Plusieurs découvertes en génomique affecteront bientôt nos vies. Par exemple, les traitements contre le cancer seront choisis en fonction du type de tumeur, mais aussi du profil génétique des personnes atteintes. Ces nouvelles façons de comprendre la maladie sont en grande partie dues à notre capacité à séquencer rapidement l’ADN. Mais lors du plus récent congrès de Génome Canada, ce sont plutôt les bactéries et leur petit génome qui ont volé la vedette.

Écosystèmes dentaires

David Relman, chercheur en médecine, microbiologie et immunologie à l’Université Stanford en Californie, a étudié grâce aux nouvelles méthodes qu’offre la génomique, les bactéries présentes sur les dents. Alors que l’on pouvait identifier de 50 à 100 espèces de bactéries avec les méthodes classiques d’identification des bactéries (croissance sur gélose), Relman et son équipe ont pu en dénombrer près de 500 espèces différentes par dent. Plus étonnant encore, les espèces n’étaient pas nécessairement les mêmes d’une dent à l’autre ou d’une face à l’autre.

Un don pour la vie

Chez un être humain, il y a dix fois plus de bactéries que de cellules humaines. D’où proviennent tous ces microbes si l’on considère que le fœtus est presque stérile dans le ventre de sa mère? Une importante équipe de l’Université de Stanford a réalisé des prélèvements sur des bébés naissants. Conclusion : la colonisation de l’intestin se fait dès l’accouchement, par des bactéries présentes, entre autres, dans le vagin, le système digestif et le lait maternel. Le père, ou tout objet présent dans l’environnement de l’enfant, peut aussi participer à cette colonisation bactérienne par simple contact. Cette colonisation unique chez chaque bébé se transformera progressivement jusqu’à l’âge adulte pour devenir uniforme chez tous les individus.

Diagnostic rapide

On estime que 75% des traitements antibiotiques ne servent à rien, et pour cause, les médecins prescrivent des traitements inefficaces parce qu’ils ne connaissent pas la source de l’infection, virale ou microbienne. L’équipe de Michel Bergeron, du Centre de recherche en infectiologie de Québec, a créé, grâce à la technologie développée pour la génomique, trois tests diagnostics très rapides: les résultats sont disponibles en moins d’une heure alors qu’il en fallait 48 heures précédemment. Deux autres tests sont en cours d’homologation.