David Saint-Jacques l’avait déjà dit : voyager dans l’espace ça peut rendre malade.

En effet, le retour de notre astronaute québécois sur Terre n’a pas été de tout repos. Aussitôt rattrapé par la gravité à la descente de la capsule Soyouz le 24 juin dernier, David Saint-Jacques éprouve des malaises qui s’apparentent au fameux mal des transports. « Je me sens un peu nauséeux » affirme l’astronaute à l’équipe russe de récupération dans les plaines du Kazakhstan en Asie. De plus, il peut éprouver des troubles de vision et des étourdissements.

L’astronaute canadien à la retraite, Bob Thirsk, ayant vécu l’expérience, explique les effets désagréables d’un retour sur Terre, devant une salle bondée d’invités au siège social de l’Agence spatiale canadienne pour fêter le retour de l’astronaute québécois le soir de la Fête nationale du Québec.

Pourtant, David Saint-Jacques a atterri de manière sécuritaire, mais brusquement avec ses deux coéquipiers, le Russe Oleg Kononenko, sorti de la capsule le premier, suivi de l’Américaine Anne McClain.

Saint-Jacques ajoute à l’équipe de Radio-Canada venu le voir « La gravité n’est pas mon amie ». Selon Bob Thirsk, lui-même médecin, le Dr David Saint-Jacques aura besoin d’une réadaptation à la gravité d’un an pour récupérer, entre autre, le calcium perdu durant sa mission de six mois à bord de la Station spatiale internationale.

Aussitôt extirpé de son siège de l’étroite capsule Soyouz vers 23 h 12, Saint-Jacques a été examiné par son médecin personnel et d’autres professionnels de la médecine. Son voyage de retour avait commencé vers 19 h 24 (heure de l’Est) lors du désamarrage de la station spatiale, pour se terminer proche de la ville de Zhezhazgan en plein cœur du Kazakhstan.

L’astronaute québécois affirme « On est tombé du ciel littéralement. Une fois qu’on se convainc que ce n’est pas dangereux, c’est le fun ! » Le frottement avec l’atmosphère terrestre à près de 28 000 kilomètres à l’heure, la chaleur du bouclier thermique approchant 2 000 degrés Celsius et le freinage avec le déploiement d’immenses parachutes jusqu’à un impact de quelques mètres par seconde n’ont pas érodés la fierté de David Saint-Jacques de réussir son exploit.

Il détient maintenant le record des astronautes canadiens avec plus de 204 jours passés en orbite autour de la Terre. Retournera-t-il dans l’espace ? Nul ne le sait !

Sauf qu’après quelques jours de réadaptation, David Saint-Jacques se dit aller mieux mais fait l’objet d’intenses observations de la part des scientifiques. Qu’en serait-il s’il arrivait dans la gravité de la planète Mars, après six mois de voyage soit la longueur de son séjour dans la Station spatiale internationale ? Serait-il capable de débuter immédiatement une mission d’exploration ? Nul ne le sait encore avec précision mais les scientifiques y pensent.

Et le problème de l’exposition aux radiations autant durant le voyage aller et sur la surface de la planète Mars. Les recherches se poursuivent malgré plusieurs questions sans réponses et des contre-mesures qui se font attendre.

Nous sommes encore loin d’une annonce officielle d’expédition internationale sur Mars avant la décennie 2040. Il faudra probablement concevoir un vaisseau spatial capable de créer une gravité artificielle, de se propulser plus rapidement pour atteindre Mars en quelques semaines mais ça c’est encore de la science-fiction !