Les cracks de l’informatique sont dépassés : place aux biologistes synthétiques ou biobidouilleurs ! Pour des scientifiques en mal de sensations fortes, fabriquer de nouveaux êtres vivants est nettement plus excitant que d’écrire des programmes informatiques ou de construire des robots.

Cet engouement récent pour la fabrication de nouvelles créatures est confirmé par les investissements récents de Microsoft. En effet, le leader mondial de l’informatique a annoncé, le 13 mars dernier, des subventions de recherche de 570 000 $ à 6 groupes de recherche en biologie synthétique. Déjà, en 2004, la fondation de Bill et Melinda Gates avait octroyé une subvention de 42,6 M$ à un chercheur de l’Université de Californie pour modifier génétiquement la bactérie E. Coli afin de trouver une nouvelle méthode pour combattre la malaria.

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT), très actif dans ce domaine, a mis en place un registre des pièces biologiques standards. Ces pièces servent, à la manière de blocs Lego, à construire de nouveaux systèmes vivants. Il s’agit de séquences d’ADN aux propriétés connues et d’assemblages de « bioblocs » qui forment déjà des dispositifs génétiques. Pour ne citer qu’un exemple, dans le cadre de la compétition internationale de fabrication de machines génétiques iGEM, des étudiants ont assemblé des « bioblocs » connus pour leurs propriétés aromatiques, afin de fabriquer une bactérie E. Coli qui sent la banane ou le thé des bois!

Les biobidouilleurs veulent révolutionner le monde de la technologie de la même manière que l’informatique et la microélectronique l’ont fait ces dernières années. Mais rassurons-nous ! Pour l’instant, seuls des systèmes simples, comme les bactéries, sont développés ce qui laisse encore un peu de temps avant d’en arriver au cauchemardesque Frankenstein. D’ici là, espérons que l’éthique aura fait sa place dans les laboratoires de biologie synthétique !