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L'homosexualité au musée... d'histoire naturelle

Agence Science-Presse, le 6 novembre 2006, 0h00

(Agence Science-Presse) Les groupes de droite qui décrivent encore l’homosexualité comme une tare contre-nature ont du rattrapage à faire. On compte désormais plus de 1000 espèces d'animaux chez qui des comportements homosexuels ont été observés. Au point où, à Oslo, en Norvège, un musée leur consacre actuellement une exposition.

L'homosexualité au musée... d'histoire naturelle
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L'homosexualité au musée... d'histoire naturelle

"Normalement", déclare le zoologue Geir Söli dans les pages du journal allemand Der Spiegel, "les musées d’histoire naturelle présentent des choses plutôt ennuyeuses." Deux girafes mâles dans une posture qualifiée d’équivoque, un couple de cygnes lesbiennes ou deux baleines mâles se masturbant, n’est pas ce qu’on s’attend à voir dans un tel lieu.

Les conservateurs du Musée d’histoire naturelle d'Oslo, qui ont travaillé sur ce projet depuis trois ans, affirment que cette idée d’une exposition sur l’homosexualité chez les animaux est bien accueillie en Norvège, en dépit de quelques opposants plus bruyants au début. De nombreuses familles y viennent, et cela non plus n’a engendré aucune vague de protestation.

Il s’agirait de la première exposition consacrée à ce sujet.

Le Musée ne cache pas que ses objectifs sont un tantinet politiques: "nous espérons contribuer à rejeter l’argument trop connu selon lequel le comportement homosexuel est un crime contre-nature", résume le zoologue Petter Bockman. Le titre de l’exposition n’y échappe pas: Contre-nature?, avec le point d’interrogation.

Trop souvent, reproche Geir Söli, les zoologues ont refusé de voir les comportements homosexuels chez les animaux qu’ils observaient. Le simple fait pour une girafe mâle de renifler une femelle était classé dans la case "intérêt sexuel". Mais si un mâle en grimpait un autre, dit-il, les scientifiques préféraient classer cela dans la catégorie "lutte pour le territoire" –même lorsqu’il y avait éjaculation. Si tel est le cas, préviennent les responsables de l’exposition, cela signifie que ce total de plus de 1000 animaux chez qui de l’homosexualité a été observée va continuer d’augmenter dans les années à venir, à mesure que les observations vont se poursuivre.

3 commentaires

Portrait de E.B.

"Comme pour les humains, il existe des animaux malades..." est bien pauvre comme commentaire. Commentaire qui a été écrit à la suite d'une lecture où l'on traite d'homosexualité. Je crois qu'il y a là préjugé ou grande ignorance. La solution pour l’un ou l’autre : l’éducation. La richesse d’un monde est sa culture, sa compréhension et son acceptation de la vie. Il est vrai qu'il existe des humains malades et des animaux malades. Cela est un fait. Toutefois, il faut comprendre que la maladie à une relation directe avec la santé des vivants, bonne ou mauvaise. Ce que j'avance n'a rien d'une thèse universitaire, le jeune de huit ans comprendrait.

Pour ce qui est de l'article dont il était question, je suis très surpris de l'existence de l'homosexualité dans toutes ces espèces. Je suis convaincu que l'expérience familiale au musée doit être très enrichissante et très importante dans les relations parent-enfant. Peut-être les tabous étaient-ils toujours présents (avant la visite) et le questionnement des enfants a permis de développer le sujet et créer des conversations très enrichissantes. Dans nos sociétés, il faut miser sur les communications, principalement dans le noyau familial. Comme quoi l'enfant doit se sentir libre de poser ses questions et libre d'exister. De là le regard critique de l'enfant envers lui-même.

Ceci étant dit, les comportements des êtres humains et des autres animaux sauvages, terrestres ou aquatiques, sont souvent difficiles à expliquer et comprendre, mais encore faut-il accepter la vie telle qu'elle est. Merci pour cet article.

Portrait de Visiteur

Comme pour les humains, il existe des animaux malades...

Portrait de Thierry LODE

Il est toujours aussi difficile de parler de l'homosexualité des animaux en science évolutive et nombre de théories du choix sexuels présentent une explication génétique qui semble vouloir clore le débat ou encore une explication hormonale. En fait, l'homosexualité animale, et notamment l'homosexulaité des animaux individualiste pose bien des problèmes à la théorie évoltive et révèle probablement l'incidence du conflit sexuel. Voir (http://endehors.org/news/les-animaux-sont-ils-libertaires-en-amour)
Il faut souligner qu'il est presqu'impossible de publier sur ce sujet tant les réticences sont grandes. L'animal homosexyuel existe bien, mais ne colle pas n,écéssairement à l'image du couple fermé qu'on veut imposer...
Bref, nous avons encore besoin de jeunes chercheurs audacieux en biologie.