Une bombe au Pôle Nord
(Agence Science-Presse) En quelques jours, des millions de tonnes de méthane se sont ajoutés au total de ce qui envahira notre ciel. Coup sur coup, deux navires explorant le Grand Nord, indépendants l’un de l’autre, ont renvoyé vers la civilisation un avant-goût de son inconscience.
À l’échelle de la planète, les concentrations de méthane ont augmenté de 7,5 parties par million en 2007, atteignant près de 1800 parties par million. Elles n’avaient pratiquement pas augmenté depuis 1999. (source : NOAA)
La page du groupe international (surtout suédois) à bord du navire russe
C’est d’abord d’un navire russe dont les journaux ont parlé cette semaine. Le quotidien britannique The Independant a frigorifié les environnementalistes mercredi, 24 septembre, en rapportant en exclusivité que des dépôts de méthane sous-marins, emprisonnés dans la glace depuis des milliers d’années, fuyaient vers la surface, à mesure que notre planète se réchauffe.
Le méthane est décrit par les scientifiques comme un gaz à effet de serre 20 fois plus actif que le gaz carbonique. En termes clairs, cela veut dire qu’il offre à ceux qui veulent détruire les écosystèmes un rapport qualité-prix très supérieur.
Les géologues évoquent depuis longtemps le risque que des « poches » de méthane emprisonnées sous le permafrost (le sol gelé en permanence) ne soient libérées à un rythme accéléré, au fur et à mesure que la Terre se réchauffera. Le scénario peut se résumer à ceci : expédiez des millions de tonnes de méthane dans l’atmosphère, et vous accroissez l’effet de serre, ce qui veut dire que vous accélérez le réchauffement du grand Nord... et que vous libérez d’autres millions de tonnes de méthane.
Il y en aurait des milliards d’enfouis ainsi sous l’océan Arctique.
Or, on avait à peine digéré la nouvelle en provenance du navire russe —le Jacob Smirnitskyi, occupé par des chercheurs suédois— qu’un navire britannique lui aussi dans l’Arctique envoyait jeudi, 25 septembre, la même mauvaise nouvelle : eux ont identifié 250 « cheminées » de méthane, c’est-à-dire 250 endroits où, d’une crevasse sous-marine, s’échappe ce méthane, jusqu’à la surface de l’eau. Et ce dans une zone d’à peine quelques dizaines de kilomètres carrés.
Bémol rassurant : le phénomène n’est sans doute pas aussi inédit qu’il en a l’air. Un nombre indéterminé de ces 250 « cheminées » existait probablement depuis longtemps. Des « fuites » de méthane se produisent sûrement dans la région depuis la dernière ère glaciaire, soit depuis 15 000 ans. « Ce que nous voyons maintenant n’a certainement pas commencé l’année dernière », temporise le géophysicien Graham Westbrook, de l’Université de Birmingham, qui dirige l’équipe britannique.
« Nous avons observé des concentrations accrues de méthane dans la mer de Laptev au cours de plusieurs expéditions, depuis le milieu des années 1990 », a toutefois ajouté Igor Semiletov, responsable du programme de méthane sur le navire russe, dans le cadre du programme d’étude du plateau continental sibérien.
Le navire russe a fait ses observations, qui sont pour l'instant qualifiées de préliminaires, au large des côtes nord de la Russie, près du fleuve Léna. Le navire britannique, le James Clark Ross, a fait ses observations, elles aussi qualifiées de préliminaires, près des îles Svalbard, au Nord-Ouest de la Norvège.
Mais c’est l’ampleur du phénomène qui inquiète : découvrir des « fuites » de méthane est une chose, en découvrir autant au même endroit en est une autre, qui conduit à spéculer sur ce qui est en train de se passer dans les milliers de kilomètres carrés de l’océan Arctique que personne n’observe en ce moment. Si la chose est vraiment en train de se multiplier, le climat serait voué à se réchauffer encore plus, et les perturbations que les plus pessimistes nous prédisent pour la fin du XXIe siècle deviendraient rapidement irréversibles : les courants marins et atmosphériques seraient lancés dans une phase d’emballement dont il leur faudrait, au mieux, des siècles pour se remettre.
