Connaissez-vous les séismes glaciaires? Vous ne risquez pas de vivre un séisme glaciaire, à moins de vivre vous-même sur un glacier. Mais voici en quoi consiste cette notion étrange apparue dans la foulée des dernières études sur le réchauffement des calottes glaciaires?

Pourquoi un glacier bouge-t-il?

C'est la question par laquelle il faut commencer. Il a fallu les derniers progrès technologiques pour en avoir un portrait plus précis. La glace, en fondant, "lubrifie" en quelque sorte le roc sur lequel repose le glacier, et favorise son déplacement: celui-ci "glisse" en quelque sorte plus vite.

Un glacier accélère-t-il ou fond-il simplement plus vite?

Un mélange des deux. Toutes les études de la dernière décennie pointent vers une diminution de la taille et de l'épaisseur des glaciers, autant ceux de l'Arctique et de l'Antarctique que ceux des montagnes. Mais ils bougent également (http://www.newscientist.com/article/dn8889-glacial-earthquakes-rock-greenland-ice-sheet.html). L'accroissement de la fonte leur procure plus de "lubrifiant", donc, ils bougent plus vite.

Comment un glacier peut-il provoquer un séisme?

Même si ce n'est "que" de la glace, un glacier est tout de même une masse de plusieurs millions de tonnes. Or, une masse de plusieurs millions de tonnes qui se déplace, même si ce n'est que de quelques centimètres par année, est capable d'arracher des flancs de montagnes. "L'arrachage" peut prendre des années, mais il finit tôt ou tard par atteindre un point de rupture: c'est ce qui provoque le séisme.

Ce séisme est-il perceptible?

Par les instruments, chaque fois, mais par les humains aussi, parfois. La semaine dernière dans Science, Göran Ekström, de l'Université Harvard, décrivait une secousse de l'ordre de 5 à l'échelle de Richter, causée par le déplacement de 10 mètres d'une paroi de glace de la hauteur de l'Empire State Building et de la taille de l'île de Manhattan!

Y aura-t-il davantage de séismes?

Si la tendance se maintient, oui. Plus la température augmente, plus la fonte s'accélère et plus les glaciers bougent. Entre 1993 et 2002, Ekström et son équipe ont calculé 6 à 15 séismes glaciaires. Mais le total a grimpé à 20 en 2003, à 23 en 2004 et à 32 dans les 10 premiers mois de 2005. Ces chiffres ne font que confirmer que la glace fond bel et bien plus vite que prévu au Groenland et en Arctique.