Les congrès : ils sont une tradition dans les milieux professionnels et académiques, mais peuvent produire rapidement des quantités importantes de déchets et de gaz à effet de serre. D’où cette idée de congrès verts qu’on voit de plus en plus apparaître. Mais suivre la tendance ne s’avère pas si facile…

L’ACFAS s’est lancée dans l’expérience en 2005 et 2006 avec le programme 00. Deux zéros pour deux ciblent : 0 déchet enfouissable et 0 gaz à effet de serre. Les déchets étaient limités au maximum et des dizaines de bénévoles triaient et pesaient le contenu des poubelles. La production de gaz à effet de serre estimée pour chaque participant était compensée par la plantation d’arbres.

Le procédé, plutôt lourd et parfois subjectif, a été délaissé pour 2008. Mais Sophie Duchesne, responsable de l’organisation, assure que le congrès veut rester un exemple sur le plan environnemental. Dans les corridors du Centre des congrès de Québec, des bacs bien identifiés permettent de trier les déchets recyclables. Tasses, assiettes et ustensiles sont réutilisables. Les sacs promotionnels remis aux participants contiennent des documents de papier recyclé et leur modèle a été choisi pour encourager la réutilisation. Un service de navettes permet aux congressistes d’éviter d’utiliser leurs voitures.

Malgré tout, les chercheurs de la Chaire en éco-conseil de l’UQAC pensent qu’il est possible de réaliser des congrès sans déchets ni gaz à effet de serre. Son titulaire, Claude Villeneuve, présentait le 6 mai au congrès de l’ACFAS, avec ses collègues, ses approches pour permettre des événements plus écologiques tout en respectant les principes du développement durable.

Le tout commence dès la planification, où les organisateurs établissent leurs besoins. Concept, clientèle, cible, plan financier, détermination des impacts : tout est passé au peigne fin. « Il faut que ce soit bien intégré à travers l’organisation; chaque détail compte » explique Martine Pageau, éco-conseillère. Selon elle, l’important reste la collaboration des participants. Le triage des déchets, le covoiturage, l’économie de papier reposent en définitive sur eux. Il suffit par exemple de seulement 100 km de covoiturage pour balancer les émissions de gaz à effet de serre de 50 ampoules allumées pendant 24 heures pour un congrès.

Même avec la bonne volonté des congressistes, l’effort reste de taille. L’exemple de l’ACFAS, qui garde sa saveur écologique sans viser le « 0 déchets et gaz à effets de serre », le démontre. Mais d’après les chercheurs de l’UQAC, un kilo de déchets sauvés est déjà un pas dans la bonne direction. La tendance de ces événements à la conscience écologique est donc lancée : « c’est un courant en explosion à l’heure actuelle au Québec », assure Claude Villeneuve.