Une étude dirigée par des scientifiques de l’Université de Berkeley a démontré qu’il serait possible de recréer les composantes psychoactives du cannabis, à partir de la levure de bière.

Par Quentin Fachon

Comme rapporté sur le site de la revue scientifique Nature, le processus chimique dont il est question consiste à transformer le sucre que l’on trouve dans la levure, le galactose, en tétrahydrocannabinol (THC), la composante psychoactive principale du cannabis, celle qui génère le fameux buzz, ainsi qu’en cannabidiol (CBD), la composante de la plante prisée pour ces bienfaits thérapeutiques potentiels contre l’anxiété et la douleur.

L’objectif de ces explorations chimiques serait d’arriver à synthétiser en grande quantité, et à des coûts avantageux, ces composantes de plus en plus en demande et difficiles à trouver dans la nature.

Mais selon David Kideckel, un spécialiste du cannabis chez AltaCorp Capital à Toronto, il faudra patienter encore un peu avant d’arriver à une synthèse assez rentable pour qu’elle soit commercialisée. D’après lui, on parle d’un 18 à 24 mois de recherche supplémentaire avant que le produit en question ne soit vendu aux compagnies pharmaceutiques et rendu accessible au grand public.

Pour certains, cela dit, la levure de bière ne serait même pas la meilleure façon de synthétiser le cannabis. C’est du moins ce que pense Ronan Levy, chef de la stratégie chez Traits Biosciences à Toronto. D’après lui, rien ne pourra jamais battre la plante, elle-même, en termes de pureté et de potentiel de production. Trait Biosciences est d’ailleurs en train d’expérimenter génétiquement avec la plante pour tenter de la rendre plus efficace qu’au naturel. En gros, ils tentent d'en modifier la structure génétique pour que chacun de ses tissus, pas juste les glandes de résine habituelles, se mettent à générer des composantes dignes d’intérêt, ce qui rendrait la plante beaucoup plus riche et efficace en termes de production.