réductions— et les États-Unis ont modéré leur attitude « tout ou rien » sur cette question. Quant aux forêts tropicales, toujours aussi litigieuses, l’aide financière pour leur préservation pourrait faire l’objet d’une entente séparée.

Des nouvelles encourageantes. Mais est-ce que ce processus consistant à sauter d’un sujet à l’autre —les forêts, l’eau, les femmes, la vérification, les réductions— pour les accrocher à une entente ou l’autre ne ressemble à la décoration d’un arbre de Noël? « On accroche un petit quelque chose pour tout le monde », ce qui fait un petit peu plaisir à tout le monde, mais n’a rien à voir avec un moment de grâce comme ce qu’avait été le Sommet de Rio, en 1992. La métaphore est justement de celui qui avait dirigé ces pourparlers sur les changements climatiques, de Rio jusqu’en 2002.

6 décembre, 21h30 : Encore des entrevues avec Bill McKibben, décidément très sollicité. L’une sur sa vision de l’avenir, l’autre sur ce qu’il pense de la menace des pays latino-américains de se retirer des négociations (voir, plus bas: 4 décembre, 18h50). Attention, si vous croyez au succès de Cancun, vous n’aimerez pas :

D’une certaine façon, ça pourrait être la meilleure chose qui puisse arriver. C’est ce qu’a été la dynamique de ces pourparlers depuis maintenant 15 ans. Les États-Unis arrivent et disent : « atténuez l’entente, pour que nous puissions avoir l’accord du Congrès... Tout le monde atténue l’entente, d’abord à Kyoto, puis à Copenhague. Et ensuite, le Congrès finit par ne pas signer. Vous savez, c’est comme un flirt qui ne va jamais nulle part. Et ça a fait échouer l’ensemble du processus une fois après l’autre.

L’optimisme est à peine plus de mise en français, comme en témoignait dimanche le Québécois René Audet, après avoir pris connaissance de la proposition d’entente.

Et pendant ce temps, cet accord pour ralentir la déforestation des forêts tropicales (qui était censé arriver l’an dernier) ça avance? « Il reste des gros trous à boucher », commentait vendredi Stacy Feldman de Solve Climate News. On est près d'une entente, se réjouit lundi l'Union of Concerned Scientists. À condition que les États-Unis et Hugo Chavez ne s'en mêlent pas, ajoute Grist.

6 décembre, 9h05 : Cancun, un lieu privilégié pour rencontrer les activistes de l'heure. Question au fondateur de 350.org, Bill McKibben : quelle est l’utilité des « événements » 350.org? « Vous obtenez de l’attention, mais à quelle fin? » (plus sur 350.org ici)

Et le droit à un environnement sain, est-ce un droit humain? Maude Barlow y croit certainement : c’est elle qui a contribué à faire voter aux Nations Unies, l’été dernier, « le droit à une eau potable » comme un droit fondamental. Entrevue ici.

5 décembre, 20h45 : Des « non-textes » de vendredi dernier (voir 4 décembre, 9h58), on est passé samedi aux « premiers jets ». Une hypothétique entente qui, résume Andrew Revkin, repose sur « une vision partagée d’une coopération à long terme » —de bien beaux mots, mais c’est ensuite que ça se corse : à plusieurs égards, ce document prend pour point de départ l’Accord de Copenhague de l’an dernier, mentionne Kate Shepard de Mother Jones , « sans jamais le mentionner », et il tente de construire à partir de là.

Par exemple, il est proposé que les pays se fixent les objectifs nécessaires à « limiter la hausse des températures globales à deux degrés », et que ces objectifs soient révisés entre 2013 et 2015, en fonction des nouvelles connaissances. Le document fournit toutes les bases nécessaires pour que chacun puisse faire des compromis cette semaine... à condition de bien vouloir faire des compromis.

Détail significatif, quoique seulement rapporté par Charles Hinley, de l’AP : sur les 1300 mots de ce texte... seulement 170 ne seraient pas contestés.

5 décembre, 9h30 : Deux personnalités, deux réactions. D’un côté, Christiane Figueres, grande patronne de ces pourparlers à Cancun, les larmes aux yeux lors d’une rencontre, mercredi, avec de jeunes militants, alors qu’elle admet sa déception face au manque d’ambition des chefs politiques. « C’est vous. C’est la prochaine génération. Nous faisons ça, mais ça n’a rien à voir avec nous. Tout est à propos de vous. Nous avons causé ce problème, mais vous allez devoir en payer le prix. ».

De l’autre, le sénateur américain James Inhofe, chef de file des climato-sceptiques, fier de voir que les pourparlers pourraient aboutir à un échec, déclare : « J’avais raison et ils avaient tort ».

5 décembre, 8h15. La négociation, un art de l’évasion ? Dans cette lettre ouverte à Guy Saint-Jacques, principal négociateur du Canada, la représentante de la Délégation de la jeunesse canadienne à Cancun le remercie d’avoir pris 45 minutes de son précieux temps pour les rencontrer... mais tout en réussissant à ne répondre à aucune de leurs questions.

J’aspire à pouvoir un jour maîtriser l’art de l’évasion, et j’espère que vous pourrez m’enseigner cet indispensable talent. Après tout, comme vous l’avez démontré dans la rencontre d’hier, vous êtes hautement capable de parler en long et en large d’un sujet sans fournir la moindre information nouvelle.

