Après plus de 40 ans passés dans le monde du journalisme, James Cornell n’est pas peu fier. Pourtant, dans le hall du Hyatt Hotel de Melbourne, où se déroule la 5e conférence des journalistes scientifiques, l’ex-président de l’International Science Writers Association (ISWA) se fait discret. Très occupé à se préparer pour sa conférence, il esquive poliment les sollicitations de ses jeunes confrères qui veulent partager sa grande expérience du métier.

C’est vrai que l’Américain a eu une carrière bien remplie. Un parcours plutôt surprenant pour quelqu’un que rien ne prédestinait au journalisme. En effet, son premier contact avec l’univers médiatique date de 1961. Alors qu’il est étudiant au Hamilton College à New York. « À cause de mes talents de comédien, bien que je ne connaissais presque rien du journalisme, j’ai été sollicité pour écrire dans la Telegram Gazette. L’offre m’a enchanté, car elle était rémunérée », explique-t-il. À cette époque, James Cornell n’a que 21 ans. Et son initiation se fait dans le journal. Mais, avec le temps, le jeune garçon prend goût au journalisme. Il s’inscrit à l’Université de Boston où il obtient une maîtrise en journalisme. Il a alors carte blanche pour exercer le métier.

Mais, habité par un esprit de découvertes, il choisit d’exercer dans la publicité. Sans s’éloigner véritablement du métier de journaliste. Grâce à un emploi obtenu dans un musée, en 1963, il embrasse le journalisme scientifique. « Nous étions en pleine période de conquête de l’espace. Et je m’occupais forcément de l’astrophysique, un sujet qui m’était étranger et donc, forcément compliqué. Je me suis acheté un livre pour enfants grâce auquel j’ai eu des notions sur la question », explique-t-il.

Toutefois, la réelle conversion de James Cornell pour la science s’effectue avec les multiples voyages effectués dans les stations d’observation de satellites du musée. « J’y ai travaillé pendant 35 ans et j’en ai profité pour réaliser des films à caractère scientifique et six livres sur l’astronomie », explique le journaliste. Notamment The first stargazers paru dans les années 1990 qui, comme ses autres parutions, simplifie la compréhension de l’univers scientifique, qui, du reste, n’a plus aucun secret pour lui.

Au cours de sa carrière, James Cornell a également collaboré à plusieurs revues scientifiques américaines telles que l’American Journal. Excellent pédagogue comme le soutiennent ses collaborateurs de l’ISWA dont il a assuré la présidence jusqu’en 2000, James Cornell a aussi dispensé des cours de journalisme scientifiques dans des universités et des associations de journalistes. Il s’est aussi fait remarquer par ses prises de position sur l’exercice du journalisme scientifique dans le monde et notamment aux États-Unis.

« À notre époque, il n’était pas aisé d’obtenir de l'information, tout le contraire d’aujourd’hui. Et lorsque tu l’avais, tu étais pris pour un héros. Aujourd’hui, le journaliste scientifique doit réduire l’information au maximum. D’autre part, le journaliste scientifique a toutes les difficultés du monde à se faire imposer dans les salles de rédaction ». Il décrit notamment le cas des États-Unis, où les crises relèguent les informations à caractère scientifique au second plan.