100 ans après, comment les médecins donnaient-ils des soins dans les tranchées et derrière les lignes du Front? Le quotidien d’un médecin du Languedoc-Roussillon plongé dans la Première Guerre mondiale…

«Le début de la guerre ne fut pas rose pour le service de Santé. Il y eut pénurie et absence de remèdes. Le ravitaillement était difficile. Des décès nombreux furent dus au tétanos et à la gangrène gazeuse. Les pansements restaient de nombreux jours dans la poussière et la paille (…). J’ai été l’ami des malades, leur confident. Tous les jours le courrier a apporté des lettres. C’est ma récompense. J’en suis très fier. Malheureusement, j’ai vécu moi-même la vie des hôpitaux».

Les mots, qui nous parviennent du début du siècle précédent, sont ceux du Dr Paul Duplessis de Pouzillac. Le médecin, né à Narbonne (Aude, France) le 27 aout 1882, était connu également comme romancier et fondateur de la revue littéraire et artistique Septimanie.

Son ouvrage Les mouettes aux croix rouges: contes médicaux de guerre, un modeste volume a paru en 1916. Le récit de guerre comporte d’innombrables croix rouges apposées par la censure, dissimulant pour tout jamais à la vue de multiples passages et paragraphes du quotidien du médecin de guerre.

Si le livre nous éclaire sur la vie difficile —et héroïque— des médecins et aides-soignants, l’exposition à laquelle il appartient nous informe sur l’omniprésence de la censure, de la propagande et de l’endoctrinement de la population française et aussi des enfants.

Réalisée et présentée par la Médiathèque du Grand Narbonne, elle présente de nombreux artefacts (obus, coupons de rationnement, permissions, etc.) mais surtout de nombreux écrits —des articles de journaux aux lettres de soldats.

En marge de la présentation, de nombreux livres et récits consacrés à la Grande Guerre peuvent être empruntés par les curieux. Je suis repartie avec la bande dessinée Mattéo —1ère époque (1914-1915), de Jean-Pierre Gibrat, parue chez Futuropolis. Une lecture de vacances!