Une fois n'est pas coutume, on apprend que la nature n'est pas en grande forme. Cette fois, ce sont les plantes à fleurs qui vont mal, surtout dans les régions à forte biodiversité: il n'y aurait plus assez d'animaux pour répandre leur pollen et ainsi, assurer la reproduction de toutes!

C'est le risque soulevé par des chercheurs américains et australiens qui ont passé au peigne fin des centaines d'études, portant sur la pollinisation de 241 espèces de plantes à fleurs et menées un peu partout sur la planète depuis 1981. Ils viennent de publier cette synthèse dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences). Selon eux, les écosystèmes qui présentent le plus grand nombre d'espèces (Amérique du Sud, Asie du Sud-Est, Afrique du Sud) affichent des situations plus alarmantes. À cela deux raisons dont la première est... l'incroyable diversité végétale

En d'autres termes, les plantes ont beau rivaliser d'ingéniosité pour le séduire, le pauvre petit pollinisateur (colibri, abeille, chauve-souris, etc.) ne parviendra pas à toutes les exaucer. Parcourant d'impressionnantes distances à la recherche de ses favorites, il perdra une partie de sa précieuse cargaison et atterrira enfin, épuisé mais heureux, sur sa piste à pétales préférée, contribuant très modestement à cette reproduction sexuée végétale.

Mais qui dit de moins en moins de pollen, dit graines et fruits... de plus en plus petits !

Il y a une autre raison , disions-nous: " Les pollinisateurs sont globalement en déclin en raison de la perte et la destruction de leur habitat, de l'usage de pesticides, de la présence d'espèces invasives et de l'extinction des vertébrés " résume Tia-Lynn Ashman, biologiste de l'Université de Pittsburgh.

Par manque de recul, les scientifiques ignorent si ce phénomène est récent ou non. Mais il a au moins le mérite de nous rappeler à quel point nos connaissances restent limitées concernant l'influence de l'intervention humaine.