4 décembre, 18h50. Alors, Kyoto : fini, pas fini? Voilà les pays latino-américains qui menacent de se retirer si les pays riches ne s’engagent pas formellement à respecter leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre, selon The Guardian. Autrement dit, ces pays refuseraient de se contenter de négocier sur la base du (faible) Accord de Copenhague (voir 2 paragraphes plus bas). On en saura plus samedi soir. Dans les mots du journaliste du Guardian :

Kyoto est emblématique dans les pays en voie de développement, parce qu’il est la seule entente légale qui lie les pays riches aux réductions d’émissions. La crainte, c’est que les pays riches, menés par les États-Unis (qui n’ont pas ratifié Kyoto), recherchent une entente qui ne leur donnera pas de véritable obligation d’atteindre des cibles.

4 décembre, 11h03. Dans la série « saviez-vous que »: puisqu’on parle continuellement d’un traité « Kyoto 2 », on présume que vous savez ce qu’est le Protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre, et que vous savez qu’il arrive à échéance en 2012. Mais que savez-vous des conséquences auxquelles s’exposent les vilains pays qui n’ont pas atteint leurs objectifs de réduction? Le délégué français Thomas Matagne vous résume :

Le Protocole de Kyoto est en grande difficulté : la plupart des pays n’auront pas respecté leurs engagements en 2012. Il existe une sanction théorique qui est le report de la réduction non réalisée en 2012 sur la période suivante, avec une pénalité de 30%. Mais il faut pour cela que les pays acceptent une seconde période d’engagement… Or, le Japon refuse, la Russie et le Canada traînent sérieusement des pieds. Il resterait donc peu de monde : l’Europe et l’Australie comme principaux émetteurs. Alors qu’en 1997, les pays inclus dans le Protocole représentaient 56% des émissions mondiales, ils n’en représentent que 27% aujourd’hui.

Or, on l’oublie souvent, mais Copenhague s’était tout de même achevée par une entente —« l’Accord de Copenhague », tout simplement. Entente bancale et non contraignante, mais mettant au moins sur la table des cibles de réduction des gaz à effet de serre —et couvrant 84% des émissions de gaz à effet de serre de la planète, soit loin au-dessus des pauvres 27% qui restent à Kyoto. L’Accord de Copenhague pourrait-il être la base de ce « Kyoto 2 »? L’auteur et consultant en politiques environnementales Andrew Light semble y croire, mais ne pariez pas toutes vos économies là-dessus: parce qu'une entente qui fixerait des cibles de réduction pour 2020, tout en négligeant de pénaliser ceux qui n'ont pas atteint leurs cibles en 2012, ça ne ferait pas très sérieux...

4 décembre, 9h58. Dans la série « saviez-vous que »: qu’est-ce qu’un « non-texte »? C’est un texte (eh oui) que les négociateurs commencent à écrire à mi-chemin d’une rencontre comme celle-ci (on est entré dans la deuxième semaine), de manière à avoir quelque chose de concret lorsque leur ministre arrive pour le sprint final.

Parmi les rumeurs, celle-ci, résumée par le délégué René Audet sur notre blogue :

Selon des informations qui circulent informellement, les négociateurs seraient très près d’une entente en ce qui concerne les émissions émanant des modes d’utilisation des terres. Ce sujet de négociation (...) encadre la comptabilisation des réductions d’émission relatives à l’augmentation des « puits de carbone » comme la reforestation ou encore aux changements dans l’utilisation des terres.

Parlant de forêts justement, non loin de Cancun, c’est le sort d’une forêt de 48 000 hectares qui se joue. L’auteur Sam Adams s'est rendu dans la petite ville maya de Felipe Carrillo Puerto, qui a tout à gagner si 194 pays se décident enfin à signer (on l’espérait l’an dernier) l’entente REDD, sur la protection des forêts tropicales.

3 décembre, 22h: La première semaine s’achève dans un climat... de confusion. Les attentes n’étaient déjà pas élevées, mais la déclaration du Japon —qui semble envoyer au panier toute perspective d’un traité « Kyoto 2 »— « a rejeté dans l’ombre des progrès » qui émergeaient pourtant sur d’autres questions, écrit le journaliste Jeff Tollefson, de Nature.

Pas de solution en vue donc. Ou plutôt, oui, il y en a une, mais elle nécessiterait beaucoup d’humilité, parce que plusieurs l’interpréteront —à tort— comme une défaite.

« Nous devons accepter que ça va prendre du temps », déclare [Eliott Diringer, vice-président en stratégies internationales au Pew Center for Global Climate Change, à Arlington]. Il suggère que les pays seraient bien avisés de mettre de côté les pourparlers en vue d’un traité final, et de se concentrer plutôt sur de plus petites ententes qui pourraient commencer à mettre en place certains des éléments d’un accord plus large. « Nous devons comprendre que le régime international est un processus en évolution. »

Lorsque le journaliste de Nature a écrit cet article dans la journée du 3 décembre, il n’avait manifestement pas entendu la rumeur : le Canada s’oppose lui aussi à un « Kyoto 2 ». Réaction outrée de Steven Guilbault, d’Équiterre, dans ce communiqué du Réseau Action Climat : « Le Canada fait partie du problème, pas de la solution ». Un scoop!

La première partie de cette revue de presse est ici .