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2007: l'année Vénus

Agence Science-Presse, le 31 décembre 2007, 9h00

(Agence Science-Presse) Pendant que tout le monde a les yeux rivés sur Mars, une sonde européenne poursuit depuis un an et demi ses observations de notre autre voisine, Vénus. Et pas moins de neuf articles en ont été tirés dans une édition récente de la revue Nature, qui révèlent un passé plus humide qu’on ne le croyait.

2007: l'année Vénus
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2007: l'année Vénus

Vénus Express : lancée en novembre 2005
Arrivée en avril 2006

Le site de l'Agence spatiale européenne

Derrière ces nuages d’acides sulfuriques qui nous voilent la surface, les radars de la sonde Venus Express ont détecté une proportion inattendue de deutérium, ce qui est révélateur de la présence d’une grande quantité de vapeur d’eau. Suffisamment, avance une équipe du CNRS français, pour que cette eau ait jadis été un océan... de 3 centimètres de profondeur.

C’est peu à notre échelle, mais c’est déjà passablement plus hospitalier que les portraits infernaux qui sont régulièrement tracés de cette planète. Une planète qui est, par sa masse et sa distance du Soleil, notre plus proche cousine. En fait, la Terre et Vénus ont sans doute débuté leur histoire, il y a 5 milliards d’années, en étant beaucoup plus semblables qu’aujourd’hui. Qu’est-ce qui a mal tourné là-bas?

On n’en sait guère plus, mais une des clefs se trouve manifestement chez le CO2. Il est présent dans la même quantité sur les deux planètes... à ceci près que, chez nous, il est présent dans le sol et dans les océans, alors que sur Vénus, il est essentiellement présent dans l’air : il y compose 96,5% de l’atmosphère. D’où la chaleur (plus de 400 degrés Celsius, encore qu’il y ait d’énormes différences entre le jour et la nuit, en altitude, selon une autre des études). D’où la pression au sol (92 fois celle de la Terre). Si vous vous demandez encore ce que signifie l’expression « effet de serre », allez faire un tour sur Vénus.

Si Vénus a tant à nous apprendre, pourquoi a-t-elle été si peu visitée depuis trois décennies? « Vénus a été la planète oubliée », concède en effet Hakan Svedhem, de l’Agence spatiale européenne et scientifique en chef du programme Venus Express. « Mars a complètement pris le dessus. »

La raison est bien simple : l’exploration humaine a toujours été un objectif à long terme pour la NASA. Une exploration humaine de Vénus, bientôt ou dans très longtemps, est hautement improbable compte tenu des conditions qui règnent là-bas. Au contraire d’une exploration humaine de Mars. Sans compter la possibilité de trouver un jour de la vie sur Mars...

Comme l’écrit le journaliste Eric Hand dans un article accompagnant les huit articles publiés dans Nature, « la vie extra-terrestre et l’exploration humaine excitent le public. Et si c’est ce qui doit mener la politique scientifique, qu’il en soit ainsi », se réjouit le scientifique en chef... du programme d’exploration martien. « Nous faisons de la science avec de l’argent du public, et beaucoup d’argent. Nous devons garder à l’esprit que ce ne sont pas seulement nos intérêts académiques. »

Pas de chance pour Vénus, toute cousine qu’elle puisse être...