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Des étudiants en médecine qui deviennent des influenceurs sur Instagram. Une bonne nouvelle pour la vulgarisation scientifique ? Pas s’ils tombent dans le même piège que bien des influenceurs, celui de la publicité plus ou moins cachée.

Chaque pays a ses médecins qui sont devenus, par le biais de la radio ou de la télé, des vulgarisateurs connus, voire des célébrités. Dès les années 2000, plusieurs d’entre eux ont investi avec succès l’univers des blogues. Ce n’était donc qu’une question de temps avant que la jeune génération ne découvre Instagram.

Mais dans un billet récemment publié par le magazine Slate, l’étudiant en médecine Vishal Khetpal s’inquiète du nombre « croissant » de ses confrères et consœurs qui choisissent d’arrondir leurs fins de mois en endossant des produits sur Instagram — un phénomène courant chez les « instagrammeurs », mais qu’on avait jusqu’ici l’habitude de voir associé à des produits de beauté ou à des repas au restaurant.

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C’est ainsi qu’au milieu de photos de salles de cours ou de selfies pris juste avant une chirurgie, on trouve ce qui s’apparente à des publicités (présentées ou non comme telles) de livres médicaux ou de vêtements, mais aussi, ce qui semble éthiquement beaucoup plus douteux, de suppléments protéinés ou d’aliments censés venir en aide « à l’étudiant de 3e année ».

Je peux certainement partager l’impulsion de s’associer à une compagnie pour annoncer ses produits : les études de médecine sont coûteuses. Mais les compagnies ciblent ces personnes très certainement parce qu’elles savent que les étudiants en médecine peuvent offrir un vernis d’objectivité à leurs produits.

La plus populaire des étudiantes instagrammeuses — plus de 60 000 abonnés — se présente comme « étudiante en médecine et influenceuse en mode et beauté ».  

Réagissant à ce texte sur Twitter, l’urgentologue Jeremy Faust, de l’Université Harvard — et aussi blogueur — en appelle aux écoles de médecine : devraient-elles se doter « de politiques internes à ce sujet (comme de les interdire, mais je suis ouvert à d’autres arguments). »

Et encore, personne n’a — pour l’instant — déposé de plainte contre un étudiant qui, comme certains praticiens des années 1930 (ci-dessous) à 1950, aurait été payé pour des publicités de… cigarettes

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