Ce méthane est un héritage de la dernière époque glaciaire, alors que le niveau des eaux était de 100 mètres plus bas. C’est la raison pour laquelle ceux qui temporisent rappellent qu’une partie au moins de ce méthane doit « fuir » en permanence depuis 15 000 ans. Sans compter la partie du méthane que l’on doit au travail normal des bactéries. Des échantillons envoyés par les deux navires dans des laboratoires des Pays-Bas et du Royaume-Uni devraient permettre d’en savoir plus.
Quelle partie de ces fuites est « chronique »? Quelle partie atteint la surface puis fuit dans l’atmosphère? Combien de dixièmes de degrés Celsius supplémentaires suffiront pour en faire fuir quelques millions de tonnes de plus? À ce jour, personne ne peut répondre à ces questions.
9 commentaires
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par sid2512
il y a 3 années
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tout le monde crie a la catastrophe depuis longtemps mais personne ne veut agir ,je panse que tout le monde est dépassé |
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par Visiteur
il y a 3 années
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D'accord avec toi ca aiderait a l'économie! Au lieu de s'inquieter d'importer puis exporter on produit pour nous et that's it. Sauf le pétrole etc. Par contre le transport le moins poluant c'est le bateau... |
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par Pierre
il y a 3 années
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C'est très alarmant tout cela, je n'en revient pas d'avoir un président américain aussi incompétent(même complice dans le 9/11), c'est ce genre d'individu qui va mettre fin à la race humaine, comme revirement rapide il faudrait que toute économie ne se fasse que localement, fini les transports à l'autre bout du monde. |
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par Visiteur
il y a 3 années
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Ce que je trouve le plus inquiétant c'est la perturbation dans les courants océaniques dont le Golf Stream qui sont à la base de la régulation des conditions climatologiques sur l'ensemble du globe. Il serait par contre intéressant de vérifier si une telle situation s'est déjà produite par le passé ou la température était plus élevée et les courants océaniques perturbés. J'aimerais savoir à quoi ressemblait la distribution écologique sur Terre à cette époque. Cependant, la rapidité du phénomène actuellement risque de causer une grande période d'instabilité, voir de crise, avant un retour hypothétique à un nouvel équilibre... |
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par Visiteur amourabi
il y a 3 années
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j'ai déjà signalé il y a 2 mois sur d'autre sites la nature du processus qui est en cours. J'ai dit au début du mois d'août que le pole nord allait fondre cette année plus que l'année dernière, alors qu'à ce moment là il en était loin et ce n'est peut-être pas fini, et qu'à partir de l'année prochaine l'ensemble des mécanismes de régulation climatiques de la planète allaient arriver à saturation. Ce qui fait qu'à partir de 2010 le réchauffement allait devenir exponentiel et cataclysmique à partir de 2012 avec la fonte simultanée du groenland et de l'antarctique. Naturellement je ne suis pas compétent et qualifié pour faire de telles prévisions, mais à la différence des gens compétents et qualifiés, je sais me servir de mon cerveau et relier entre elles les données disponibles, ce qu'ils ne savent pas faire. Et à mon avis il n'y a pas le moindre doute sur l'évolution probable de cette situation. Le réchauffement de l'océan accentué par la disparition des glaces qui diminue l'albédo et dont s'augmente lui-même va augmenter la température de l'océan qui contient à environ 600 m de profondeur d'énormes quantité d'hydrates de méthane qui libérés dans l'atmosphère arctique va entraîner le réchauffement du pergélisol qui en contient aussi d'énormes quantités et cette machine thermique va déclencher l'accélération du réchauffement en augmentant la circulation atmosphérique d'air chaud sur tout l'hémisphère nord.? |



Pour avoir une idée précise des changements qui nous attendent en fonction du réchauffement climatique, rien ne vaut le livre "Six degrés" de Mark Lynas. Lui a fait le travail de mettre patiemment ensemble toutes les données disponibles dans les diverses études scientifiques.