L'Agence Science-Presse est un média indépendant, à but non lucratif, fondé à Montréal en 1978. Sa mission est d’alimenter les médias en nouvelles scientifiques. Elle est la seule agence de presse scientifique au Canada et la seule de toute la francophonie qui s'adresse aux grands médias plutôt qu'aux entreprises.

La principale publication de l'Agence a longtemps été le bulletin Hebdo-Science et technologie. Les médias abonnés à son service de presse peuvent réutiliser l'ensemble de son contenu, qui consiste en des articles journalistiques et des brèves sur différents sujets à teneur scientifique.

Mais depuis 1996, le site web de l'Agence a pris une importance considérable, au point de supplanter le bulletin: davantage de gens lisent désormais les textes de l'Agence Science-Presse via le site web. Ainsi, le site internet de l'Agence est visité par près d'un million de visiteurs chaque année, et sa présence est forte sur les réseaux sociaux (plus de 20 000 abonnés sur Twitter).

Contexte

La science figure rarement parmi les priorités des grands médias, ce qui fait que l'Agence Science-Presse a toujours évolué dans un contexte difficile. Pour des avancées dans un secteur (par exemple, une nouvelle page science hebdomadaire), on observe des reculs ailleurs. Tout lecteur de quotidien peut remarquer que l'information scientifique arrive loin dans l'ordre des priorités, après la politique, les arts, l'information locale, les sports... et parfois même l'horoscope !

Sur Internet par contre, l'Agence s'est retrouvée avec un avantage sur les autres médias: comme elle existait déjà, depuis 1978, en tant que productrice régulière d'informations scientifiques, cela a permis au site web d'entamer une production à peu de frais, et de la poursuivre sans interruption depuis, là où beaucoup d'autres efforts de vulgarisation scientifique sont au contraire apparus et disparus.

Historique

Tout a commencé au printemps 1978 lorsque trois Québécois se sont présentés à une réunion où, à Ottawa, un groupe de gens planifiait la création d'un magazine scientifique pan-canadien. Devant l'insistance de ces "trouble-fêtes", venus dire qu'un tel magazine existait déjà en français, au Québec, et qu'il vaudrait mieux créer un magazine en anglais d'une part, et quelque chose d'autre en français d'autre part, une partie des fonds prévus a été allouée à la création de cet "autre chose": ce fut l'Agence Science-Presse.

Pourquoi une agence de presse scientifique? Il était clair, a plus tard écrit Gilles Provost, un de ces trois Québécois, que Québec Science ne rejoignait qu’une mince couche de la population, assez sensibilisée aux sciences pour acheter un magazine spécialisé. Alors, qui d’autre rejoindre? La clientèle des journaux quotidiens ou, mieux encore, celle des hebdos régionaux, distribués gratuitement.

À l’époque, ces hebdos étaient florissants. Au cours des années 1980 et 1990, un grand nombre ont disparu ou ont été absorbés par les géants du monde des médias (Quebecor et Transcontinental). Mais entretemps, l'Agence avait diversifié ses opérations: la plus connue de ses créations est le magazine scientifique pour jeunes Les Débrouillards: né en 1982, il est devenu aujourd'hui une entité indépendante qui a lui-même engendré d'autres créations (émissions de télé, livres, site web, CD, etc.).

Au fil du temps, l'Agence a produit des bulletins pour les radios abonnées, des chroniques pour des journaux quotidiens comme Le Journal de Montréal et La Presse, une émission de télévision dans les années 1980 et une autre, baptisée Eureka, en 2007, des recherches pour des émissions scientifiques et de la rédaction d'ouvrages de nature encyclopédique ou scolaire. L'Agence a également publié des livres de vulgarisation, dont une trilogie à l'occasion de son 25e anniversaire (2003).

Sur le web, elle s'est également distinguée par son abondance d'hyperliens externes: là où beaucoup de médias ont choisi la stratégie de retenir le plus longtemps possible les visiteurs sur leur propre site par des hyperliens internes, l'ASP a toujours eu pour caractéristique d'être ouverte sur les autres sites web (revues de presse et liens à l'intérieur même des articles journalistiques).

En 2005, l'Agence a créé Science! on blogue, le premier réseau de blogues rédigés par des scientifiques en langue française. Ce travail a été complété par un livre en octobre 2007 sur le phénomène alors naissant des blogues de science. Elle a été au coeur de deux anthologies de meilleurs blogues francophones de science, en 2013 et 2014.

Le premier directeur général de l'Agence a été Félix Maltais, qui a occupé ce poste de 1978 à 1994. C'est lui qui, en septembre 1979, a lancé une chronique hebdomadaire pour jeunes: cette chronique est devenue en 1982 un petit bulletin, "Je me petit-débrouille", premier numéro de ce qui est aujourd'hui le magazine Les Débrouillards. L'Agence a également été dirigée par Michel Marsolais (1994-1996) et Pascal Lapointe (1996-2006). La directrice actuelle est Josée Nadia Drouin.

L'Agence a également été de tout temps une porte d'entrée sur le métier de journaliste scientifique: en 2003, une recension effectuée à l'occasion du 25e anniversaire a permis de constater que la majorité des journalistes scientifiques du Québec, et une bonne partie des gens gagnant leur vie en communication scientifique, avaient fait, au début de leur carrière, des piges journalistiques pour l'Agence Science-Presse. La crise qui sévit en journalisme scientifique depuis longtemps a aussi fait converger vers l'Agence de nombreuses réflexions sur l'avenir du journalisme scientifique et sa place dans l'univers de la communication scientifique. Bien avant qu'on parle de fausses nouvelles et de faits alternatifs, l'Agence s'est régulièrement fait un devoir de publier des reportages et des billets de blogue sur la désinformation et les pseudosciences. L'Agence a été au coeur d'une initiative québécoise de promotion du journalisme scientifique, baptisée #100lascience, en 2016. Et cette même année, elle a lancé ce qui est à notre connaissance le premier site de vérification des faits (fact-checking) sur la science en français, le Détecteur de rumeurs.