Sur les bords du lac Saint-Jean et au cœur des Montérégiennes vous attendent, même au plus profond de l’hiver, les charmants pensionnaires de deux jardins zoologiques. Rien de tel que la compagnie de quelques flocons pour découvrir ces lieux enchanteurs.

Tout au long de ses 485 hectares, le Zoo sauvage de Saint-Félicien présente des animaux bien adaptés au climat québécois: ours polaire, bœuf musqué et lynx d’Amérique mais aussi tigre de l’Amour, chameau de la Bactriane et macaques japonais. En effet, tous les résidants proviennent du nord de l’hémisphère nord. Ils connaissent bien la neige et le froid, ce changement de saison qui gonfle leur fourrure les incite à hiberner ou les pousse à migrer sous d’autres latitudes.

Bien qu’ils ne craignent pas le froid, les oies et les canards ont besoin d’un plan d’eau libre de glaces pour s’ébattre en toute quiétude. Ils bénéficient donc d’un pavillon chauffé. Ils y sont également à l’abri des prédateurs, comme ce pygargue à tête blanche qui est venu cet automne lorgner l’état de son garde-manger. Une visite qui a quelque peu précipité la «migration» de la volière du zoo vers des quartiers plus sécurisés.

Le zoo est ouvert tous les jours, mais il propose aussi des activités spéciales comme la préparation des repas des ours blancs ou des tigres. La biologiste Christine Gagnon, directrice à la conservation et l’éducation, explique pourquoi ces activités sont si importantes pour les animaux: «En nature, les animaux passent énormément de temps à chercher de la nourriture: ils se déplacent, ils chassent, ils broutent. Mais en captivité, le buffet est servi directement sous leur nez. Les animaux risquent de s’ennuyer. Il est donc important de leur donner des défis, de les stimuler tant mentalement que physiquement.» Et ces activités sont très appréciées, tant des pensionnaires que des visiteurs.

Le Zoo de Granby invite également ses visiteurs à confectionner la collation des animaux. Hélène Bienvenue, conseillère en communication et marketing, précise que la diète doit parfois être ajustée soigneusement aux conditions climatiques. Jour de tempête ou froid glacial, l’hiver est l’occasion de repas riches en énergie. Cependant, chaque jour voit la préparation d’une diète différente. Flocons de neige, verglas ou ciel bleu influencent directement le temps que les animaux passent dehors. Les biologistes adaptent donc la quantité de calories du repas à celle dont les animaux auront besoin.

De façon surprenante, quasiment tous les pensionnaires du zoo se laissent admirer l’hiver. Certains profitent de l’extérieur quand d’autres apprécient la douce chaleur des pavillons. Le promeneur pourrait par exemple se réchauffer dans le pavillon des éléphants, accessible uniquement lors de la saison froide, en compagnie des pachydermes et des girafes. Par contre, leurs compères africains, les zèbres, sont dehors. Comme les wallabys d’Australie, ils se sont très bien acclimatés aux rigueurs de l’hiver québécois.

Enfin, ne boudez pas votre plaisir. L’hiver est la meilleure saison pour observer les animaux. Dès que le soleil sort, ils s’installent sur des promontoires exposés afin de profiter de sa chaleur. Parés de leur plus belle fourrure, ils s’étendent et se détendent nonchalamment sous nos yeux.

Par Brïte Pauchet.

Ce billet a également été publié sur le site BriteSciences et sur le blogue du Calendrier de la science.